SEUL ANES
Mais, madame, je lis... Je me suis remis à la lecture.
CAMILLE. '
Ah ! vraiment ?... Qu’est-ce qui vous est donc arrivé?
S El LL ANE S.
Mon Dieu, madame... mes goûts ont changé depuis quelque temps... J’ai perdu ma gaieté," ma folle insouciance do la vingtième année... Je n’aime plus que la solitude, ou la société des personnes avçc lesquelles on peut échanger quelques idées sérieuses, quelques sentiments vrais... Mon Dieu! mais c’est toute une révolution, me direz-vous. Vous êtes comme Ilippolvte de Racine...
Votre arc, vos javelots, votre char, tout vous abandonne!... Eh bien! oui, madame, c’est une métamorphose totale... moi qui n’avais jamais connu la mélancolie...
CAMILLE , souriant.
Mais vous avez encore un cheval, cependant ! Il est même trèsjoli... je l’ai remarqué tantôt en passant... Comment l’appelezvous ?
S E I L L A N E S , du m*me ton sontiment&T*
Justaucorps, madame... C’est un fils de Nuncio et de miss Waggs... Au surplus, je monte encore par routine... comme cola... car au fond...
Quoi ?
SEILLANES. .
Ah! croyez-le, madame, ce n’est pas un caprice passager, »ce n’est pas un sentiment vulgaire qui a pu transformer si complètement mes goûts, mes habitudes... Maintenant... pour emprunter encore le langage d’un poète... Corneille... je vois, je sais, je crois. Je suis entièrement désabusé... Je ne m’égare plus à la poursuite de vains plaisirs... Je sais où est le vrai bien, le seul bon-
heur désirable... Mais, me sera-t-il jamais donné do l’atteindre, • madame ? •
„ C A MILLE , froidement.
Mais que voulez-vous que j’en sache ?