SCÈNE VI
GONTRAN, ACHILLE
ACHILLE
Qu’arrive-t-il donc à ta Glle? elle a l’air tout singulier, ce matin, tout mystérieux.
CONTRAN.
Ce n’est pas sans raison, mon ami. Ah çà! mon cher Achille, nous sommes trop liés et depuis trop longtemps, pour qu'il me soit permis do te laisser ignorer les événements qui surviennent dans notre famille. Je vais te confier le secret : ma fille se marie.
ACHILLE, très -troublé et s'appuyant d'une main sur 1a table.
Ahi
CONTRAN.
Eh bien! quoil qu’as-tu donc?
ACHILLE
Rien, mon ami... jo suis enchanté dô ce que tu m’apprends... Ah 1 elle se marie... certainement elle le mérite... c’est-à-dire... je désire qu’elle soit heureuse. .. Et qui épouso-t-ello ?
CONTRAN.
C'est toi, mon ami... si tu veux, si tu veux !...
ACHILLE
Moi! quelle plaisanterie 1 Gontran, mon ami... vois -tu... ce
n’est pas bien.,, c'est maladroit cptle plaisanterie... c’est môme cruel, s’il faut tout te dire... car enfin... je puis te l’avouer maintenant... moi... j’aimais ta. fille... je l’adorais... secrètement...
GONTRAN
Secrètement, vraiment? Eh bien! cela se trouve a merveille, puisqu’elle t’épouse.
ACHILLE
Quoi! comment! vrai? ta parole?... (camm« «t HéUn« paraissent au
fond.-)
CONTRAN.
Demande-le-lui.