SCÈNE XXVI
CAMILLE reste un moment pensive et écoutant debout k droite, la main appuyée sur une chaise; DUREL, au fond. — On entend la fanfare de* trompes qui sonnent le départ et qui s'éloignent»
Voilà tout ce que j’en aime de leur chasse! (eu* passe près de la table, prend sa broderie dans la corbeille et s'assoit.) Mon Dieu ! que ces hommes qui sortent de table sont donc intolérables!... Qu’est-ce que c’est que ce papier? Des vers!... des vers! (Eiieiit. ) «(Vous que mon cœur devine... Qui sans doute ôtes belle... Et qui souffrez peut-être... Vos yeux laissent tomber un sourire ou des pleurs! » Mais c’est
assez bizarre, par exemple! Qui donc a pu?... Ce n’est aucun de mes centaures, bien certainement! Ce n’est pas Achille!... Eh bienl
qui donc ? (Elle appelle.) Dure) ! (qui se dirige vers U maison, à droite.)
DUREL, descendant. ) •
Madame!
CAMILLE
Est-ce qu'il est venu quelqu’un ici , que tu saches, pendant que nous déjeunions?
DUREL.
Ici, madame? non... C’est-ii-dire, il est venu un monsieur pour visiter le parc.
CAMI LLE.
Un monsieur?
DUREL.
Oui, madame.
C est bien, mon ami. (Durci remonte; à part.) Quelque fou! (Elle relit îos vers.) Et qui souffrez peut-être! Il a deviné cela pourtant!... Durel? (Eiie se lève, et remonte un peu la scène.) Un monsieur comment ?
DUREL, redescendant.
Un monsieur très-bien.
CAMILLE
Un étranger alors ?
DUREL.
Oui, madame, je ne l’ai jamais vu dans le pays.
CAMILLE
C’est bien. (Durel s'éloigne, elle regarde encore les vers, appuyée sur l'angle du massif à gauche , et dit en souriant.) Eh bien ! tant mieux, j aimerai l’inconnu !
(pendant toute cette scène on entend le son dos trompes dans l'extrême lointain.)
FIN DU PREMIF.lt ACTE.