ACTE m
G N T R AN, il remonte un peu la scène cooime pour reprendre son calme et refaire son Tisage, puis aperoerani Seillanes et Dumesnil qui se promènent dans la galerie du fond, il les appelle en riant.
Ah! Seillanes 1 Dumesnil, venez dono... venez à mon aidel On attaque le sport... ici, les gens de cheval !
SEILLANES, gaiement.
Bah ! qui donc ça ? '
GONTRAN, avec un enjouement fiévreux.
Mais, M. Trévélyan... qui me dit là en riant des choses terribles.
TRÉVÉLYAN, souriant.
Oh !... terribles... (n est debout à droite près de la table ^.)
' GONTRAN
Mais, sans doute... J'engageais M. Trévélyan à nous accompagner après-demain à La Marche... Je cherchais à Tentrajner dans nos goûts, dans' nos plaisirs qu'un homme comme lui honorerait en leg partageant... Mais il ne veut pas... Il a pour les courses, pour le cheval, pour le sport enfin, une répugnance invincible... A travers sa courtoisie, j'entrevois que ces occupations qui nous passionnent lui paraissent un peu... puériles.
Oh! je a'ai pas dit cela!... Seulement, lorsqu'on fait de ces exercices la principale affaire de la vie, il me semble qu'on en exagère un peu le mérite et le sérieux... Pour moi, quand je vois au pied des tribunes ces petits messieurs qui s'agitent, une carte au chapeau, importants, affairés, ridicules...
SEILLANES.
Ah! diable, mais...
DUMESNIL
Dites-moi donc!
GONTRAN, les retenant.
Permettez! — Monsieur Trévélyan ! vous "oubliez que parmi ces petits messieurs il y en a de grands !
TRÉVÉLYAN.
Il me semble, monsieur, que ^'est relever bien sérieusement
une plaisanterie !... (Quelques inrltës, attirés par le bruit de la querelle, se groupent dans la porte, et dans le fond.)
\. Dumesnil, Gontran, Seillaàes, Trévélyan.
GONTRAN
Mon Dieu ! monsieur, c'est que cette plaisanterie n'est pas neuve à mes oreilles... Je sais (]u'on nous accuse de n'être bons à rien hors d'un champ de course ou d'une écurie... Gela e^t pénible à la longue! On devrait se rappeler que plus d'un parmi nous a su passer sans trop de désavantage de l'hippodrome dans les salons, dans le conseil, et su^ le champ de bataille !... qu'il n'est pas absolument nécessaire, pour avoir droit au titre d'homme sérieux et distingué, de marcher toujours dans le monde avec un portefeuille idéal sous le bras, de porter le masque solennel d'un diplomate...
TREVELYAN, l'interrompant, arec violence •
Le masque!... Après tout, monsieur, le masque d'un diplomate sied mieux à un homme... que la casaque d'un jockey!
GONTRAN, marchant sur lai .
Monsieur!
SEILLANES.
Messieurs!... Vovons... vous avez tort tous deux !
DUMESNIL
Vous le premier, Gontran, je vous assure!
goKtran.
Soit! monsieur... je suis chez moi... je l'ai peut-être trop oublié... Veuillez recevoir mes excuses... mais j'attends aussi les vôtres...
TRÉVÉLYAN.
Monsieur... quoique diplomate... quand je suis outragé, je ne reçois pas d'excuses... et surtout, je n'en fais pas!... (ueaiue.) Monsieur! à bientôt! j'espère! (n wrt par le fond.)
GONTRAN
Vous y pouvez compter, monsieur...
CAMILLE, éperdue, entre à gauche, entraînant Actiille, et paraissant
le supplier d'interrenir ; elle crie :
Gontran ! [puis tombe éyanuuie. Les femmes forment un groupe autour d'elle. )
GONTRAN
Ah! pauvre femme!.,. Appelez sa fille... appelez...
HELENE, accourant à sa mère. '
Ah I ma mère !
GONTRAN
Messieurs, je vous en supplie tous, pas un mot devant cette enfant!