LA FEMME DE CHAMBRE
Rien , madame. (Elle sort par une porte latérale à gauche.)
CAMILLE, remontant.
Ma bonne mère.
^MADAME DE SAULIEU
Bonjour, ma fille.
CAMILLE
Vous avez encore fait une folie pour Hélène,..
MADAME DE SAULIEU
Ohl rien... une petite coiffure... une misère... Ah c'a! il faut que je te remercie d’avoir bien voulu me confier ta fille pour ce soir... Madame d’Hermilly m’avait tant suppliée de l’amener...
CAMILLE
C’est moi qui vous remercie, ma mère... La pauvre enfant mourait d’envie d’aller à ce bal ; et comme je ne pouvais me décider à 1 accompagner, j’ai été trop heureuse... (Elle offre un «i£ge à sa m&re, et
se rassoit.) AsSeyeZ-VOUS.
MADAME DE SAULIEU, debout, s’arrangeant devant la glace qui est au-dessus de la cheminée à gauche, au premier plan.
Et ta précieuse belle-mère, qu’est^ce qu’elle dit?
CAMILLE , sur le canapé à droite.
Elle murmufe I
MADAME DE SALLIEU.
Une fée ! — Et ton superbe mari ?
CAMILLE
Ohl lui... toujours enchanté de toutes choses et de lui-même.
- MADAME DE SAULIEU
Et où est-il , ce monsieur?
CAMILLE
A son cercle,' naturellement.
MADAME DE SAULIEU, toujours devant la glace.
Jolie institution que leur cercle ! A la campagne, c’est la chasse; à la ville, c’est le cercle... Qu’est-co qu’ils veulent que nous fiassions, nous autres pendant ce temps-là?... Un soir, ma fille, pendant que ton père était à son cercle, car ça date de loin, cette invention-là... je me rappelle avoir reçu quatre déclarations consécutives au coin de mon feu... quatre amis de ton père, bien entendu... C’était lo 20 décembre 1829... («uintTers c*miiie) j’ai retenu la date... parce qu’enfin, quatre déclarations le même soir, c’est un fait... Mais tu ne m’écoutes pas... à quoi penses-tu ?... Montre-moi tes yeux... tu as encore pleuré!