‹ La tentationChapitre 10 sur 112 · ACTE h · texte numérisé non relu

ACTE h

ACHILLE, intervenant.

HemI (a madame de Sauiieu.) Maîs la mer, madame, nous avons lamer à deux pas d*îci... En général, le^ Parisiennes les plus fanatiques aiment assez la mer ^.

MADAME DE SAULIEU

Mais, c'est qu'elb m'agace, moi, la mer! Quand je suis sur la plage, je m'assois le dos tourné à la mer : vous m'avouerez que ce mouvement sempiternel... cette mer qui s'en va, qui revient... on ne sait pas pourquoi ,... c'est irritant.

LA COMTESSE

On ne sait pas pourquoi, est fort!... Vous n'ignorez pas, cependant, madame, je suppose, que la mer est soumise à Tinfluence des lunaisons? t

MADAME DE SAITLIEU.

Je ne sais pas, madame, si elle est soumise à l'influence des lunaisons, et je m'en soucie peu;... mais je sais qu'elle m'agace, voilà ce qu'il y a de certain... Au reste, malgré tous ses inconvénients, je comprends la campagne pendant deux ou trois mois de l'été... Mais si M. de Vardes prend l'habitude de prolonger la saison jusqu'au fond de l'hiver, si surtout il a sérieusement l'intention, comme on le murmure, de s'établir ici à demeure l'an prochain... je ne dis rien, je n'ai rien à dire..., mais je plains ma fille... Qu'en pensez- vous, Achille?

ACHILLE

Vous avez raison, Madame, cent fois raison.

LA COMTESSE, se leTàiit, et gagnant le milieu de la scène.

Obi sans doute. Je sais que certaines personnes ne croient pas vivre si elles ne fatiguent pas vingt chevaux et deux ou trois cochers chaque 4ii ver, à courir de fête en fête jusqu'à l'aurore.

MADAME DE SAULIEU , se levant.

Ma fille depuis deux ans n'a pas posé le pied dans un bal, madame, permettez-moi de vous le rappeler.

LA COMTESSE

Oh! je le sais... maintenant... c'est autre chose : ce sont les théâtres, la poésie... on rêve un salon artistique !... Tout cela est

1. La Comtesse, Mme de Saaliea, assises. Achille debout, derrière le banc.

parfait ! Mais si mon fil&, ayâot queJqua égard pour mon âge et pour mes ^ts, «omprenaat mieux d'ailleurs les devoirs d'un gefititbomme, se déteriaioe à mener, dans la depûeure de ses pèresi, une vie occupée, honorable, patriarcale , maigre ceus ^ue cela fâche, je suis désespérée de jie pouvoir lui donner tort... Qu*en pense monsieur Achille ?

ACHILLE

Vous avez parfaîtemeni; raison, madame*.

MADAME DJE SAULIEU.

Ehl vous disiez le contraire tout à l'heure I

LA CiÔMTESSE.

Justement!

ACHILLE

Mon Dieu! sans doute ; jamais je necontrarie les femmes, moi... je suis toujours de leur avis.

LA COMTESSE

Ce n'est pas toujours le moyen de s*en faire bien venir, jeune homme.

ACHILLE, souriant.

ais je m'en aperçois, madame Ja comtesse, je m*en aperçois.

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