MESURES D£ CONTROLE
La télégraphie sans fil n'est-elle pas, susceptible de. devenir dangereuse ? Si l'on a pu, en certains moments
d'inquiétude, considérer la surveillance des lettres et des télégrammes comme indispensable au point de vue de la sécurité nationale et sociale, la télégraphie sans fil est, plus que tout autre mode de correspondance, capable de se dérober à un contrôle. Chacun sait que la réglementation de la réception est illusoire. Si l’on y regarde de près, on se rend aussi aisément compte de la difficulté du repérage d'un poste expéditeur, s'il a un usage intermittent, s'il se déplace, s'il emploie une longueur d'onde variable. Son usage élandestin, par-dessus les frontières, au profit de ceux qui préparent la guerre en temps de paix ou qui soutiennent l'ennemi en temps de guerre, peut être redouté. Une organisation de police de l'éther est envisagée.
D'ailleurs. la télégraphie et la téléphonie sans fil ne sont pas les seules applications possibles de la conductibilité intermittente des contacts impartaits. Elles ne sont qu'un cas particulier d'une radiotélémécanique féconde en ressources. Îl paraît suffisamment. démontré qu'en se mettant à l'abri des perturbations. par des combinaisons appropriées, on est maître de taire fonctionner. sans que l'intervention d'opérateurs agissant localement au lieu d'exécution, soit nécessaire, des appareils de tout genre, agencés à l'avance et mumis de leur source d'énergie. Les essais se sont jusqu ici orientés vers des applications de guerre et on a proposé de diriger les évolutions de navires et d'aérostats non montés, plus ou moins chargés d'expiosifs, dont la chute serait commandée, à un instant propice, au delà des frontières.
Des avions sans pilote ont été manœuvrés à grande disfance, pendant plusieurs heures , le chemin qu'on leur a fait parcourir en maintenant l'équilibre et en assurant la direction a atteint plusieurs centaines de kilomètres.
Les applications de la télégraphie sans fil que l’avenir nous réserverait seraient donc spécialement dangereuses et il n'est pas superflu de les prévoir. Ce n'est là, à vrai dire, qu'une généralisation toute naturelle. Si la Science a réussi à augmenter, dans une très large mesure. le bien-être de l'humanité, elle est en même temps l'agent de destruction le plus puissant et le plus perfide.
Dans les cas particuliers visés ci-dessus, à défaut de moyens spéciaux de préservation contre des bombardements, on pourrait, à la rigueur, recourir à de puissants producteurs d'ondes entretenues qui rendraient 1llusoires, pendant le temps nécessaire, des commandes radioélectriques de tout genre, en les noyant dans d'’incessants parasites.
[lest permis, d'ailleurs, d'espérer que la Science fournira elle-même des moyens efficaces pour se mettre en garde contre les dangers des nouvelles découvertes,