TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE AVEC FIL DE LIGNE
Le circuit d'un télégraphe électrique ordinaire pourrait
être constitué, comme celui d'une sonnerie électrique d'appartement par une pile, un double fil de l‘gne, un électroaimant et un bouton d'appel. Le bouton serait au poste d'émission, l’électroaimant se trouverait au poste de réception. La pile doit comprendre, dans un télégraphe à stations éloignées, un nombre notable d'éléments, car l'accroissement de la distance rend considérable la résistance du fil de ligne : il convient alors d'accroître la force électromotrice pour que l’aimantation de l’électroaimant reste suffisante.
Une simplification importante a pu être introduite en télégraphie. Entre le bouton d'appel et l’électroaimant, il suffit d'un fil unique. À chacun des deux postes, une large plaque métallique est plongée dans le sol. En jouant le rôle de conducteur entre les plaques de deux stations, la terre remplace le second fil (fig. 29).
Au bouton de fermeture de la sonnerie on a substitué un levier M. nommé manipulateur, que l'on abaisse à la
fl de ligne Fri de ligne PEL A A
ee om me me mme mm mm mm mm
Fic. 29.
main pour mettre en communication deux pièces d'un contact qui ferment momentanément le circuit de la ligne. Il se relève automatiquement par l'eflort d'un ressort antagoniste.
L'électroaimant à palette qui sert de récepteur de la télégraphie avec fil de ligne, ne ferme plus et n'ouvre plus automatiquement, comme par une sonnerie, le circuit de la ligne. Le courant ne passe plus par la palette : entrant : par une des extrémités du fil de l'électroaimant et sortant par l’autre extrémité, il n'est ouvert et fermé que par le manipulateur.
Habituellement, le jeu du manipulateur commande une inscription de la dépêche. À cet effet, la palette de l'électroaimant porte un crayon dont la pointe p, soulevée quand le. courant passe dans le fil de l’électroaimant, appuie contre un ruban de papier qui, se déroule par un mouvement d'horlogerie. Pour une fermeture brève du manipulateur le crayon fait un très court tracé, appelé point ; un tracé plus long, produit par une fermeture de plus longue | durée, est appelé un trait.
L'emploi d'un alphabet spécial, appelé alphabet Morse, presque universellement adopté, où chaque lettre est conventionnellement représentée par une combinaison de points et de traits (fig. 30), permet l'expédition textuelle de toutes les dépêches.
Un trait a sensiblement la longueur de trois points. Deux signaux consécutifs d'une lettre sont distants d’un intervalle égal à un point, deux lettres d’un mot sont séparées par un intervalle égal à un trait ; l'intervalle est plus long entre deux mots.
Afin de restreindre les frais d'installation, le fil de ligne n a qu une faible section ; il en résulte que, pour de grandes distances, la résistance du circuit augmente considérablement ; alors l'attraction de la palette par l'électroaimant devient insuffisante pour appuyer la pointe du crayon contre le ruban de papier. Dans ce cas, au poste de réception, à l’électroaimant inscripteur ordinaire, dans le circuit du fil de ligne, on substitue un appareil électromagnétique, appelé relais, dont l'équipage mobile obéit à un faible courant beaucoup plus aisément que la palette de l’électroaimant. À la fermeture du circuit de la ligne par le manipulateur, le relais ne reçoit qu un courant très réduit : il agit en fermant un circuit auxiliaire, disposé au poste de réception et distinct du circuit de la ligne. La fermeture de ce circuit fait intervenir une nouvelle source d'électricité.
Dans ce circuit local du poste de réception, où les fils conducteurs sont courts, se trouve l’électroaimant inscripteur, animé par une pile qui donne un courant beaucoup plus fort que le courant de la ligne !.
: Tant que dure la fermeture de la ligne principale par
1. L'emploi d'un relais conduit à une amplification de l'effet commandé, grâce à la « . L LE72 . L ” mise en action d'une source locale d'électricité,