I. — RÉSUMÉ HISTORIQUE SUR LA RADIOTÉLÉGRAPHIE
194. — Dans la première méthode appliquée avec succès, on utilisa la décharge répétée d’un condensateur dans un circuit à étincelle.
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théorie du phénomène fut donnée en 1853 par lord Kelvin. En 1855, Maxwell prévoyait que, si un courant d'intensité variable passe dans un conducteur, des ondes prennent naissance au voisinage et se propagent avec la vitesse de la lumière : la démonstration expérimentale fut donnée par Hertz qui publia ses travaux en 1888. L'idée de l'application à la télégraphie sans fil s imposait. Elle fut exprimée par Elihu Thomson en 1889; par Sir William Crookes en 1892. Mais l’appareil détecteur de Hertz était trop peu sensible; mais ses ondes étaient de trop faible longueur, et par conséquent arrêtées par des obstacles peu importants.
196. Premiers succès. — Le premier détecteur employé avec succès fut le tube à limaille de Branly; des ondes de grande longueur furent
Fig. 149. Fig, 150.
obtenues par Marconi, qui produisit les oscillations dans une antenne mise à la terre (1896), Jusqu'en 1898, l'excitation et la réception étaient directes (fig. 149 et 150). C’est avec ces appareils que Marconi fit ses premières expériences et parvint à franchir une distance d’une vingtaine de kilomètres.
Les progrès à accomplir étaient nombreux. Les antennes unifilaires étant de petite Capacité, l'énergie mise en jeu et par conséquent la portée étaient faibles; l'excitation directe ne permettait pas d'obtenir une bonne syntonie.
197. Progrès à la réception. — A la réception, le cohéreur ne distingue Pas entre signaux de caractère différent, et mêle les parasites aux signaux
longueur d'onde du circuit de réception sur celle des ondes émises, et Ja Syntonie aurait été mauvaise, même si ces ondes eussent été peu amorties: de plus, la résistance du cohéreur intercalée dans l'antenne rendait le circuit très amorti. Un grand progrès fut réalisé par l'emploi du détecteur magnétique (Marconi, 1902). Puis apparurent successivement le barretter à fil (Fessenden, 1902); le détecteur électrolytique (Fessenden-Schlæmilch- Ferrié, 1905); la valve de Fleming (1905); l’audion de de Forest (1906): les détecteurs à contact imparfait (Dumwoody, Austin, Pickard, Meunier),
Enfin les années 1913 à 1916 amenèrent des progrès considérables par la découverte et les perfectionnements des dispositifs de réception utilisant dans des lampes à trois électrodes l'émission de corpuscules électrisés par les corps incandescents (de Forest, Round, von Lieben et Reisz, Irving Langmuir), On a maintenant, ainsi que nous l’avons vu plus haut, des détecteurs très sensibles et d’un fonctionnement régulier, des amplifi-
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cateurs très efficaces, des postes d'émission d'ondes entretenues de petite puissance très simples pouvant être utilisés dans la réception hétérodyne. Dans les radiocommunications maritimes, la réception téléphonique est seule employée.
Dans les grands postes, à trafic rapide, des combinaisons d’amplificateurs, et de dispositifs enregistreurs permettent de recevoir les signaux émis à grande vitesse par les correspondants.
198. Progrès à la transmission. Emploi de grandes puissances et de grandes longueurs d’onde. — A la transmission, il s’agissait premièrement, pour obtenir de grandes portées, de mettre en jeu de plus grandes quantités d'énergie, et cela conduisit à l'emploi des antennes de grande capacité; cela amenaït à augmenter la longueur d'onde, et nous savons que la longueur d'onde à employer est d’autant plus grande que la portée
à franchir est plus grande.
Il fallait aussi obtenir une meilleure syntonie. On pouvait y arriver soit en employant la méthode de la décharge du condensateur dans uu circuit à étincelle, soit en utilisant les ondes entretenues.
199. Progrès de la méthode de la décharge d’un condensateur dans un circuit à étincelle. Réception et excitation indirecte. — Le premier procédé, qui était né en Europe, commenca par s'y répandre. Dès 1897, Lodge avait indiqué l'emploi de la réception indirecte, utilisée par M. Marconi à partir de l’année suivante. Grâce à ce perfectionnement, la distance de 70 kilomètres fut franchie en 1899. Le P* Braun préconisa ensuite l'excitation indirecte, que M. Marconi employa à partir de 1902. On avait dès lors le moyen d'obtenir une syntonie approchée par un réglage convenable des circuits transmetteurs et récepteurs. L'emploi, dans le circuit à étincelle, des condensateurs de grande capacité, permit de mettre en jeu une énergie plus considérable. La capacité et la longueur d'onde des antennes augmentaient parallèlement. À chacun de ces progrès correspondait un accroissement de la distance franchie, et, depuis 1907, les stations de Clifden (Irlande) et Glace-Bay (Nouvelle- Écosse) échangent des télégrammes par-dessus l'Atlantique, à une distance de 3 600 kilomètres.
A partir de 1911 se développèrent les procédés d'émissions par choc ou par impulsion (Von Lepel, Compagnie Telefunken, Compagnie générale de radiotélégraphie), dans lesquels la syntonie est encore améliorée, puisque l'antenne ne rayonne qu'une seule onde, et qui s'appliquent à toutes les longueurs d'onde et toutes les puissances. (Station allemande de Nauen, qui fait un service transatlantique, sur une portée de 6 600 kilomètres.
200. Méthode des oscillations entretenues. L’arc. — En même temps se perfectionnait peu à peu les procédés par oscillations entretenues. Elihu Thomson avait, dès 1892, obtenu de telles oscillations à haute fréquence (jusqu’à 50 000) par la méthode de l'arc. En 1900, W. Duddell réalisa la belle expérience de l'arc chantant. Il y avait d'ailleurs de nombreuses difficultés à vaincre, à cause surtout de l'instabilité dans la fréquence et l'amplitude des oscillations. La méthode généralement admise après les beaux travaux de V. Poulsen, consiste à produire l'arc dans une atmosphère gazeuse conductrice, entre une électrode négative en charbon et une électrode positive en cuivre refroidie par un courant d’eau.
De nombreuses stations de grande puissance, principalement en Amérique, utilisent maintenant l’arc Poulsen.
201. L’alternateur à haute fréquence. — Enfin, des alternateurs de haute fréquence ont été mis au point. L’alternateur Goldschmidt est utilisé pour la radiocommunication transatlantique germano-américaine Eilwese- Tuckerton (6 250 kilomètres), et celui de la compagnie Telefunken et fonctionne dans les stations de Nauen (Allemagne), et Sayville (États-Unis) (6 600 kilomètres).
202. Deux méthodes. — L'histoire de la télégraphie sans fil nous a fait assister aux développements parallèles de deux méthodes, dont nous commencerons par résumer les caractéristiques.
203. Méthode de la décharge du condensateur dans un circuit à étincelle. — Si l’on utilise le phénomène de la décharge d'un condensateur répétée un certain nombre de fois par seconde dans un circuit à étincelle, les oscillations sont amorties, et la syntonie entre les postes transmetteur et récepteur ne peut être qu'approchée. Les ondes émises impressionnent le récepteur même si les longueurs d'ondes de l’émission et de la réception sont assez différentes ; et il peut se produire des interférences entre des postes de longueurs d'onde voisines.
204. Méthode des oscillations entretenues. — Dans la deuxième méthode, on produit au point de départ des oscillations entretenues, au moyen d’arcs électriques, d’alternateurs à haute fréquence, ou de lampes, ces dernières n'étant encore utilisables que pour de très petites puissances.
Les meilleurs détecteurs sont les détecteurs d'énergie. La syntonie entre les deux postes correspondants peut être réa- Hsée d’une façon pratiquement parfaite, puisqu'elle peut être
NE NEA à ; 1 réglée à 100 près, et les interférences entre postes de longueurs
d'onde voisines ne sont plus à redouter.
Les montages et les appareils de radiotélégraphie sont ceux qui servent à la production et à la manipulation des oscillations électriques, à la réception des ondes. Ils ont été déjà décrits.
À) Stations utilisant la décharge répétée du condensateur dans un circuit à étincelle.
205. Antenne. — L'’antenne aura l’une des formes indiquées précédemment (ch. 1x1). L’antenne en rideau (Hg. 151) convient bien pour les stations côtières, et l’antenne coudée