‹ La télégraphie sans filChapitre 101 sur 221 · LAS · texte numérisé non relu

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palan. Cette dernière manœuvre ne demande que quelques minutes. Les 1% tronçons du mât de 20 mètres et de la flèche qui ne pèsent que 90 kilogrammes (accessoires compris) sont de deux types seulement et la perte d’un troncon n'empêche en rien l'érection du mât. Quatre mulets suffisent pour porter toute la station y compris les accessoires et l’approvisionnement.

217. Postes légers à notes musicales système H. Magunna. — Le système est basé sur l'emploi de diapasons entretenus en vibrations continues comme vibreurs de bobine d’induction. Ces électro-diapasons jouent le rôle de convertisseur de courant continu en courant ondulatoire isochrone. M. Magunna a perfectionné ces appareils en séparant l'entretien de la transformation, et a obtenu de cette facon des vibreurs coupant un courant de 5 ampères sous 220 volts à une fréquence rigoureusement constante de l’ordre de 750 {vibrations doubles).

Le principe du convertisseur Magunna est le suivant :

On entretient en vibrations continues un diapason en mettant en contact l’arête vive extérieure de l’une de ses branches avec une courroie se déplaçant d’une facon continue et régulière devant l’arête. Deux poulies à gorges à axes verticaux sont fixées au fond de la boîte de transmission, une courroie sans fin est fixée dans les gorges de ces poulies, le tout est entraîné par un petit moteur électrique de 1/40 HP placé aux bornes de la génératrice du poste. Un diapason fixé rigidement sur un support est en contact avec la courroie par son arête a; la tension de la courroie peut être réglée en déplaçant la poulie entraînée. Dès que la courroie archet est en mouvement le diapason entre en vibrations.

Les diapasons sont à lames de contact atones et définissant géométriquement le contact de la lame et de la borne.

Le diapason, le primaire du transformateur et le manipulateur Morse, sont montés en série aux bornes de la génératrice. Un condensateur est monté en dérivation aux bornes de la coupure du vibreur et supprime l’étincelle de rupture,

La fréquence du courant ainsi obtenu est égale à celle du diapason et, par suite, rigoureusement constante et indépendante de la vitesse.

Le type normal comprend deux fréquences savoir : 640 et 768 vibrations doubles, par seconde. L’on peut à volonté, transmettre sur l’une ou l’autre de ces deux notes par la manœuvre d’un commutateur unipolaire.

Ces postes d’une très grande légèreté ont été appliqués aux bateaux de pêche, aéroplanes et dirigeables, postes d’armées transportables à dos de mulets, postes de secours pour les navires de guerre et de commerce.

Les postes d'armée sont montés à # cantines; la première contient le groupe électrogène (poids 50 kgs) et comprend un moteur à essence d’une puissance de 1 cheval 1/4 environ, à allumage par magnéto, muni d’un régulateur ; ce moteur entraine par courroie une génératrice à suspension axiale.

La génératrice fournit du courant continu à 220 volts; ce courant est.

transformé en courant ondulatoire isochrone par le convertisseur Magunna. Le courant normal à travers le vibreur est de 5 ampères, ce qui correspond à une puissance d'environ 300 watts au primaire de la bobine d'induction. On peut réaliser avec ces postes une portée normale de 80 kilomètres de jour.

La 2° cantine, contient une caisse à eau pour le refroidissement du moteur, l’outillage et les pièces de rechange.

La 3°, la boîte de transmission à une ou deux notes et les accessoires d'antenne.

À Lt } F2

La 4° contient la boîte de réception, l'essence et l'huile. Enfin, le mât en tube d’acier est porté par un 3° mulet.

La réception se fait au téléphone : on a une « note musicale » de fréquence rigoureusement constante, et par suite d’une très grande pureté, ce qui permet une plus grande sécurité contre les parasites ou les autres transmissions.

Dans les postes d'aéroplanes à une seule note, la génératrice est entraînée

par le moteur de l’appareil ; le poids du poste complet avec rouet d'antenne est de 32 500 kilos.

Stations de grande Puissance.

218. En pratique, la question se posait de la façon suivante : il s'agissait de rayonner de grandes quantités d'énergie et d'utiliser au mieux l'énergie rayonnée. >

219. Emploi des grandes longueurs d’ondes. — Le premier problème se trouva résolu par l'emploi des grandes longueurs d'ondes et l'augmentation de la fréquence des trains d’oscillations dans l'antenne. D'une part, en effet, de plus grandes longueurs d'ondes correspondent à la possibilité de mettre en jeu de plus grandes quantités d'énergie, car la longueur d'onde croit en même temps que la capacité de l'antenne, et l'énergie mise en jeu dans l'antenne, sous une différence de potentiel donnée, est proportionnelle à la capacité. Cette considération, ajoutée à d’autres que j'exposerai plus loin explique l’accroissement régulier des longueurs d'ondes, depuis les quelques centaines de mètres utilisées au début de l’histoire de la télégraphie sans fil, en passant par les 2000 mètres environ des stations de Poldhu, de Norddeich et de la Tour Eiffel, jusqu'aux 6 kilomètres de Glace-Bay, de Clifden et de Nauen. Et cette tendance remarquablement continue à l'augmentation des longueurs d'onde, qui a été la loi du passé, semble devoir être aussi celle de l'avenir : les stations prévues pour le réseau impérial britannique auront des longueurs d'onde qui atteindront pour certaines 17 kilomètres; M. Duddell, dans un discours présidentiel à l’ « Institut of Electrical Engineers », proposait tout récemment d'utiliser des ondes de 30 000 mètres de longueur, correspondant à la fréquence 10 000, et M. Bouthillon à émis l’idée d'employer pour la télégraphie sans fil des périodes de l’ordre de 1 millième de seconde, correspondant à des longueurs d'onde de 300 kilomètres.

220. Importance du rendement des machines et appareils. — D'autre part, dans les stations destinées à assurer un service

de très longue portée, un service transocéanique, et qui mettent en jeu des puissances considérables pouvant atteindre plusieurs centaines de kilowatts, la question de la production économique de l'énergie à haute fréquence prend une importance considérable. Il importe peu dans un petit poste de dépenser 100 watts au lieu de 200, et l'on peut y admettre les systèmes actuels où les pertes dans les étincelles et les condensateurs sont relativement considérables. Il n’en est pas de même dans les grandes stations, où 1l est très intéressant de ne dépenser que 100 kilowatts au lieu de 200; le problème de la production économique de l'énergie à haute fréquence y devient très important. Comme il s’agit d’ailleurs de longueurs d'ondes de l’ordre de 10000 mètres, correspondant à des fréquences de l’ordre de 30 000 périodes, la réalisation d’alternateurs à haute fréquence ne semble pas impossible, et la solution parait très prochaine. Des essais ont déja été faits avec plusieurs machines de cette sorte, et les résultats actuels font bien augurer de l'avenir.

221. Systèmes à étincelles musicales. — Le besoin de mettre en jeu des quantités d'énergie toujours plus grandes devait conduire à abandonner les anciens systèmes de télégraphie sans fil à étincelles rares, dans lesquels les périodes de non utilisation de l'antenne sont extrèmement longues par rapport aux périodes de travail, et à leur substituer des procédés qui permettent une utilisation plus intense, moins intermittente, du matériel. De là, l'augmentation de la fréquence d’étincelles, dans les systèmes où l'énergie mise en jeu est proportionnelle au nombre des étincelles, et l'emploi des émissions musicales où le nombre d'étincelles par seconde est de l'ordre de 1000 au lieu de 100 qu'il était au temps des étincelles rares. Ordinaïrement, ce résultat est obtenu avec un alternateur à fréquence élevée. Dans les stations transatlantiques Marconi, un éclateur tournant coupe ou rétablit alternativement un circuit à condensateur chargé par un courant continu à haute tension. L'emploi des oscillations entretenues, par la méthode de l'arc ou celle de l'alternateur à haute fréquence est le dernier terme de la tendance à l'utilisation plus intense et plus continue des antennes.

222. Manipulation et réception à grande vitesse. — Enfin, on obtiendra une utilisation de plus en plus intense de l'antenne et du matériel à mesure qu'on atteindra des vitesses de manipulation et de réception de plus en plus grandes. La réception au son et la manipulation manuelle avec le code Morse ne permettent pas de dépasser d’une façon courante la vitesse de 20 à 25 mots

à la minute. Mais la manipulation automatique donne la possibilité de dépasser 200 mots à la minute. Le problème le plus délicat est celui de la réception.

La découverte des amplificateurs à lampes a constitué récemment un très important progrès, en permettant d'obtenir dans des courants d’une intensité suffisante pour être facilement enregistrés, sur des rouleaux de phonographes.

Que faire pour utiliser au mieux les grandes quantités d'énergie ainsi mises en jeu, qui atteignent dans certains cas plusieurs centaines de kilomètres? Ici se posent divers problèmes que nous allons rapidement examiner.

2238. Forme de l’antenne. — Quelle est la forme à donner aux antennes, qui se prête à la transmission des plus grandes quantités d'énergie entre la station qui transmet et celle qui reçoit? Tant qu'il ne s’agit que d'ondes. courtes, on peut admettre que la terre est parfaitement conductrice et par conséquent qu'aucun courant électrique ne pénètre à l'intérieur du sol. Toute l'énergie est alors rayonnée sous forme d'ondes électro-magnétiques, dans le milieu diélectrique qui environne l'antenne, et les antennes les mieux appropriées aussi bien à la réception qu'à la transmission sont verticales, à un ou plusieurs fils.

Mais quand on s occupe de stations de longues distances, où l'on emploie des longueurs d'ondes de plusieurs kilomètres, l'application des mêmes principes conduirait à des hauteurs de l'ordre d’un kilomètre, et exigerait des pylônes beaucoup trop coûteux pour qu'on puisse seulement y songer. Les antennes les plus élevées sont actuellement supportées par des pylônes de 250 mètres de hauteur [stations de Nauen et Eilvese (Allemagne), et Tuckerton (Etats-Unis)] et de 300 mètres (Tour Eiffel). Nous sommes loin encore du kilomètre nécessaire. Peut-être S pourrait-on parfois utiliser comme support d'antennes des càbles tendus entre des pics, dans les régions montagneuses, et obtenir ainsi les hauteurs utiles.

Mais de grandes hauteurs d'antennes sont-elles, en fait, si nécessaires? Nous avons exposé plus haut quelles difficultés soulève l'hypothèse d’un sol parfaitement conducteur, et cité des faits expérimentaux qui viennent confirmer l'hypothèse que le sol doit être considéré comme doué d’une conductibilité et d’un pouvoir inducteur spécifique définis. La théorie que le P' Sommerfeld a basée sur cette hypothèse montre que, dans le cas de grandes longueurs d'ondes au moins, il se propage, en plus de l’onde qui traverse l’air d’après la théorie de Hertz, une deuxième onde qui reste confinée à la surface de séparation de

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la terre et de l'air. Cette oscillation superficielle devient, à grande distance, la plus efficace, et la terre peut alors être considérée comme un conducteur qui canalise les oscillations électriques à la manière dont les conduisaient les fils conducteurs, dans les expériences de Lecher et de Blondlot. Si cette explication est la vraie, si l'énergie dans l’espace, pour de grandes longueurs d'ondes et à grande distance est peu importante relativement à l'énergie transmise par la surface de la terre, 1l n'est plus nécessaire d'élever les antennes à de grandes hauteurs ; l'important est de leur donner une grande capacité, et les antennes horizontales semblent dès lors convenir très bien. Il résulte de cette discussion qu'on n'est pas encore fixé en théorie sur la forme à donner aux antennes. Comme les réalisations pratiques n'ont pas toujours le temps d'attendre les solutions théoriques des problèmes posés, il a bien fallu cependant construire des antennes pour les stations à longue portée et les efforts ont abouti à deux formes principales, l'antenne en nappe horizontale et l'antenne en parapluie. Nous pouvons donner comme exemple de cette deuxième forme l'antenne de la station de Tuckerton : elle était formée de 36 fils de 200 mètres de longueur, qui divergeaient à partir du sommet d'un pylône de 200 mètres de hauteur, à la façon des baleines d'un parapluie. Leur base était encore à plus de 100 mètres du sol. Tous les fils étaient réunis à leur partie supérieure à des fils qui descendaient le long du pylône et étaient reliés aux appareils.

L'antenne du deuxième type, qui est celui de la Compagnie Marconi, est formée d’une nappe horizontale allongée, tendue au-dessus du sol, isolée à l’une de ses extrémités; et reliée à l'autre extrémité, par l'intermédiaire de fils verticaux, aux appareils de transmission ou de réception, et à la terre.

224. Antennes dirigées. — En adoptant cette forme d'antenne, M. Marconi poursuit une autre idée, celle de canaliser dans une direction déterminée l'énergie rayonnée, dans le but de l'utiliser plus efficacement. Il est évident, en effet, que la solution du problème de la direction des ondes électro-magnétiques amènerait en même temps la solution de beaucoup d'autres : disparition des interférences entre stations, affaiblissement du nombre des parasites, et surtout possibilité d'utiliser à la station réceptrice toute l'énergie émise à la station trarsmettrice, ce qui réaliserait une véritable transmission d'énergie sans fil. Le problème est malheureusement loin d’être résolu ; quelques solutions approchées, d’une façon très lointaine d’ail-

leurs, ont seulement été envisagées, et sont d’ailleurs susceptibles de rendre de grands services.

Télégraphie sans fil duplex. — La Compagnie Marconi a étudié des modifications qui permettent d'établir des stations duplex de télégraphie sans fil dans le travail à longue portée, stations qui permettent de transmettre et de recevoir en même temps. Une installation duplex complète est formée de deux stations élémentaires, une station de transmission et une station de réception, qui sont situées à quelques kilomètres l'une de l'autre. La manipulation est commandée par relais à partir de la station de réception. La station de réception comporte deux antennes, l'antenne principale, qui est dirigée de façon à recevoir le mieux possible de la station élémentaire d'émission, et une antenne compensatrice, disposée de façon à recevoir le mieux possible de la station élémentaire d'émission, et le moins possible de l'installation correspondante. Les deux antennes agissent sur le circuit secondaire de réception; de façon que leurs effets se retranchent, et sont réglées de telle sorte que l’effet résultant sur le circuit secondaire dû aux émissions de la station élémentaire de transmission, soit nul. Les signaux émis par cette station ne troublent done pas ceux qui viennent du poste correspondant, et le travail peut se faire en duplex.

225. Grandes longueurs d'ondes. — L'emploi des grandes longueurs d'ondes, nécessaires pour la mise en jeu de grandes quantités d'énergie, est également efficace en ce qui concerne la meilleure utilisation de cette énergie, Car la quantité d'énergie rayonnée suivant la théorie de Hertz à grande distance malgré la courbure de la terre sera d'autant pluie orande que les phénomènes de diffraction seront plus grands, et la quantité d'énergie transmise par la terre suivant la théorie du P' Sommerfeld, d'autant plus grande également que la longueur d'onde est plus grande.

226. Syntonie. — Enfin, de grands progrès ont été faits en ce qui concerne la syntonie. Plus la syntonie sera parfaite en effet entre la station réceptrice et la station d'émission, plus seront atténués les dangers d’interférences et de troubles par les parasites atmosphériques, et meilleur sera le rendement de l'installation, car l'effet à la réception aussi bien qu'à la transmission pourra être amplifié par l’utilisation plus efficace de phénomènes de résonance. Une syntonie parfaite permettrait l'installation de plusieurs stations à proximité les unes des

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autres, et donnerait la possibilité d'établir des stations multiples, envoyant ou recevant, avec la même antenne, plusieurs télégrammes en même temps avec des longueurs différentes.

Aussi s'explique-t-on les efforts qui ont été faits pour obtenir l'émission d'ondes aussi pures et aussi peu amorties que possible. L'histoire de la télégraphie sans fil par étincelles a suivi, à ce point de vue, trois étapes nettement définies. Au début, ce fut la période de l'excitation directe. L'onde était pure, en ce sens qu'une seule onde était rayonnée; mais la résistance de l’étincelle, intercalée directement en série entre l'antenne et la terre, s’ajoutait aux autres causes de dissipation d'énergie pour amortir les oscillations, d'autant plus que, les capacités d'antennes étant très faibles, 1l fallait, pour mettre en jeu des quantités mèmes faibles d'énergie, employer des étincelles très longues, et par conséquent très résistantes. Un progrès fut réalisé par l'emploi des circuits couplés, avec circuit excitateur à étincelles. Le décrément logarithmique des oscillations était diminué, mais l'inconvénient était qu’on rayonnait à la fois des ondes électro-magnétiques de deux longueurs, ce qui était évidemment mauvais au point de vue de la syntonie. Une nouvelle ‘étape fut franchie, et dans les systèmes actuels des Compagnies Telefunken et Marconi, pour les grandes distances, l'antenne est parcourue par des oscillations qui ont sa période propre. Ce résultat est obtenu en supprimant l'influence de l'étincelle sur ces deux constantes de l’oscillation et, pour cela, la cause excitatrice qui produit des oscillations dans l'antenne ne dure qu'un temps très court : on excite l'antenne par impulsion. Un pendule qui reçoit un choc oscille avec sa période propre et son amortissement propre; une antenne excitée par impulsion oscille de mème avec sa période propre et son amortissement propre. L'important est qu'il y ait véritablement impulsion, et pour cela que l’étincelle du circuit excitateur ne dure qu’un temps extrèmement court. Les procédés pour y parvenir varient avec les systèmes. Certains utilisent la méthode de Wien : la distance explosive est très courte; l’étincelle possède par conséquent une très grande résistance et s'éteint très rapidement. M. Marconi arrive mécaniquement au même résultat, au moyen d’un éclateur tournant formé d’un disque munide saillies solidement fixées à sa périphérie à intervalles réguliers, et placées perpendiculairement à son plan. Il tourne rapidement entre deux disques latéraux placés dans un plan perpendiculaire au premier. L'étincelle dure ainsi juste le temps que dure le passage des saillies devant les disques latéraux. Il y a done impulsion et émission, par le circuit d'antenne, d'une onde

pure et peu amortie. Tels sont les efforts qui. dans la télégraphie sans fil à étincelles ont conduit à l'utilisation de syntonies de plus en plus aiguës. L'emploi des ondes entretenues, qui parait devoir se généraliser à très bref délai, permet d’obtenir une syntonie parfaite et d'utiliser tous les effets de la résonance dans les circuits d'émission et de réception, à condition que la longueur d'onde soit maintenue parfaitement constante.

Malgré tous ces efforts, les systèmes à étincelle paraissent, dans l'avenir, devoir céder la place aux procédés à ondes entretenues, qui permettent de meilleures résonances, et dans lesquelles les difficultés d'isolement des circuits et des antennes sont moins grandes.

Ces principes généraux posés, nous donnerons quelques exemples de stations de grande puissance.

À) Stations à étincelles.

Stations à courant continu haute tension et éclateur tournant :

1° Energie fournie par une batterie d’accumulateurs (Compagnie Marconi) : stations de Clitden et Glace-Bay.

2° Energie fournie par des machines (Administration française des Postes et Télégraphes) : station des Saintes-Maries-de la-Mer.

Stations à courant alternatif.

1° À éclateur tournant synchrone (Compagnie Marconi, marine américaine) : station d'Arlington.

2° À éclateur fixe : station de la Tour Eiffel.

3° À impulsion et combinaison d’éclateurs tournants et éclateurs fixes (Compagnie générale de radiotélégraphie).

4° À impulsion et éclateur fixe (Compagnie Telefunken) : station de Nauen.

227. Stations de Clifden et de Glace-Bay. — Nous donnerons, d’après la conférence faite par M. Marconi, le 2 juin 1911, à la « Royal Institution », à Londres, une description succincte des stations de Clifden (Irlande), et Glace-Bay (Canada), qui assurent un service transatlantique à la distance de 3 600 kilomètres.

L'énergie est fournie sous forme de courant continu à haute tension par une batterie d'accumulateurs de 6 000 éléments réunis en série, et d’une capacité de 40 ampères-heures. Le courant de charge est fourni par des dynamos à courant continu. La différence de potentiel de décharge est 11 000 à 12000 volts, et l’on peut utiliser une différence de potentiel de 15 000 volts quand on utilise en même temps la batterie et les dynamos. La plupart du temps, on emploie la batterie seule.

Les extrémités de la batterie d’accumulateurs sont reliées par l’intermédiaire des bobines de self C au circuit excitateur qui contient une

batterie de condensateurs, l’éclateur à disque, et le primaire du transformateur d’oscillation.

Les bobines de self C augmentent la différence de potentiel aux bornes du condensateur, qui atteint 18 000 volts quand la batterie donne 42 000 volts.

Le condensateur est à air. L’éclateur est formé d'un disque métallique a muni de saillies perpendiculaires à son plan, à intervalles réguliers. Ce

disque tourne, à la très grande vitesse de 200 mètres environ par seconde, entre deux autres disques b qui tournent dans un plan perpendiculaire au premier. Avec la fréquence utilisée à Clifden, soit 45 000 périodes par seconde, et une différence de potentiel de 15 000 D volts, la durée de l’étincelle est pratiquement celle d’une oscillation complète. Le circuit primaire étant ainsi brusquement ouvert, les oscillations de ce circuit sont brusquement amorties et, si le couplage du circuit excitateur et du circuit

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= de l'antenne est convefl (8 nable, toute l'énergie aura l | pratiquement passé dans EN d'au l'antenne au moment de Fig. 167. la coupure du circuit

excitateur. Cette énergie est alors rayonnée par l’antenne, sous forme d'une onde pure, ayant l’amortissement propre du système rayonnant.

L'antenne est du type en nappe horizontale. Quoique la concentration des émissions dans une direction soit très grossièrement approchée, les résultats obtenus par l’emploi d'une antenne dirigée sont pratiquement intéressants (fig. 168).

Des expériences faites par le ministère de la Marine britannique ont montré quel degré de syntonie on peut attendre du système : des messages transmis par la station de Glace-Bay peuvent être reçus à 15 kilomètres seulement de Clifden pendant que cette station transmet avec une longueur d'onde différente de 25 p. 100 de celle de Glace-Bay.

La longueur d’onde de la station de Clifden est de 6 600 mètres environ.

L'énergie employée pour le service transatlantique est de 100 kilowatts environ.

Le trafic de la communication Clifden-Glace-Bay a été de 812 000 mots .

de télégrammes commerciaux entre le 1°" mai 1910 et la fin d'avril 1911. La communication est assurée d’une facon permanente, de jour et de nuit, autant qu’on peut employer ce mot quand on parle de télégraphie sans fil. Il tient en effet, à l'essence même de la télégraphie sans fil, et non aux particularités de tel ou tel système, qu’à certaines heures les commu-

nications sont plus difficiles qu’à d’autres, et qu’à certains moments elles sont tout à fait impossibles.

Après plusieurs années d'usage des dispositifs qui viennent d'être décrits, la Compagnie canadienneMarconi,quiexploite la station de Glace-Bay, a jugé que la sécurité supplémentaire fournie par la batterie d’accumulateursne compensait pas les ennuis qu'elle causait : difficultés d’entretien et d'isolement. Elle a supprimé la batterie d’accumulateurs et se sert uniquement de machines.

Fig. 168. — Antenne en nappe horizontal:.

228. Station des Saintes-Maries-de-la-Mer. — L'administration française des Postes et Télégraphes installe actuellement, à la station des Saintes-Maries-de-la-Mer, un poste destiné au service de la correspondance publique avec les navires, jusqu’à la distance de 2 000 kilomètres, avec la longueur d’onde de 1800 mètres. La puissance prévue aux bornes des condensateurs est 50 kilowatts ; la tension de charge sera 100 000 volts; la fréquence d’étincelles 1 200.

Le système employé est caractérisé par l'emploi, pour la charge des condensateurs, d'une source à haute tension à force électromotrice constante (59 000 volts) et par la présence d’un éclateur tournant dans le

Fig. 169. — A. Source à force électromotrice constante, à haute tension, — B. Condensateur-magasin. — C, D. Selfs de réglage. — K. Manipulateur. — E. Condensateur, — F, Eclateur tournant, — G. Éclateur à impulsion. — H. Radiotransformateur, — I, Prise de terre, — J, Antenne,

circuit d’excitation. La source à haute tension est munie d’un condensateurmagasin de grande capacité. En série, avec l’éclateur tournant, est disposé un éclateur à étincelles multiples destiné à réaliser l'excitation par impulsion. Le montage est représenté par la figure 170. Les grandes lignes du projet sont les suivantes :

L’antenne est constituée de deux demi-parapluies réunis par leurs bases.

Les montées sont supportées par deux pylônes de 80 mètres de hauteur, espacés de 100 mètres. Elles sont constituées par des prismes à 20 fils, de 2 mètres de diamètre.

Chaque demi-antenne comporte quatre descentes de 100 metres de longueur supportées à leur partie supérieure par les grands pylônes et tendues, à leur extrémité inférieure, par des câbles d'acier de 100 mètres de hauteur ancrés au sommet de # pylônes de 28 mètres de hauteur. Chaque descente est constituée par un prisme à cinq fils, de 1 mètre de diamètre.

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La station sera alimentée en énergie électrique par un réseau triphasé fournissant le courant à la tension de 13500 volts. Un transformateur abaisse la tension à 120 volts.

Un moteur de secours est prévu.

La force électromotrice constante à haute tension (59 000 volts), utilisée pour la charge du condensateur E (fig. 169) à 100 000 volts est fournie par un groupe de # machines à courant continu à un collecteur, 12 500 volts 1 ampère, montées en série. Elles sont entraînées au moyen de dispositifs d’accouplement direct, isolants, par un moteur asynchrone de 95 chevaux, installé au centre du groupe des #4 dynamos. Le moteur est fixé sur un socle en béton. Chaque machine est portée par deux madriers qui s’appuient sur 4 supports (fer et porcelaine), isolés pour 100 000 volts et étudiés spécialement. Ces supports isolants sont scellés dans des massifs en béton. Chaque dynamo porte son rhéostat d’excitation et son excitatrice qu'elle entraine par courroie; elle est munie d'un tableau comprenant un voltmètre, un fusible, et un court-circuiteur.

Le milieu de l'installation est mis à la terre.

Le démarrage du moteur est commandé à partir de la salle de manipulation au moyen d'un servomoteur.

A la sortie des dynamos est mis en dérivation un condensateur-magasin formé d'éléments construits pour un fonctionnement à 59 000 volts, constitués par des feuilles de clinquant enroulées concentriquement et séparées les unes des autres par une épaisseur suffisante de feuilles de papier imprégnées dans le vide de matière isolante spéciale.

Les bornes du condensateur-magasin sont réunies aux selfs de réglage,

calculées de facon à rendre égale à Fe seconde la période propre d’oscilla-

tion du circuit de charge, la fréquence d’étincelles étant prévue égale à 1200. Ces selfs, à noyau de fer, sont posées sur des supports isolants à 100 000 volts, dans des cuves remplies d'huile.

Les sorties des selfs sont reliées, par l'intermédiaire du manipulateur, aux armatures du condensateur du circuit d'excitation.

Le dispositif d’éclatement comporte un éclateur tournant à deux étincelles et 60 pointes du modèle Postes et Télégraphes 1915, et un éclateur fixe à 90 étincelles, modèle C. G. R.

Le type de condensateurs prévu est celui de bouteilles de Leyde; de 1 m. 50 de hauteur et 30 centimètres de diamètre, métallisées à l’intérieur et à l'extérieur sur une hauteur de 1 m. 25, capables de supporter une tension de charge de 100000 volts au régime de 1 200 étincelles par seconde en service courant. Ces tubes sont réunis par groupes de huit dans des bacs en grès. Les armatures sont immergées dans l'huile. La capacité prévue pour l’ensemble du condensateur est : 0,0083 microfarad.

Le radio-transformateur prévu comporte un primaire et un secondaire identiques, de 140 microhenrys environ, formés de bandes de cuivre de 12 centimètres de largeur enroulées en spirales verticales à 8 tours, de pas 10 centimètres, de rayon moyen 100 centimètres. Le secondaire est mobile dans son plan au moyen de galets roulant dans des rainures aménagées sur le sol et au plafond.

Un commutateur, manœuvré de la salle de réception au moyen d’un électroaimant permet de mettre l'antenne, soit sur transmission, soit sur réception.

La manipulation se fait par tout ou rien, en interrompant ou rétablissant le circuit d'alimentation des condensateurs de haute fréquence au moyen d'un appareil de coupure commandé par relais. Le dispositif de manipulation comprend :

1° Un interrupteur à 60 coupures en série, isolé pour 100 000 volts. Il comporte 60 contacts fixes portés par trois traverses en porcelaine fixées par leurs extrémités sur deux platines, et 60 contacts mobiles portés par deux autres traverses en porcelaine, intercalées entre les supports fixes, et pouvant glisser de quelques millimètres le long de leur axe, la longueur du déplacement étant réglable. Les contacts fixes sont portés par des lames flexibles, les contacts mobiles par des supports rigides.

20 Un dispositif de commande : chacune des traverses mobiles est reliée par l’une de ses extrémités à un bâton d’ébonite de 50 centimètres de longueur, dont l’autre bout est réuni à l’armature d’un électro-aimant. Les deux électro-aimants sont mis en série dans un circuit. Les autres extrémités des traverses mobiles sont reliées à des ressorts de rappel fixés sur la platine arrière et commandant l'ouverture du circuit.

3° Un dispositif de soufflage comprenant un ventilateur Root donnant une pression de 550 millimètres d’eau envoyant l'air dans 60 conduits en ébonite qui aboutissent immédiatement au-dessous des contacts de l'interrupteur.

Un bâti en tôle et cornière supporte tous les éléments du manipulateur.

Toutes les commandes se faisant de la salle de manipulation, la mise en marche, le fonctionnement et l’arrêt n’exigent la présence de personne dans la salle des machines, L'accès de ce local est en conséquence formellement interdit au personnel manipulant, lequel n’a entre les mains qu'un commutateur fonctionnant sous la tension continue de 120 volts et ne pouvant en aucun cas être en contact accidentel avec la haute tension.

Les machines et appareils du circuit d'alimentation à haute tension sont rassemblés dans une enceinte séparée du reste de la salle des machines par des cloisons vitrées, placées à 50 centimètres au moins des points sous haute tension.

L'enceinte haute tension est séparée du moteur triphasé par des glaces de 2 m. 50 de hauteur et 15 millimètres d'épaisseur.

En vue de permettre la surveillance des machines en marche, le projet prévoit l'établissement, en face de chaque dynamo à 12500 volts, d’un escabeau à 3 marches dont l'isolement augmente avec la hauteur jusqu’à 100 000 volts et donnant accès à nne plate-forme posée sur les madriers qui portent la machine. Des glaces de 2 m. 50 de hauteur séparent, soit deux ensembles consécutifs (escabeau et plate-forme), soit un ensemble extrême et le reste de l'enceinte haute tension. La largeur des escabeaux d'accès est telle qu’une personne se trouvant sur une plate-forme ne puisse accidentellement en toucher une autre qui passe dans le chemin ménagé en face du groupe des machines.

L'ouverture des portes haute tension ouvre un interrupteur placé sur les circuits de commande de la mise en marche.

Tous les appareils, machines et canalisations à basse tension sont en dehors de l’enceinte haute tension.

Enfin les organes du cireuit haute fréquence sont groupés de telle sorte que le moteur d'entraînement de l’éclateur tournant et la manette de réglage de l’éclateur fixe soient accessibles pendant le fonctionnement.

229. Station de la marine américaine, à Arlington. — La station d’Arlington, près Washington, est la première en date du grand réseau de la marine américaine, dont nous dirons quelques mots plus tard.

L’antenne principale est supportée par 3 pylônes en acier, dont l’un a 183 mètres et les deux autres 137 mètres de hauteur, implantés aux sommets d’un triangle isocèle dont la base a 107 mètres et la hauteur 107 mètres, pl. XV.

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