‹ La tentationChapitre 12 sur 112 · ACT^ I. 4J · texte numérisé non relu

ACT^ I. 4J

ACHILLE

Toujours, mademoiselle... je guis même trop obligeant,... demandez plutôt à ces dames... elles me le reprochaient encore tout à l'heure.

Hé bienl vous pouvez me rendre ce matin un service, mais un de ces services, voyez-vous, qu'on ne paie qu'avec son sang!

Ordonnez!

HÉLÈNE

Vous allez monter à cheval, faire un temps de galop jusqu'à la viile...

ACHILLE, rinAdrrbmpant.

Aller chez votre marchande de modes !

HÉLÈNE

Comment avez-vous deviné cela ?

ACHILLE

Vous me parlez d'un service qu'onne peut payer qu'avec son sang.

HÉLÈNE

C'est justel Et vous me rapporterez biep précieusement dans iin petit carton... I

ACHILLE

Des plumes pour votre chapeau I

HÉLÈNE

Mais il est sorcier !

ACHILLE

N' avez-vous pas dit l'autre soir que votre panache tournait décidémentau saule pleureur? Vous voyez l'enchaînement de mes idées*!

HÉLÈNE

Dieu ! quelle mémoire vous avez ! Eh bien, vous allez partir vit<?, vite.... n'est-ce pas? afin d'être revenu quand nous aurons fini de déjeuner.

ACHILLE

Pardon, mademoiselle, je vais hasarder une observation... qui vous paraîtra fort inconvenante... mais elle m'échappe du cœur... quand déjeunerai-je, moi ?

HÉLÈNE

Oh I fi , mon cousin', quel détail !

ACHILLE

Mais quand on doit courir toute la journée à cheval I

LA COMTESSE

Mon Dieu, mon enfant, puisque cette commission cause tant d'embarras à M. Achille (mouTementd'Achiue), ne pourrais-tu envoyer un domestique?

HÉLÈNE

Oh! non, grand'mère, c'est impossible. Un domestique ne saurait pas choisir ; mon cousin a beaucoup de goût: je me fie à lui , et je tiens particulièrement à n'avoir pas l'ombre d'une tache dans ma toilette aujourd'hui; vous savez que nous attendons madame Dumesnil, une merveille, un éblouissement , et il faut lutter si on peut, (passant.) Aussi, je me suis arrangé un costume de chasse, grand'mère... un rêve du ciel, (a madame de Saaiieu.) Voulez-vous venir le voir?

MADAME DE SAULIEU, se lerant.

Très-volontiers, ma chérie... tu sais combien j'aime ces fanfre- 1 uches.

HELENE , passant, à la comtesse.

Et VOUS aussi , grand'mère, vous venez.

LA COMTESSE, trarersant.

Soit, quoique je n'approuve pas au même degré que madame, ta passion pour les chiffons; au surplus, toi, du moins, tu es à un âge où ces folies sont excusables...

MADAME DE SAULIEU

Mon Dieu , madame, je ne vois pas qu'à aucun âge il y ait nécessité de se mettre de façon à efi'rayer les oiseaux... Passez donc, madame.

LA COMTESSE

Je suis chez moi, madame. (Madame de Sanliea passe. — Elles sortent entre les deaz massifs qui ferment la scène sur le premier plan, puis s'éloignent à droite.)

HELENE, les salvant , puis reren^nt.

Ah I mon Dieu, j'oubliais.... bleues, les plumes, mon cousin, bleues, n'est-ce pas? et comme on les porte maintenant... en

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