CHAPITRE PREMIER
Rayons cathodiques.
1. Ou a vu (|iic les rayons X prennent naissance quand les rayons cathodiques produits dans un tube de Crookes rencontrent un obstacle à leur libre transmission. Entrons dans quelques détails à ce sujet.
Etant donné un tube de verre où se trouvent deux électrodes, si I on fait dans ce tube un vide presque complet, et si l’on y fait passer l’étincelle électrique d’une bobine, <5n obtient des phénomènes particuliers de luminescence, la lueur produite émanant de la cathode et se propageant en ligne droite.
Ces rayons sont produits par le passage de l’étincelle électrique dans un milieu presque complètement privé de gaz; l’électrode, négative apparaît entourée d’un espace presque obscur ; dans cet espace existent des rayons ayant la propriété d’impressionner une substance photographique, de rendre lumineux certains corps phosphorescents, de produire divers ellets calorifiques el mécaniques : ce sont les rayons cathodiques.
2. Dans l’exposé général du sujet qui se trouve au début de notre ouvrage, nous avons mentionné les
travaux de AY . Crookes et de Lenard el nous avons exposé la théorie de la matière radiante et du bombardement due au premier de ees deux physiciens. Cette hypothèse, qui a provoqué des travaux si nombreux et si. intéressants, se trouve atteinte par les expériences de M . Lenard. Ce dernier savant a montré, en elTet, que les rayons cathodiques peuvent sortir du tube de Crookes et se propagent dans l’air à la pression ordinaire el dans le vide. L’état radiant de la matière n’est donc aucunement nécessaire pour expliquer leur transmission; la présence même de la matière n’entre aucunement en jeu dans ce phénomène qui ne peut en conséquence être attribué qu’à l’éther des physiciens.
M. Lenard put suivre la marche des rayons cathodiques au moyen de petits écrans fluorescents et il détermina leurs propriétés que nous avons décrites pour la plupart et sur lesquelles nous ne reviendrons pas.
INI . de Metz a constaté (i) cpie les rayons cathodiques et les rayons de Rœntgen présentaient de grandes analogies relativement à quelques-unes de leurs propriétés ; mais ils dilTèrent, comme on l’a vu, par d’autres propriétés fondamentales, ce qui suffit largement à les différencier.
(i) Comptes rendus de TAcademië des Science *, 10 aoùl i8y(i.