‹ La tentationChapitre 106 sur 112 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

HÉLÈNE

L'autre.

Quel autre ?... Achille ?

HÉLÈNE

S'il vous plaît, mon père.

CONTRAN.

Bah 1 Tu ne te trompes pas ?

HÉLÈNE

Non... est-ce que vous ne consentez plus?

GONTR ANr

Mais au contraire, ma chère enfant... je suis ravi... Je te félicite de tout mon cœur... je n'osais pas espérer... Ah çà! mais, dismoi... quelles raisons as-tu de vouloir épouser Achille ?

HÉLÈNE

Oh! mille raisons, mon père! D'abord, c'est un homme excellent, une âme sans égale, un esprit original et charmant... ensuite, je l'aime... et puis, entre nous, mon père, je crois que cela lui fera plaisir I f^

CONTRAN.

Je le crois aussi, ma chérie... Mais voyons... ce choix témoigne d'une singulière révolution dans tes idées... Qu'est-ce qui s'est donc passé depuis six mois dans ta petite cervelle, hé ?

HÉLÈNE

Mon Dieu ! je ne sais pas moi-même. Je ne me reconnais plus. Je crois que c'est ma mère qui est coupable de la métamorphose.

CONTRAN, attentif. ^

Ta mère ?

Oui, elle s'est tant occcupée de moi depuis... Tenez! depuis ce malheur qui vous a retenu si longtemps sur votre lit de souffrance... Il semblait que son affection pour moi comme pour Vous en eût redoublé... Elle ne m'a plus quittée... elle m'a dit des choses... Enfin , peu à peu, je sentais que je devenais tout autre, que mes goûts, mes sentiments, mes idées sur le monde, sur la vie, se transformaient... que je comprenais à travers son âme si noble, si

élevée, ce qui est vt^i ment bien, vraiment beau, vraimentaimable... etenfinunbeaujour j*en suis venue sans m'en a percevoir... à aimer.

GONTRAN

Ton cousin Achille... Tu as bien fait... et tu me permets de le lui dire?

HÉLÈNE

Mais, mon père... réfléchissez... est-ce prudent? On ne sait, jamais... s'il allait me refuser I

GONTRAN

Ahl décidément tu Taimes... tu as peuri Non, je ne crois pas qu'il te refuse... je n'appréhende de résistance que du côté de tes deux grand'mères, qui professent pour Achille une antipathie décidée... elles l'utilisent volontiers... mais elles ne Taiment guère... il dit trop ce qu'il pense...

HÉLÈNE

Oh! mes grand* mères... je m'en charge! j'ai un moyen!

GONTRAN

Comment ?

HÉLÈNE

Je dirai à ma grand'mère de Vardes que ma grand'mère de Saulieu ne veut pas de ce mariage, et réciproquement... et ainsi... (Achuie puaît&u fond.) Ghut! chut ! mon père!

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