POUR 100 DE MATIÈRES PRÉ€IPITBES
Terre de Boulogne
Terre de Neupble
(agilo-siliccuse)
Carbone. Humus, (i)
Carbone. Humus.
0,33 o.bà
Sable grosiier (dépoté en 10 leeoid») Sable fia (déposé en 5 minutei) Sable trèi fin (dépoté en 1 henre). .
Sable surfin (dépoté en 25 heures).
Argile (restant en suspension) (2).
On voit, par cet exemple, combien la séparation rigoureuse des éléments mécaniques est chose délicate et difficile, surtout en ce qui concerne les substances fines et colloïdales, Targile et Thumus proprement dits. A quelles causes faut-il attribuer ces imperfections et comment peut-on les corriger? Sans vouloir faire une critique approfondie des méthodes analytiques couramment employées, je me permettrai de soulever deux objections principales qui visent Tinsuffisance du décapage des particules et l'imperfection des moyens de séparation.
a) Les lavages à Teau, même quand ils sont prolongés, n'enlèvent jamais complètement Yenduit humo-argileux qui revêt les grains de sable ; si Ton veut détruire ce revêtement, il faut décaper les particules par un traitement préalzblQ a V acide oxalique. Ce corps a l'avantage de décomposer le calcaire et les autres sels calciques qui passent à Tétat d'oxalate de chaux ; il attaque les composés ferreux et ferriques associés à Targile et à, Thumus. Si la terre
(i) L'humus est calculé en doublant le carbone organique. (2) L'argile fut coagulée par du chlorure de potassium, à la dose, de 5 grammes par litre.
40 LA COMSTITUnON DU SOL
convenablement traitée est ensuite soumise à l'action d'un acide minéral étendu (acide chlorhydrique ou acide azotique) qui dissout Foxalate de chaux, puis mise en digestion pendant plusieurs jours dans de Teau ammoniacale, le résidu lavé à Teau peut servir à la séparation des éléments sableux^ et argileux. En suivant nos prescriptions, on obtient des sables d'une grande pureté (i).
b) Au lieu de réparer les composants siliceux et silicates par les procédés ordinaires, nous éliminons d'abord le sable grossier à l'aide du tamis n*' loo, puis le sable fin et le limon avec le tamis n° 240 ; enfin, pour la séparation de l'argile, nous utilisons les différences de densité. La matière est immergée dans une solution (formée d'un mélange d'iodurede méthylène et de xylène) dont le poids spécifique est légèrement supérieur à celui de l'argile. Sou» l'influence de la force centrifuge — nous nous servons d'un centrifugeur hydraulique -- la séparation se fait très rapidement ; les éléments sableux tombent au fond, tandis que l'argile se porte à la surface. Il suffit de recueillir séparément ces matériaux, de les laver, de les sécher et de les peser.
Lbs données pratiques. -^ Cest en se blasant sur les résultats obtenus par l'analyse physique qu« les agronomes modernes ont établi la nomenclature et la classification des terres.
C'est également de la constitution mécanique du
(1} L^flcide oxalique ayant la propriété de décomposer le carbo* aate 4e chanx arec dégagement d'acide carbonique, 00 pçut mesurer ce gaz et déterminer ainsi la proportion de calcaire ; la chaux totale (sauf ceUe des silicates) se dose dans la solution acide ; enfin, pour avoir la proportion de matière nuire du d'humu« actif, il suffit de précipiter la liqueur ammoniacale «t de recueillir l'acide humique*
CONSTITUTION FHYSIQ.UB 4È
Soi que dépendent ses qualités physiques propres. Celles-ci, comme nous le montrerons plus tard, influent considérablement sur la valeur culturale d'une terre donnée. Dans un sol simple^ exclusivement formé de sable, de calcaire, d'argile ou d'humus, les caractères physiques sont tellement exagérés que la culture devient parfois impraticable. Au contraire, lorsque les divers éléments mécaniques ou physiques se trouvent associés en proportions convenables (sols composés)^ la nature du milieu change totalement, et les végétaux s'y développent avec vigueur.
Classification agrologique. — Pour apprécier les qualités physiques du sol, on prend pour base de comparaison la terre franche^ qui possède, au plus haut degré, en raison de sa constitution, toutes les propriétés requises. Elle contient, en effet, pour loo parties :
Sables divers 60 à 70
Calcaire fin ...... . 10 à 20
Argile brute 10 à 15
Humus '. . . . 5 à 10
Bien que ces données n'aient rien d'absolu, puisque des sols plus riches en calcaire, en argile et en humus ne sont pas moins aptes à la production, elles offrent cependant un moyen d'appréciation assez utile pour la classification agrologique. 'Si les conditions de productivité dépassent les limites de la terre dite franche, si un autre mode d'association des éléments antagonistes, contrebalançant leurs effets, peut assurer la formation des particules terreuses et, de ce chef, l'ameublissement du sol, cela n'infirme en rien la valeur des données convention-
nelles, car un terrain ainsi constitué ne sera jamais inférieur aux autres par ses qualités physiques.
Mais des considérations non moins importantes montrent Futilité de la méthode comparative.
C'est elle qui a permis de grouper les terrains d'après leurs caractères extérieurs et d'établir ensuite une nomenclature 'rationnelle. Et s'il est d'usage encore, dans la pratique agricole, de distinguer des terres fortes et des terres légères, les cultivateurs savent très bien que la « force » et la « légèreté » des terrains (c'est-à-dire leur consistance plus ou moins grande) dépendent de l'état de division des particules et surtout de l'abondance de l'argile ou du limon impalpable.
Il semble ainsi, de prime abord, que la classification agrologique repose à la fois sur les qualités et la composition physique des terrains. Bien que ces caractères ne soient pas toujours incompatibles, il serait téméraire de les envisager simultanément d'une façon trop absolue. Du fait que les terres argileuses sont toujours des terres fortes, on n'est pas autorisé à dire que toutes les terres fortes sont argileuses. A mon avis, dans une classification agrologique rationnelle, il faut faire abstraction à^s fonctions de relation inhérentes au mélange terreux. C'est la prédominance des composants qui doit seule entrer en ligne de compte. Et voilà pourquoi la comparaison des données analytiques offre une réelle utilité. En ne considérant que les composants essentiels^ les sols arables peuvent se ramener à quatre types fondamentaux :
1° Les sols simples ou homogènes; 2° Les sols composés binaires ; 3° Les sols composés ternaires ; 4° Les sols normaux ou complets.
CONSTITUTION PHYSiaUB
Dans tous les cas, les éléments dominants (qui permettent de qualifier ou de nommer le terrain) forment les neuf dixièmes de l'ensemble. Le sol est supposé simple si l'un des composants y figure au moins pour 75 ou 80 pour 100, et à condition que la proportion de Fun des autres n'atteigne jamais 20 pour 100. Pour les sols composés, la dose limite de l'élément dominant sera comprise entre 50 et 60 pour 100 (sols binaires), 40 et 50 pour 100 (sols ternaires), 20 à 30 pour 100 (sols normaux).
Le schéma ci-dessous (fig. 2) résume la classification agrologique déduite de l'analyse physique.
Fig. 2. — Schéma synthétisant la classification et la nomenclature agrologiques. Le trait simple extérieur correspond aux sols homogines, le double trait aux sols binairss, et le triple trait aux sols ternaires.
Cette figure donne également la clé de la nomenclature des terrains dont nous allons rappeler brièvement les principes fondamentaux.
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Nomenclature agrologique. -^ En ce qui concerne la dénomination des terrains agricoles, deux cas sont à considérer suivant que le sol est simple, c'est-à-dire formé presque exclusivement par un seul élément mécanique, ou composé y c'est-à-dire formé par l'association de plusieurs éléments* Les règles de la nomenclature peuvent s'énoncer ainsi :
t^ Quand un élén)ent mécanique domine dans un sol, de manière à masquer tous les autres, on dit le sol argileux, sableux, oaloaire ou humifère selon la nature de l'élément dominant,
2? Quand plusieurs éléments se trouvent mélangés dans des proportions suffisantes pour imprimer leur cachet particulier, on est en présence d'un sol composé qui sera argilo-siliceux ou sablo-argileux, selon que l'argile ou le sable abondera, argilo-calcaire ou calcaro-argileux suivant qu'il dosera plus d'argile ou de calcaire, etc.
Dans l'un et l'autre cas, si le sable ou le calcaire revêtent un état moléculaire particulier, on devra l'indiquer en faisant suivre la désignation du sol du mot pierreux, caillouteux, graveleux, etc. On dira, par exemple^ sol calcaire pierreux, sol sahlo-argileux graveleux, etc.
On ne saurait trop recommander aux cultivateurs qui emploient encore des expressions locales, pour nommer les terrains, de se familiariser avec ces désignations intelligibles et faciles qui sont usitées par tous les agronomes. Une seule difficulté se présente parfois pour les terres binaires et ternaires où la prédominance des éléments n'est pas très accentuée.
Voici un sol composé d'argile et de sable : comment le nommerons-nous ? Est-il argilo-sableux ou sablo-argileux ? Quelles raisons, en dehors des données analytiques, pourraient-elles dicter plus sûre-ment notre choix ? Aucune. Il suffit par conséquent
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de se reporter aux données analytiques et de se souvenir que le nom du sol composé dérive de celui des éléments (dont la proportion dépasse ao pour loo) qui sont toujours énoncés par ordre d* importance, A la rigueur, pour les terrains incomplets, on peut mentionner, à la suite du nom générique, les éléments accessoires dont la dose excède 5 pour 100. On dirait, par exemploy sol,calcaro-humifére légèrement sableux.