‹ La tentation piece en cinq actes et six tableauxChapitre 117 sur 173 · G ONT R A N · texte numérisé non relu

G ONT R A N

Je le crois aussi, ma chérie... Mais voyons...* ce choix témoigne d’une singulière révolution dans tes idées... Qu’est-ce qui s’est donc passé depuis six mois dans ta petite cervelle, hé?

HÉLÈNE

Mon Dieu ! je ne sais pas moi-mème. Je ne me reconnais plus. Je crois que c’est ma mère qui est coupable de la métamorphose.

G O N T K A N , attentif .

Ta mère?

HÉLÈNE

Oui, elle s’est tant occcupée de moi depuis... Tenez! depuis ce malheur qui vous a retenu si longtemps sur votre lit de souffrance... Il semblait que son affection pour moi comme pour vous en eût redoublé... Elle ne m’a plus quittée... elle m’a dit des choses... Enfin, peu à peu, je sentais que je devenais tout autre, que mes goûts, mes sentiments, mes idées sur le monde, sur la vie, se transformaient... que je comprenais à travers son âme si noble, si

élevée, ce qui est vraiment bien, vraiment beau, vraimentaimable... et enfin unbeau jour j’en suis venue sans m’en apercevoir.. .à aimer .

GONTRAN

Ton cousin Achille... Tu as bien fait... et tu me permets de le lui dire?

HÉLÈNE

Mais, mon père... réfléchissez... est-ce prudent? On ne sait jamais... s’il allait me refuser!

GONTRAN

Ah! décidément tu l’aimes... tu as peur! Non, je ne crois pas qu’il te refuse... je n’appréhende de résistance que du côté de tes deux grand’ mères, qui professent pour Achille une antipathie décidée... elles l’utilisent volontiers... mais elles ne l’aiment guère... il dit trop ce qu’il pense...

HÉLÈNE

Oh! mes grand’ mères... je m’en charge! j’ai un moyen!

GONTRAN

Comment?

HÉLÈNE

Je dirai à ma grand’mère de Vardes que ma grand’ mère de Saulieu ne veut pas de ce mariage, et réciproquement... et ainsi...

( Achuia parait au fond.) Chutl chut! mon père 1

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