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IV. — Ferments fixateurs d'azote

11 y a plus d'un demi-siècle, quand Boussingault entreprit ses intéressantes recherches sur l'assimilation de l'azote, on était bien loin de supposer que des êtres infiniment petits pussent contribuer efficacement à l'enrichissement du sol. On croyait alors que les eaux météoriques : pluie, neige, brouillard, etc., entraînaient, dans leur chute plus ou moins rapide, une forte proportion des composés nitrés qui se forment dans l'atmosphère sous l'action des effluves électriques, — xMais les multiples dosages effectués en Alsace par Boussingault, à Rothamsted par Lawes et Gilbert, ont montré que sous nos climats tempérés ces apports d'azote n'excèdent pas 6 à 8 kilogrammes par hectare et par an : ils sont notoirement trop faibles en comparaison des gains considérables réalisés par les terres de prairie.

Dès lors, il fallut chercher une^autre explication, et la question des plantes améliorantes vint à l'ordre du jour. Georges Ville, qui soutint avec tant d'ar-

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deur la théorie de la sidérât ion, ne réussit que très imparfaitement à faire prévaloir ses idées.

On se perdait alors en discussions confuses et parfois violentes. Bientôt, cependant, le mystère allait s'éclaircir. Et tandis que M. Berthelot démontrait le caractère microbien de la fixation de Tazote par le sol, Hellriegel et Wilfarth établissaient, d'autre part, le processus de la nutrition azotée des légumineuses. Ces grandes découvertes ne tardèrent pas à forcer Topinion : elles ont déjà inspiré des travaux du plus haut intérêt qui permettaient de dire, à Tun de nos plus éminents agronomes : « Le règne des engrais azotés finit, celui des bactéries commence. »

Données expérimentales. — De nombreux essais établissent que la terre arable s'enrichit sensiblement en azote par action microbienne. Mais les gains réalisés, pour un temps donné, dépendent à la fois de la nature du sol, de sa richesse en humus et de son état de culture. Pour déterminer l'enrichissement intégral du sol, il faut supprimer l'apport des fumures azotées, écarter toutes les causes d'épuisement ou établir le bilan rigoureux de l'azote apporté, exporté et perdu... Les analyses faites à de certains intervalles permettraient alors de suivre l'intensité de la sidération. Pratiquement, dans la grande culture, on ne peut guère appliquer ces moyens de recherche : à cause de l'entraînement des nitrates par les eaux et de la dénitrification, qui se produit parfois dans les couches profondes, les données recueillies sont toujours inférieures à la réalité. C'est donc aux essais de laboratoire, aux expériences en petit, aux cultures en pots qu'il a fallu recourir pour apprécier rigoureusement les gains d'azote des terres nues ou emblavées.

FERMBNTS FIXATEURS D A£OTB §09

Expéxienoes de M. Berthelot (i). — Les sols vierges ou cultivés, les sables ou Targile brute convenablement humectés fixent Tazote atmosphérique dans les conditions naturelles. En analysant des sables jaunes de Meudon, exposés à Tair pendant plus d*une année, M. Berthelot put constater un enrichissement faible mais continu en aT^ote combiné; il obtint, par kilogramme, les nombres suivants (en grammes) :

Le 35 mai 1884 0,0705

Le 30 avril 1885 0,0833

Le 10 juillet 0,1035

Le 34 ottobre 0,1105

Soit au total — par rapport à la richesse azotée primitive — un accroissement de o gr. 0400 ou de 57 pour 100 environ.

Après avoir reconnu que les terres et les sables stéri* Usés par la chaleur cessaient de s^enrichir en azote, M. Berthelot étudia comparativement les gains réalisés, en milieux semblables, par des sables et des argiles très pauvres, provenant aussi des environs de Meudon. Les échantillons furent placés dans des flacons. Analysés au début (azote initial) et & la fin de Texpérience — de mai à octobre 1885 — ils accusèrent tous un gain très sensible :

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