‹ La terre arableChapitre 21 sur 77 · POUR CENT PARTIES · texte numérisé non relu

POUR CENT PARTIES

Sable fin (après 6 heures) . .

Sable surfin (après 12 heures) Sable surfin (après 18 heures) Limon n® i (après 24 heures) .

Limon n° 2 (après 30 heures) .

Argile coagulée (après 2 jours) Argile non coagulée (après 2 jours)

On voit combien diffèrent les divers degrés d'hydratation. Ce sont les éléments le plus fortement hydratés qui restent le plus longtemps en suspension. Le limon déposé après 30 heures contient 1,7 fois son poids d'eau ; l'argile coagulée après deux jours de repos, en accuse 72 parties, et celle qui reste en suspension pendant le même temps retient trois fois son poids. C'est donc la faculté d'hydratation, à la fois fonction de la ténuité et de la nature des éléments, qui règle le temps de dépôt des composants du limon et de la matière argileuse. Celle-ci possède des propriétés absorbantes notoirement supérieures, en raison de son origine même, et c'est cela qui la différencie. On pourrait dire que le limon contient V argile en puissance : une décomposition chimique suffit, en effet, pour le changer de forme.

3** Éléments argileux. — En raison de son origine et de ses propriétés, nous devons considérer l'argile comme un élément dérivé provenant de la décompo-

sition des feldspaths, et non comme une poussière très ténue de la roche primitive.

Examinée au microscope, à de forts grossissements, cette substance n'est guère perceptible ; on pourrait même la considérer comme invisible si elle était dépourvue de sable très fin. Elle fixe les colorants avec une rare intensité, mais ceux-ci déterminent aussitôt sa coagulation, et les grumeaux ainsi formés sont indéfinissables.

Et d'abord qu'est-ce que l'argile? Comment diffère-t-elle du sable fin? En 1874, à la suite de ses intéressantes recherches sur la coagulation des limons (i), M. Th. Schlœsing publia un important travail sur la constitution des kaolins. En les agitant au sein de l'eau, il remarqua qu'il se produisait, pendant le tourbillonnement, des reflets de lumière dénotant la présence de paillettes cristallines. Dès lors, il admit l'existence de plusieurs variétés d'argiles : une argile cristalline — parfois très ténue, visible au microscope, se déposant habituellement assez vite et n'offrant qu'un degré de cohésion comparable à celui de toute poudre minérale de même finesse — et une argile amorphe ou colloïdale, invisible, essentiellement plastique, et pouvant rester indéfiniment en suspension dans un liquide dépourvu d'agents coagulateurs ou de substances capables de l'entraîner.

Quand on essaye de séparer les divers silicates d'alumine naturels, en les délayant dans une eau alcalinisée, de façon à les mettre en suspension, on observe que la liqueur trouble, après plusieurs jours de repos, se scinde en couches horizontales nettement superposées dont l'opacité va croissant de haut en bas. Des kaolins très homogènes n'offrant

(i) Comptes rendus de rAcadémie des Sciences, t. LXX.

pas cette particularité, M. Schlœsing en conclut que ces couches correspondent à différents silicates qui viennent se classer suivant un ordre dépendant tout à la fois de la forme, des dimensions et du poids des particules.

Dans le sol, à Tétat naturel, les variétés d'argile se trouvent mélangées en proportions diverses. En réaUté, Vargile cristalline parait être un sable d'une extrême finesse. Il n'y aurait donc, en somme, qu'une véritable argile : Vargile colloïdale.

Je montrerai plus tard, d'après les recherches que j'ai effectuées, les transformations que l'argile peut subir sous l'influence de certaines actions chimiques. A mon avis, la forme colloïdale n'est pas la seule à considérer; elle cgjistitue un état spécial et temporaire. Pour le moment, il nous suffit d'admettre que les éléments argileux peuvent revêtir une forme colloïdale ou non colloïdale, leur plasticité étant toujours modifiable suivant les circonstances de milieu.

Composition des éléments silicates» — La constitution chimique des composés silicates, extraits du sol par la méthode analytique de M. Schlœsing, accuse des variations assez sensibles d'une terre à l'autre. Pour un sol donné, l'analyse décèle de grandes différences entre le sable fin, les écailles qui le recouvrent et l'argile brute. C'est ce qui ressort du tableau, suivant que nous empruntons à M. Schlœsing (i) :

(i) Comptes rendus de rAcadémie des Sciences, t. LXX.

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