‹ La tentation piece en cinq actes et six tableauxChapitre 30 sur 173 · CAMILLE, HÉLÈNE · texte numérisé non relu

CAMILLE, HÉLÈNE

CAMILLE

Quel brave garçon, n’est-ce pas, fillette?

ACTH I.

H ÉLÈNK.

Oh! idéal ! chère mère, idéal! Seulement, il est impardonnable de ne pas être parti plus tôt : car, encore faudra-t-il le temps d'arranger ces plumes sur ce chapeau... et le départ est pour midi très-précis.

CAMILLE

Voyons! je t’aiderai, va! Je les arrangerai, tes plumes!

Vrai? vous-même? de vos mains? vous descendrez à ces frivolités?

CAMILLE, avec tendresse.

Ne te mnque pas de ta mère. Approche, donne-moi ta main. Sais-tu que tu deviens très-jolie? (eu. lui prend ia. mains.)

HÉLÈNE

Non!

CAM ILLE

Et que je suis fière de loi, et que je t’aime bien... Je te regardais venir tout à l’heure sous ce beau soleil, à travers çes fleurs, de ton pied léger, et je me disais : C’est ma fille, cette jolie enfantlà; c’est ma fille, et cela me réjouissait le cœur.

HÉLÈNE

Ma mère !

CAMILLE, se levant.

Et toi, qu’est-ce que tu te dis, voyons? Ce ciel radieux qui éclaire ta beauté, cette campagne en fête qui te sourit, cette riante matinée qui chante à tes oreilles...

HÉLÈNE

Oh! n’est-ce pas, ma mère, quel adorable temps pour notre chasse 1 et quel plaisir de galoper dans les bois par cette belle journée!

CAMILLE

Ah! voilà tout ce quo cela t’inspire? Tu n’as pas d’autres secrets à me confier?

HÉLÈNE

Ah! s’il s’agit de secrets... peut-être^

Vraiment? Conte- moi donc cela!

HÉLÈNE

C’est que c’est très-grave, ma mère.

CAMILLE

Mais raison de plus.

HÉLÈNE

C’est que... bien sûr... vous ne pensez pas encore à me marier?

CAMILLE

Pourquoi pas, si tu aimes quelqu’un?

HÉLÈNE

Ma mère, j’aimerais bien à être marquise!

CAMILLE

Marquise ?

HÉLÈNE

Une jeune marquise... c’est si élégant, je trouve; c’est, si bien porté I

CAMILLE ^ inquiète .

Tu ne penses pas au marquis de Seillancs?

HÉLÈNE

Il ne vous plaît donc pas?

CA MIL LE

Ma pauvre enfant... je t’avoue qu’au premier abord...

HÉLÈNE

Mais cependant il a un beau nom, ma mère, une grande fortune... puis il est bien de sa personne... très-distingué... à cheval surtout... oh! à cheval, ma mère, il est vraiment remarquable... quand il passe au bois, tout le monde se retourne !

CAMILLE 1

C’est possible! mais avec tous ces mérites-là un homme peut fort bien n’ètre qu’un fat et un sot... Crois-moi, mon enfant, réfléchis encore; au moment de faire un choix d’où ta destinée tout entière dépend, no te préoccupe pas trop de ces avantages secondaires, de ces accessoires brillants qui séduisent ta jeunesse, et dont huit jours de ménage te révéleraient tout le néant. Tâche d’asseoir ton bonheur sur des bases plus solides, car la vie est longue, ma fille, et le bonheur plus difficile qu’on, ne le croit à

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