GONTRAN, CAMILLE, LA COMTESSE, MADAME DE SAULIEU
LA COMTESSE
Est-il vrai, ma chère Camille, que vous ayez, contrairement à mon avis, l'intention de garder dans votre maison la fille de Durel, malgré ce qui s’est passé?
CAMILLE
Oui, madame, cette enfant ne me parait coupable que d’une étourderie. La chasser, ce serait la perdre. Je crois que l’indulgence est ici d’une charité bien entendue.
LA COMTESSE
Ah! je suis heureuse de vous voir prise de ce beau zèle de charité, vous qui daignez si rarement honorer de votre présence mes assemblées charitables du vendredi.
Mon Dieu, madame, c’est que j'aime mieux faire la charité que d’en parler... Bref, je compte attacher cette enfant à mon service personnel... si Contran le permet (La comtesse s'assoit près de u tai.ie :
Camille passe près de Gontran.)
GONTRAN
Tout ce que vous voudrez, ma chère amie. Seulement, je vous forai observer que cette promotion ne sera pas d’un très bon exemple... et vous connaissez la moralité du pays... elle n’est pas déjà si florissante! (a. madame a 0 sauiiou.) Vous no sauriez vous imaginer, madame, à quel point nos paysans sont dépourvus de toute espèce de principes : c’est à ce point que, le dimanche, les trois quarts du temps notre église est vide.
CAMI I.LE.
Mais, y allez vous, vous, mon ami?
GONTRAN
Moi, ma chère amie... mais il me semble...
I. La comtesse et Mme de Saulien arrivent par la droite, second plan,
Camille, la Comtesse, Gontran, M®’ de Saulieu.