ACTE II
MADAME nr MESNIL.
Ah! pas du toul, je vous assure... Je mène une vie Irès-colme,
au contraire... Je suis une femme d’intérieur, moi... mais mon
mari aime le monde : il faut bien que je le suive...
CAMILLE
EnGn vous vous résignez... Allez-vous directement chez madame d’Hermilly? Vous y trouverez ma mère et ma fille.
MADAME DU MESNIL
J'irai plus tard... Je vais d’abord passer une heure aux Italiens.
CAMILLE
Aux Italiens? qu’est-ce qu’on y donne?
MADAME DU MESNIL
Sémiramide.
CAMIL LE
Mais quelle ravissante toilette vous avez I... Et quel joli bouquet!... Mais vous avez dépouillé une serre !
MADAME DUMESNI L , après un mouvement de physionomie marqué.
Vous le trouvez joli, vraiment? Eh bien! je veux vous le laisser.
CAMILLE
Oh! chère enfant, mais non... je vous en prie!
MADAME DUMESNIL
Si, si, je VeUX VOUS le laisser. (Posant le bouquet sur la cheminée.) Je le
mets là... Vous penserez à moi !
CAMILLE, l'embrassant.
Oh ! vous êtes trop gentille, vraiment! Allons, voilà que vous rougissez encore!
MADAME DUMESNIL
Oui, je rougis encore, je rougis toujours... quelle mauvaise habitude!
C A M I L L E , riant.
Mais c’est la couleur de la vertu, mon enfant!
MADAME DUMESNIL
Et puis, je m’en vais... car mon mari est à côté du cocher... et il tombe de la neige, vous savez?
CAMILLE
Ali ! il est à côté du cocher, votre mari ?
MADAME DUMESML.
Oh certainement!... avec mes jupes* il ne pourrait tenir dans la voiture...
CAMILLE
Au reste, il aime tant le monde !
MADAME DÜMESNIL.
Oui... il aime tant le monde... Adieu, madame...
CAMILLE, la reconduisant.
Adieu... Merci encore! (Madame Dumesnil sort.)