SUR LA « REVUE GÉNÉRALE DES SCIENCES
Les articles de la Revue, — précisément parce qu’ils apportent des arguments et des faits d’ordre scientifique à la discussion des questions d’intérêt général, — sont souvent cités au cours des débats parlementaires ; les feuilles politiques leur font de fréquents emprunts et ont ainsi l’occasion de leur rendre hommage.
Nous ne rapporterons pas ici les appréciations élogieuses que les grands journaux de Paris ( le Temps, les Débats, le Gaulois, le Figaro, le Monde, etc...), des Départements (plus de 3oo), et de l’Etranger [Times, plus de 200 périodiques, etc...), — ont, en bien des circonstances, émises sur la Revue. Contentons-nous de reproduire l’article suivant, dans lequel le Journal des Débats juge ainsi l’œuvre de la Revue générale des Sciences :
« La science a cessé d'être le domaine de quelques-uns. Elle pénètre notre existence, et nul homme du monde ne peut s'affranchir de la nécessité de se tenir au courant de ses découvertes et de ses progrès.
« Aussi a-t-on vu se multiplier, en ces dernières années, les journaux dits « scientifiques ». Le nombre de ces feuilles démontre qu’un nouveau besoin est né dans l’esprit public, qu'une curiosité s’est ouverte à ce qui, naguère encore, paraissait un mystère interdit à la foule.
« Il s’en faut, cependant, que toutes ces publications méritent créance. La plupart n’ont de scientifique que le nom. Comme si elles avaient peur d’effrayer leurs lecteurs en les initiant vraiment à la science, elles croient faire assez en leur donnant chaque
semaine, à côté de vagues dissertations sans conclusion, quelques recettes d’hygiène, de photographie, d’électricite usuelle, ou erico re des statistiques incohérentes ayant une fois pour objet le nombre de kilomètres parcourus en un jour partons les veloci pédistes du monde entier, une autre fois la quantité de becs c e gaz par groupe de dix mille habitants dans les principales villes
de l'Europe.
« Une seule revue a, depuis six ans, trouve le moyen de rester constamment scientifique, dans le sens le plus élevé du terme, tout en se maintenant pratique et accessible à tous les esprits cultivés : c’est la Revue générale des Sciences pures et appliquées,
couramment appelée la « Revue Verte ».
« Le domaine de cette Revue est des plus vastes : c’est, en réalité, celui de la science tout entière, méthodiquement étudiée et considérée depuis ses principes jusqu au détail de ses applications.
« Un tel programme n’est réalisable qu'avec une direction sans cesse en éveil et bien consciente de son rôle. Il ne faut pas croire, en effet, que, pour faire une Revue, il suffise d’imprimer bout à bout des articles, mêmes savants, recueillis au hasard des rencontres. Il faut choisir, dans chaque département de la Science, les sujets à traiter et, pour chacun d’eux, l’écrivain le plus autorisé. Il faut, en outre, combiner ces articles de telle sorte que, dans chaque Science, leur ensemble donne au lecteur le tableau complet des progrès récents, l’exacte mise au point des questions à l’ordre du jour.
« Or, dans la Revue générale des Sciences, — et c est là un trait qui la distingue entre toutes, — ce souci de la méthode et de l’équilibre se sent à chaque page. L’étendue de chaque article est proportionnée à l’importance et à l’actualité du sujet ; et, quelle que soit la question traitée, elle est toujours exposée par un spé cialiste hautement compétent.
« Aussi ce recueil est-il devenu, non seulement en France, mais dans le monde, le trait d’union des savants et du public. Chaque fois qu’ils ont une découverte à exposer, une communication d’intérêt général à présenter, c’est à la Revue Verte que recourent les maîtres de la science : les Bouchard, Lippmann, Milne-Edwards, Grandidier, Cornu, Marey, Poincaré, Bertrand, Berthelot, Dehérain, Janssen, Crookes, Rarnsay, Ostwald, Rœntgen, etc., etc.
« A côté des articles de ces savants, — qui tiennent ses lecteurs
au couvant do tous les faits d'ordre scientifique qu’un homme instruit, doit connaître, — la Revue fait large part aux préoccupations pratiques de la société moderne. C’est ainsi qu’elle accorde un développement particulier aux questions agronomiques, industrielles et coloniales.
« Il serait superflu de rappeler, à ce propos, l’importance de l'enquête qu’elle a instituée pour faire connaître l’état actuel et les besoins de nos grandes industries urbaines et rurales. Ses monographies agricoles et industrielles ne sont pas seulement précieuses aux praticiens : elles attirent actuellement l’attention de tous ceux qui se préoccupent des destinées de notre pays.
« C’est pour répondre à la même patriotique curiosité que la Revue a entrepris de faire paraître une série d’articles sur la o-éographie, les ressources minérales, forestières, culturales et commerciales de nos possessions d’outre-mer. On sait, notant ment, avec quelle faveur a été accueillie, dans le monde en tier la livraison de la Revue consacrée à « Ce qu’il faut connaître de Madagascar » .
« Celte riche variété d’études, savamment associées, de façon à tenir le public au courant de tout le mouvement scientifique contemporain, a concilié à la Revue générale des Sciences les sympathies du public instruit ; et c’est un signe heureux que, dans notre démocratie, un recueil de haute science obtienne le succès en intervenant aussi directement dans les affaires de notre pays. » (Extrait du Journal des Débats du 4 mars 1896.)