SCÈNE XVIH
OONTfiAN, CAMILLE, LA COMTESSE, MADAME DE SAULIEU*.
LA COMTESSE
Est-il vrai, ma chère Camille, que vous ayez, -coirtraireaient à mon avis, Tintention de garder dan« votre maison la fille de Durel, malgré ce qui s'est passé?
CAMILLE
Oui, madame, cette enfant ne me paraît coupable que d'une éitourderie. La chasser, ce serait la perdre. Je crois que l'indulgence est ici d'une charité bien entemiue.
LA COMTESSE
Ahl je suis heureuse de vous voir prise de ce beau zèle de charité, vous qui daignez si rarement honorer de votre présence mes assemblées charitables du vendredi.
CAMILLE
Mon Dieu, madame, c'est que j'aime mieux faire la charité que d>n parler... Bref, je conïpte attacher cette enfant à mon service personnel... si Gontran le permet (La comtesse s'assoit près de u ubie :
Camille passe pris de Gontran.)
GONTRAN
Tout ce que vous voudrez, ma chère amie. Seulement, je vous ferai observer que cette promotion ne sera pas d*un très bon exemple... et vous connaissez la moralité du pays... elle n'est pas déjà si florissante! (a madame de sauiieu.) Vous ne sauriez vous imaginer, madame, à quel point nos paysans sont dépourvus de toute espèce de principes : c'est à ce point que, le dimanche, les trois quarts du temps notre église est vide.
CAMILLE
Mais, y allez vous, vous, mon ami?
GONTftAN.
Moi, ma chère amie... mais il me semble...
1. La comtesse et Mme de Saulieu arrivent par la droite, second plan. Camille, la Comtesse, Gontran^ Mme de Saulieu.