‹ La télégraphie sans filChapitre 4 sur 221 · DE LA QUATRIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

DE LA QUATRIÈME ÉDITION

Trois ans ont passé depuis que dans la préface de la deuxième édition de cet ouvrage, j’envisageais comme prochain le jour où le suprême record de portée radiotélégraphique serait atteint, entre un poste et son antipode, à 20 000 kilomètres de distance; et, si se confirment des rapports dignes de foi, ce résultat est maintenant obtenu.

Les ondes de Télégraphie sans Fil se jouent du colossal obstacle de plus de 6000 kilomètres de hauteur qui sépare deux points diamétralement opposés à la surface de la terre, alors qu'on se demandait, il n'y a guère plus de quinze ans, si l’on pourrait traverser le Nord de l’Atlantique.

Pourtant, toutes les difficultés ne sont pas vaincues. A mesure qu'à la préoccupation d'obtenir des records de portée se substituait la volonté de réaliser de véritables exploitations télécraphiques, l'importance et la gravité des problèmes posés apparaissaient mieux. Et l’on voit plus clairement, de jour en jour, que malgré les perfectionnements des méthodes de réception, ce n’est qu'avec des stations extrêmement puissantes qu'on peut espérer transmettre à grande distance, malgré les signaux parasites, avec la sécurité et la régularité qui sont les conditions essentielles d’une bonne exploitation commerciale. On se rend de mieux en mieux compte qu’une liaison radiotélégraphique est, dans les conditions actuelles, une affaire d’autant meilleure, qu’on a moins, dans l’établissement des stations, lésiné sur les dimensions de l’antenne et la puis-

YI PRÉFACE

sance disponible. Et l'avenir semble devoir confirmer l'exactitude de ces vues; car s'il est prudent, pour établir l'assiette financière d’un projet, de ne tabler que sur les résultats obtenus dans l'exploitation, de calculer le rendement d’après la vitesse des transmissions actuellement réalisées, il n’en est pas moins certain que des vitesses de transmission beaucoup plus grandes seront prochainement atteintes, que l'emploi des systèmes multiplex sera possible dans un court délai. Il n’est pas moins certain non plus, que les transmissions exigeront d’autant plus de puissance qu'elles seront plus multipliées ou plus rapides, et que, par conséquent, les stations prévues largement seront ainsi en mesure de profiter des progrès qui s’annoncent et qui augmenteront le rendement dans des proportions considérables.

Ce point de vue qu'il y avait quelque mérite à défendre en France, jusqu'à ces derniers temps, est maintenant adopté par la grande majorité des techniciens, et il y a tout lieu de croire que l'important réseau transocéanique de radiocommunications, système nerveux de la puissance mondiale française, qui sera prochainement établi, sera prévu pour fonctionner avec la régularité et la sécurité indispensables, et pouvoir profiter des progrès à venir.

Dans le domaine plus ancien des communications avec les postes mobiles, là où la radiotélégraphie n’a pas actuellement de concurrents possibles, les dernières années ont été marquées par un développement considérable. La guerre, en diminuant la sécurité des traversées maritimes, a provoqué l'augmentation des moyens de protection, et les stations de bord se sont multipliées; les postes de toutes sortes, dirigés, portatifs, postes d’avions, sont utilisés en grand nombre par les armées.

Au point de vue technique, les principaux développements à noter sont : l'augmentation continue des puissances pour la transmission à grande distance, l'orientation de plus en plus marquée vers l’emploi des ondes entretenues, les applications des propriétés des lampes à 3 électrodes pour la direction, l’amplification et la production des oscillations électriques.

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