DU CHOIX DES PAPIERS POUR L'IMPRESSION
fons, d'une solidité exceptionnelle; ils sont toujours assez minces, mais très nerveux et très résistants.
Papiers pour l'écriture. — La plupart des papiers cités précédemment servent pour l'écriture, mais il est indispensable que ces papiers soient collés et n'absorbent pas l'encre. Les papiers vergés et vélins à la forme et à la machine, les papiers de pâte mélangés, ainsi que les papiers à la pâte de soude et au bisulfite servent à cet usage. Cependant la majeure partie des papiers à écrire n'est pas vergée, et l'on écrit mieux, en général, sur un papier uni ; les papiers à lettres et certains papiers de luxe sont vergés, soit naturellement, soit artificiellement. La dernière catégorie des papiers à écrire comprend les cahiers d'écoliers faits avec de la pâte de bois pure ou à peu près. En général, dans les papiers à écrire, il y a moins de charge que dans les papiers pour les împressîçns et les emballages *.
Certains éditeurs ont des tendances à employer des papiers ordinaires, sans consistance, minces et souvent translucides, toujours non collés. Ces sortes de papier doivent être absolument rejetées. Pour qu'un papier soit jugé bon pour les livres scolaires, les atlas et pour tous les imprimés quel-
* Le papier pioderne^ ses variétés et ses différents emplois. (Revue scientifique, 22 sept. 1906.)
conques qui sont donnés aux élèves, il devrait présenter les conditions suivantes :
1° Le papier devrait avoir une teinte d'un blanc mat, exempt de nuance colorée ; tout au plus permettrait-on une fugitive nuance tirant très légèrement sur le bleu clair, mais jamais sur le jaune ou le gris^
2^ Le papier doit être laminé, ou plutôt passé au calandrâge, mais sans laisser de traces brillantes, ni aucune apparence de poli comme dans le papier couché.
3^ Il doit être flexible : pour cela son épair doit être moyen, sans force extrême qui le raidirait et sans minceur exagérée qui le rendrait trop froissable.
4° On évitera de prendre un papier renfermant un excès de charge ; moins il y en aurait, mieux
* Si la nuance jaune peut convenir à certaines personnes affectées d'une vue faible ou fatiguée, la nuance franchement blanche est la plus apte pour les yeux bien constitués. On peut tolérer dans la pâte à papier, une trace d'indigo, mais à peine marqaée et bien inférieure encore à la nuance la plus claire du papier du XVIII® siècle ; cette teinte bleue laiteuse est peu sensible et repose la vue au lieu de la fatiguer. C'est une expérience personnelle que nous citons ; pendant plusieurs années nous avons écrit sur du papier bleu pâle sans jamais être incommodé, soit à la lumière solaire, soit à la lumière artificielle.
Il se produit quelquefois un curieux phénomène qui se rattache plutôt à la psychologie à propos de la teinte du papier, mais qui n'a rien à voir avec l'hygiène delà vue. Certains écrivains et non des moins célèbres, utilisaient des papiers teintés lorsqu'ils composaient. Les idées qu'ils cherchaient ne leur venaient qu'en employant du. papier d'une certaine couleur, alors qu'avec du papier blanc ils étaient incapables d'écrire, sans idées, sans imagination.