‹ La terre avant le déluge (volume 3)Chapitre 23 sur 49 · I. Empreinte de tenille de NmggeratbiB «i · texte numérisé non relu

I. Empreinte de tenille de NmggeratbiB «i

les derniers Produclus, parmi lesquels les Productus horridus (fig. 92) et aculeatm sont les plus caractéristiques. Un autre

Tig. «1. Prodacttu horridiu. (1/3 G. H.)

genre voisin qui appartient aussi à la famille des Productidées, le genre Stropkalosia, était hérissé de longues épines sur toute sa surËice. L'espèce la plus répandue, la SlrophalosiaSchtotitei-

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mii, abonde en Thuringe, en Angleterre et en Russie. Signalons enfin l'apparition de quelques huîtres, mais encore en très-petit nombre. Le Fenestrella représente les mollusques bryozoaires. Il y avait aussi quelques zoophytes qui n'avaient pas apparu jusqu'alors.

La planche 88 représente une me idéale de la terre pendant la période permienne. Au fond est un rideau de montagnes porphyriques e t syénitiques récemment soulevées, et pour ainsi dire encore fumantes. A gauche une éruption de matières gazeuses et d'eau vaporisée. Sur te rivage, à droite, s'élèvent les grands végétaux propres à cette période, c'est-à-dire des Lepidodendrons, des Calamités, des Fougères herbacées et le Walchia, restauré d'après sa ressemblance avec notre Araucaria gigantea moderne. Au bord de la mer, et mis à découvert par la marée basse, on aperçoit les mollusques et zoophytes propres à cette période, tels que des Productus, des Spirifer et des Encrines. Les jolies plantes, nommées Aslerophyllites , que nous avons signalées dans la période carbonifère, se voient dans l'eau, non loin du rivage.

Terrain permien. — Nous venons d'esquisser la physionomie de la terre à l'époque permienne. Quels sont les gttes, la puissance, la constitution minéralogique du terrain qui s'est formé par les dépôts des mers de cette période?

On divise le terrain permien en trois étages, qui sont, en allant de bas en haut :

1° Le nouveau grès rouge; 2o le zechstein; 3° le gris des Vosges.

Le nouveau grés rouge, dont l'épaisseur moyenne est de 100 à 200 mètres, existe dans une grande partie de l'Allemagne, en Angleterre, dans les Vosges, etc.; il ne renferme que de rares fossiles : ce sont des troncs silicifiés de Conifères, quelques empreintes de Fougères et de Calamités.

Le zechstein (pierre de mine), terrain ainsi appelé par les Allemands à cause des nombreux gisements métallifères que l'on rencontre dans ses diverses couches, ne présente, en France, que quelques lambeaux insignifiants; mais il atteint en Allemagne et en Angleterre une épaisseur de 150 mètres. 11 se fîompose de calcaires magnésien, argilifère, bitumineux : ce

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PÉRIODE PERMIENNE. 121

dernier est noirâtre et fétide. Les roches subordonnées sont des marnes, du gypse et des schistes bitumineux inflammables, jqni se rencontrent en grandes proportions dans le pays de Mansfeld en Thuringe, parmi les minerais de cuivre gris argentifère et plombifère, largement exploités dans cette contrée. Plusieurs de ses schistes cuprifères sont remarquables en même temps par les nombreux poissons fossiles qu'ils renferment. Aussi nomme-t-on en Thuringe ces schistes Kupfersckie/fer.

Le zechstein renferme les fossiles, animaux et végétaux, dont nous avons parlé plus haut.

Le grès des Vosges, habituellement coloré en rouge, et dont l'épaisseurpeut aller jusqu'à 100 ou 1 50 mètres, compose toute la partie septentrionale des montagnes des Vosges, où il forme d'assez nombreuses sommités plates, qui sont les témoins d'un ancien plateau entamé par les eaux courantes. Il ne contient que quelques rares débris de végétaux.

La France, l'Angleterre, l'Allemagne ne présentent que des affleurements très peu nombreux du terrain permien, si on les compare à l'immense étendue que ce terrain octupe dans la partie orientale de la Russie d'Europe. C'est du nom de la province de Perm, qui forme une grande partie de la Russie d'Europe, que l'on a tiré le nom de permien, pour la période et pour le terrain qui nous occupe. Ce terrain, qui se compose, dans cette partie de la Russie, d'une puissante alternance de calcaires, de marnes et degrés, renferme des Productus, des Fougères et même des reptiles et des poissons analogues à ceux du zechstein de l'Europe occidentale. On trouve dans le même terrain du gypse et du sel gemme, affleurant le sol, et que l'on exploite en grand '.

Il ne nous reste, pour terminer ce qui concerne la période permienne, qu'à signaler l'étendue géographique des mers et des continents à cet âge du globe.

Les mers couvraient alors une partie de la place occupée au-

1. En France, le terrain permien se confond paifois, par ses schistes, avec les schistes supérieurs du terram bauiller, et devient par cela mSme une cause de déception pour les mineurs qui travaillent sur cette couche, s'imaginant Sire prËs de la houille. Il coniient donc que cette circonstance soit eiptiquée dans les traités de géologie.

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jourdTiui par la chaîne des Vosges ; elles s'étendaient par la Bavière rhénane et le grand-duché de Bade, jusqu'en Saxe et en Silésie. Elles communiquaient avec l'Océan, qui occupait le centre de l'Angleterre, et la Russie.

Dans le reste de l'Europe, les continents ont peu varié depuis les périodes primitive, devonienne et houillère. En France, le plateau central formait une grande lie qui s'étendait vers le sud, probablement jusqu'au delà des Pyrénées; une autre tle se composait du massif breton. En Angleterre et en Russie, les continents s'élargissent considérablement vers l'est. Enfln, il parait qu'à la fin de l'époque carbonifère le continent belge vosgien s'étendait depuis les départements du Pas-de-Calais et du Nord, en France, traversant toute la Belgique, jusque bien au delà du Rhin.

Après avoir décrit YÈpoque de ùramition, nous allons entrer dans l'étude d'une époque nouvelle de l'histoire de notre globe, celle qui a reçu des géologues le nom d'Époque secondaire. Mais avant d'aborder cette époque, il sera bon de jeter un coup d'œil en arrière, pour résumer les faits dont le lecteur vient d'acquérir la connaissance.

C'est dans l'époque de transition que les plantes et les animaux apparurent pour la première fois, avons-nous dit, sur notre globe un peu refroidi. C'est alors que dominaient dans les mers, que régnaient, pour nous servir de l'expression consacrée, les poissons connus sous le nom de ganoîdes (de tovoç, éclat), à cause du poli de la carapace ou des écailles qui couvraient leur corps , et qui étaient souvent aussi compliquées que bizarres; — les Trilolntes, curieux crustacés qui naissent et disparaissent à jamais avec l'époque de transition; — une quantité immense de mollusques céphalopodes et brachiopodes ; — les Encrines, animaux de l'organisation la plus curieuse, sortes de fleurs minérales qui sont un des plus gracieux ornements de nos collections paléontologiques.

Mais parmi tous ces êtres, ceux qui dominaient, ceux qui étaient véritablement les rois du monde organisé , c'étaient les poissons, et surtout ces poissons ganoîdes, dont rien ne rap-

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PÏ3RI0DE PBRMIENNE. 123

pelle l'organisation dans les êtres vivants actuels , et qui , pourvus d'une sorte de cuirasse résistante, semblaient avoir reçu de la nature ce moyen de protection, pour assurer leur existence, et leur permettre de triompher de toutes les causes de destruction qui les menaçaient dans l'océan de l'ancien monde.

A l'époque de transition, la création vivante était dans son état d'enfance. Aucun mammifère ne troublait de ses cris la tranquillité des vallons ou des forêts ; aucun oiseau n'avait encore déployé ses ailes. Point de mammifères, ainsi point d'instinct maternel; aucune de ces douces affections qui sont, chez les animaux, comme les précurseurs de l'intelligence, comme une expression du cœur qui annonce une prochaine révélation de l'esprit. Point d'oiseaux, ainsi point de chantres des airs. Les poissons, les mollusques et les crustacés silencieux sillonnaient les profondeurs des mers ; l'immobile zoophyte y vivait de la vie obscure et presque inconsciente de ces êtres imparfaits. Sur les continents on ne trouvait que des reptiles fangeux et de petite taille, avant-coureurs de ces monstrueux sauriens qui devaient apparaître dans l'époque secondaire.

La végétation, pendant l'époque de transition, était surtout composée de plantes appartenant aux ordres inférieurs. Bien qu'elle comptât quelques végétaux élevés dans l'organisation, c'est-à-dire des Dicotylédones, c'étaient des cryptogames, les fougères, les lycopodes et les équisétacées, parvenus alors à leur maximum de développement, qui formaient la grande masse de la végétation.

Rappelons encore dans ce court résumé que, pendant l'époque dont nous venons de tracer le tableau, ce que l'on nomme aujourd'hui les climats n'existait pas. Les mômes plantes et les mêmes animaux vivaient alors au voisinage des pâles comme à l'équateur. Puisqu'on trouve aujourd'hui dans les terrains de transition des régions glaciales du Spitzberg et de l'Ile Melville presque les mêmes fossiles que l'on rencontre dans ces mêmes terrains situés sous la zone torride, il faut en conclure que la température était, à cette époque, uniforme sur tout le globe, et que la chaleur propre de la terre annulait et rendait inappréciable l'influence caloriGque du soleil.

Pendant cette même époque, le refroidissement progressif

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du globe occasionna de fréquentes ruptures et dislocations du sol; la croûte terrestre, en s'entr'ouvrant, livra passage aux roches dites ignées, au granit, ensuite aui porphyres et aux syéniles, qui surgirent lentement à travers ces immenses fissures, et formèrent des montagnes granitiques et porphyriques, ou simplement des fentes, qui se remplirent plus tard d'oxydes et de sulfures métalliques et formèrent ce que l'on nomme des fUons. Ces commotions géologiques, qui durent provoquer, non sur l'étendue entière du globe, mais seulement en certains lieux particuliers, de grands mouvements du sol, paraissent avoir été plus fréquentes à la fin de l'époque de transition, dans le moment qui forme le passage entre cette époque et l'époque secondaire, c'est-à-dire entre la période permienne et la période triasique.

n entre dans notre plan déconsidérer à part les phénomènes éruptifs, et de n'étudier qu'à la fin de cet ouvrage les roches dites éruptives, qu'il est avantageux, pour la clarté de l'exposition, de réunir en un seul et même groupe.

Les convulsions, les bouleversements qni agitaient la surface de la terre, ne s'étendaient pas néanmoins, notons-le bien, à sa circonférence entière; ces effets étaient restreints et locaux. C'est donc h tort que l'on admettrait, avec plusieurs géologues modernes, que les dislocations du sol, que les agitations de la surfôce du globe, se sont propagées dans les deux hémisphères, et ont eu pour résultat d'y détruire tous les êtres vivants. La faune et la flore de la période permienne ne difîôrent pas beaucoup de la flore et de la faune de la période houillère; ce qui montre bien qu'aucune révolution générale n'est venue ébrajiler la terre entre ces deux périodes. Ici, comme dans tous les cas analogues, il est donc inutile de recourir à aucun cataclysme pour expliquer le passage d'une période à l'autre. N'a-t-on pas vu de nos jours des espèces animales s'éteindre et disparaître sansla moindre révolution géologique? Sans parler des Castors, si abondants il y a deux siècles sur les bords du Rhône et dans les Cévennes, qui vivaient encore à Paris, au moyen âge, dans la

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PERIODE PEBMIENNE. 125

petite rivière de la Biëvre % et dont l'existence est maintenant Inconnue dans ces diverses contrées, on peut citer beaucoup d'exemples d'animaux perdus depuis des temps peu éloignés des nôtres. Tels sont \es Dinomis etVÈpiomis, oiseaux colossaux de la Nouvelle-Zélande et de Madagascar, et le Dronte (Didus), qui vivait encore à l'Ile-de-France en 1626. L'Uisus spxlms, le Cervus megaceros, le Bos primigenius , sont des espèces d'Ours, de Cerf et de Bœuf contemporains de l'homme, et qui sont éteintes aujourd'hui. Nous ne connaissons plus le Cerf à bois gigantesque que les Romains ont ûguré sur leurs monuments, et qu'ils faisaient venir d'Angleterre en raison des qualités de sa chair. Le Sanglier d'Érymanlke, si répandu dans l'antiquité, ne figure point parmi nos races actuelles, pas plus que les Crocodiles lacunosus et laciniaius, tronvês par Geofiroy Saint-Hilaire dans les catacombes de l'ancienne Egypte. Plusieurs races animales figurées sur les mosaïques de Palestrine , gravées et peintes avec des espèces actuellement vivantes, ne se retrouvent nulle part de nos jours, pas plus que les /.ions à crinUre frisée qui existaient autrefois en Syrie, et peut-être même dans Id Thessalie et le nord de la Grèce, Ira-t-on supposer des révolutions géologiques pour expliquer toutes ces disparitions d'animaux qui ne sont évidemment que des extinctions naturelles? De ce qui se passe de nos jours, il faut conclure, pour en revenir à notre sujet, à ce qui s'est passé aux temps antérieurs à l'apparition de l'homme, et restreindre dans une juste mesure cette idée des cataclysmes successifs du globe, dont on a tant abusé après Cuvier, et d'après ce naturaUste, qui s'est montré admirable de génie dans l'anatomie comparée, mais ■ qui ne saurait être considéré comme géologue, car il n'a jamais porté par lui-même son attention sur cette science.

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ÉPOQUE SECONDAIBE.

Fendant Vépoque de transition, notre globe appartenait aux êtres qui vivent dans les eaux, mais surtout aux crustacés et aux poissons ; pendant Vépoque secondaire, il va appartenir aux reptiles. Les êtres de cette classe revêtiront des dimensions étonnantes et se multiplieront singulièrement : ils seront les rois de la terre. Mais en même temps la végétation perdra beaucoup de sa puissance, et, par un effet d'équilibre que l'on observe toujours dans l'histoire de notre globe, le règne animal se développera considérablement pendant que le règne végétal perdra de son importance.

Les géologues s'accordent à diviser l'époque secondaire en trois périodes, les périodes triasigue, jurassique et crétacée, que nous allons étudier successivement.

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Cette période a reçu le nom de triasique, parce que les terrains qui la représentent étaient autrefois divisés en trois étages : les grès bigarrés, le muschelkalk et les marnes irisées. De ces trois groupes, on peut n'en former que deux ; la sous-période conchylienne, qui embrasse le grès bigarré et le muschelkalk, et la sous-piriode saliférienne.

Dans cette nouvelle phase de l'évolution du globe, les êtres difTèrent beaucoup de ceux qui appartiennent à Vépogvs de Iransilùm. Les curieux crustacés que nous avons décrits sous le nom de Trilobites ont disparu ; les mollusques céphalopodes et brachiopodes y sont peu nombreux, ainsi que les poissons ganoïdes et placoïdes , dont le règne se termine pendant cette période. Mais celui des Ammonites commence, et it prendra dans la période suivante un développement prodigieux. La végétation a subi des changements analogues. Les cryptogames, qui étaient à leur maximum de développement dans les terrains de transition, sont ici moins nombreux, tandis que les Conifères prennent une certaine extension. Quelques genres d'animaux terrestres ont disparu ; mais ils sont remplacés par des genres aussi nombreux que nouveaux. Nous voyons pour la première fois la Tortue apparaître au sein des mers et sur le bord des lacs. Les reptiles sauriens y prennent de grands développements; ils préparent l'apparition de ces énormes sauriens qui se montreront dans la période suivante, et dont la charpente offre de telles proportions et une telle étrangeté qu'elle saisit d'étonnement ceux qui contemplent ces restes gigantesques et pour ainsi dire encore menaçants.

Passons en revue les deux sous-périodes dont la réunion compose l'âge triasique.

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PERIODE TRlASigUE.

S0U8-PËRI0DE GONCHTLIENNE.

Les mers de la sous-période conchyîienne (ainsi nommée d'après la masse innombrable de coquilles que renferment la plupart des terrains qui la représentent) renfermaient, outre de très-nombreux mollusques, des reptiles sauriens de onze genres différents, des tortues, et six genres nouveaux de poissons revêtus de cuirasse.

Arrêtons-nous d'abord sur les mollusques qui peuplaient alors les mers. Parmi les coquilles caractéristiques de la période conchyîienne, nous citerons les Nalica Gaillardoli, Roslellaria antiqua, Lima Hneata, Ceraiiles nodosus, Avicula sodalis, Terebraltila communis, Mylilus eduUformis, Myophoria Goldfussii, Possidonia minuta.

Les Ceratites, dont on voit une espèce représentée ici (fig. 93), forment un genre très-voisin et comme le début des Ammonites, ou Cornes d'Ammon, qui ont joué un si grand rôle dans le monde ancien, et qui n'existent plus aujourd'hui, ni pour les espèces ni même pour le genre. Pig ^j

Les Myiitus ou Moules, qui appar- ceraiii*» Dodosos. {i/4 g. n.) ' tiennent en propre à la période conchyîienne, sont des mollusques acéphales, à coquille allongée triangulaire, à crochets pointus et terminaux ; on en trouve beaucoup d'espèces dans les mers actuelles. Les Lima myophoria, Possidonia et Avicula, sont des mollusques acéphales appartenant à la même période. Les genres Nalica et Rostellaria font partie des mollusques gastéropodes.

Parmi les Échinodermes appartenant à la période conchyîienne , nous citerons une Encrine, VEncrinus moniliformis ou

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ISS EPOQUE SECONDAIHK.

lUiiformis (6g. 94) dont les débris constituent, dans certaines localités, des couches entières du sol.

Citons encore, parmi les mollusques, l'At»cula subcostata, le PateUa lineata; le Myophoria pesanseris.

Ajoutons que par la présence de quelques genres propres à l'époque de transition, qui disparaissent à jamais dans cette période, et par l'apparition de quelques autres animaux propres à la période jurassique, la faune eonchylienne paraît être une faune de passage d'une période à l'autre.

\jes mers offraient alors quelques reptiles, probablement riverains (Phyiosaurus, Capxlosaurux), et divers poissons ( Sphxrodus, Pic- Hodus) .

Nous ne dirons rien des Tortues terrestres qui, pour la première fois, apparaissent à cette époque de l'histoire du monde; mais nous devons signaler avec quelque soin un reptile gigantesque sur lequel les opinions des géologues ont assez longtemps varié.

Sur les terrains argileux de l'époque eonchylienne, on trouve souvent des empreintes de pas d'animaux, telles que les représente la figure 95. Toutes ofl'rent cinq doigts, disposés comme ceux de la main humaine. Ces pistes sont dues à un reptile dont les pieds de devant étaient plus grands que ceui: de derrière. Ou n'a retrouvé que la tète, le bassin et une partie de l'omoplate de cet animal, que l'on considère comme un batracien gigantesque. Il est à croire que sa tète n'était pas nue, mais protégée par un écusson osseux ; ses mâchoires étaient années de dents coniques, très-fortes et d'une structure compliquée. On donne les noms de Ckeirotherium ou de Labyrintkodon à ce curieux animal, représenté parla figure 96. Un autre reptile de grandes dimensions, et qui semble nqg^

i^«Ç^?P^iJ*(*^''l«^*'iiH?apsia(M,rt^fgi}B^fl(ii()aî^î^ofisp^fi4tf

Fig. 95. Empreinte! fos^les de Lab^rintbodon oa de CheitDtb<rinm. (1/3 <!. VA

FIg. H Ubjrrlalliadon resMUré (.ino G. N.

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Crocodile marin que l'on verra représenté plus loin (fig. 102, p. 139).

FIg. 97. Empreintes de pas d'animal dans le terrain (riuiqiw.

D'après d'aulres empreintes de pas qui se rencontrent dans

, Fig. 9». Empreintes de pas d'animal avec emprsintei de gouttes de pluie. (I/I G. N.)

le même terrain, on a cru pendant quelque temps, que les oiseaux ont commencé d'apparaître dès la période qui nous oc-

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cupe. La tigure 97 représente ces empreintes ; la figure 98 montre les empreintes d'un animal de plus grande taille, accompagnées d'empreintes de gouttes de pluie.

On ne saurait admettre aujourd'hui l'opinion qui attribue à des oiseaux ces vestiges de pas. En effet, aucun débris de squelette d'oiseau n'a jamais été rencontré dans les terrains conchyliens, et les empreintes figurées ici sont tout ce qui peut être invoqué à l'appui de cette hypothèse. On peut attribuer ces pisles à «n reptile encore inconnu, et dont les pattes auraient offert la disposition représentée dans ces deux figures.

M. Ad. Brongniart place dans la flore de l'étage conchylien le commencement du règne des plantes dicotylédones gymnospermes. Le caractère de cette flore est d'être composée de Fougères assez nombreuses , constituant des genres actuellement détruits et qui ne se retrouvent même plus dans les terrains plus récents : tels sont les Anomopteris et le Crematopleris, Les vrais Equisetum y sont rares ; les Calamités, ou plutôt les Calamodendron, y sont abondants. Les gymnospermes y sont représentés par les genres de Conifères VoUsia et Haidingera, dont les espèces et les échantillons sont très-nombreux dans les terrains de cette période.

Parmi les espèces végétales tout à fait caractéristiques de cet étage, nous citerons : le Neuropteris etegans (fig. 99), le

Tif. US. Neuropteris ïlcgana. (fi. K.)

Calamités arenaceus, le Yoltsia heterophylla (fig. lûO), VHaidingera speciosn.

Les Haidingera (de la tribu des Abiétinées) étaient des plantes

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h feuilles larges, analogues à celles de nos Dammara actuels, rapprochées et presque imbriquées comme celles de nos i4raucaria. Leurs fruits, qui sont des canes à écailles arrondies, imbriquées et ne portant qu'une seule graine, paraissent établir des rapports assez positifs entre ces plantes fossiles et nos Dammara.

Les Yoltzia, qui formaient la plus grande partie des forêts de, cette époque, constituent un genre éteint de la tribu des Cupressinées, très-bien caractérisé parmi les Conifères fossiles. Les feuilles alternes, en spirale, formant cinq à huit rangs, sessiles et décurrents, ont beaucoup d'analogie avec celles des Cryptomeria. Leurs fruits sont des c6nes oblongs à écailles lâchement

Fig. 100. Voltiia heleropbjrlh. (l/ï T., N.)

imbriquées, cunéiformes et ordinairement à trois ou cinq lobes obtus. Nous représentons dans la figure 101 diverses parties d'un voltzia restauré.

Dans sa Géographie botanique, M. Lecoq donne en ces termes une idée de la végétation du monde ancien pendant la première partie de la période triasique :

f Pendant que les grès bigarrés et les marnes irisées déposaient lentement dans les eaus leurs couches régulières, de magnifiques fougères af^taient encore leurs frondes légères et découpées. Divers Protopterii et de majestueux Neuropteris s'associaient en forêts étendues, où végétaient aussi le Crentatopterh typiea, Schimper, V Anomopteris Mongeotii, Brongn., et le joli Trîchomanites myriophyllum, Brongn. Les Conifères,

prennent dès cette époque ud développement plua considérable et forment de gracieuses forêts d'arbres verts, c D'élégantes Monocotjlédones, rappelant les formes des contrées

ut de voltiU reaUaié

éqaatorîales, semblent se montrer pour la première fois; VVwxita mgesiaeut, Schimp., forment des groupes serrés et étendus, « Une famille jusqu'ici douteuse apparaît sous la forme élégante du

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Nihonia Hoga'di, Schimp, , Ctenis Hngirdi, Brongn. Elle se montre encore dans le Zamites vogesiacus, Schîmp. ; et le groupe des Cycadées, joignant en partie l'organisation des Conifères à l'élégance des palmiers, vient orner la terre qui révèle dans ses formes nouvelles toute sa fécondité,

« Des plantes herbacées s'étendent sur le sol des forêts, ou se baignent dans les marais attiédis. La plus remarquable est YŒtheophyllum tpedomm, Schimp., dont l'organisation se rapproche à la fois des Lycopodiacées et des Thyphacées, \](ElbeopkyUum ttipulare, Brongn., elle curieus Schizoneura paradora, Scbimp. Ainsi commence, pour se développer par la suite , le règne des Dicotylédones à graines nues, des Angiospermes, composées principalement de deux familles encore bien représentées sur la terre, les Conifères et les Cycadées. Les premières, d'abord très-abondantes, s'associent aux Cryptogames cellulaires, qui abondent encore sur la terre et qui paraissent en voie de dëcroissement; puis aux Cycadées, qui se montrent avec timidité et qui bientôt prendront une large part dans les brillantes harmonies du règne

C'est pour réunir dans un tableau idéalisé l'ensemble des plantes et des animaux propres à la sous-période conchylienne qu'a été composée la planche 102.

Cette vue de l'ancien monde nous transporte au bord de l'Océan, au moment où les flots sont agités par un vent violent ou un orage passager. Le reflux de la mer a laissé k découvert les animaux aquatiques, tels que de belles Encrines, à la tige longue et flexueuse, des Mytilus et des Térébratules. L'énorme reptile qui se dresse sur un rocher et se prépare à se jeter sur cette proie, est le Nothosaurus. Non loin de lui courent d'autres reptiles du même genre, mais d'une plus petite espèce. Sur la dune du rivage s'élèvent les magnifiques arbres propres à la période conchylienne, c'est-à-dire les Haidingera, au large tronc, aux rameau: et au feuillage inclinés, dont les Cèdres de notre époque peuvent nous donner l'idée. Les élégants Vohzia se voient au second plan de ce rideau de verdure. Les reptiles qui vivaient dans ces forêts primitives, et qui devaient leur donner un si étrange caractère, sont représentés par le Labyrinthodon, qui descend vers la mer en laissant sur le sable du rivage ces curieuses traces qui se sont conservées jusqu'à nos jours, par suite de la consolidation de ces sables, vestiges étonnants des plus anciens âges du monde, que la science actuelle interroge avec curiosité.

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7«Taùi eonchylien. — Indiquons la composition minéralogiqne et l'extension géographique de l'étage qui s'est formé par les dépdts des mers pendant la sous-période conchylienne.

Cet étage se compose :

1° Des grès bigarrés, qui contiennent beaucoup de végétaux, peu de débris animauT, et dans lesquels on trouve presque constamment des empreintes de pas du Labyrinthodon dont U a élé question plus haut;

2" De couches de calcaire compacte, souvent grisâtre ou noirâtre, alternant avec des marnes et des argiles, et qui sont criblées d'une si grande quantité de coquilles, que l'on a donné à ce groupe le nom allemand de muschelk<Uk (calcaire coquillier).

L'étage eonchylien se montre en France, dans les Pyrénées, autour du plateau central, dans le Var, et sur les deux versants des Vosges. II s'étend du nord au sud dans toute la longueur de la. Grande-Bretagne, en Ecosse et en Irlande. H est représenté dans toute l'Allemagne, en Belgique, en Suisse, dans les Ëtats sardes, en Espagne, en Pologne, dans le Tyrol, dans la Bohême, dans la Moravie, en Russie. M. d'Orbigny l'a vu couvrir de vastes surfaces sur les régions montueuses de la république de Bolivie, dans l'Amérique méridionale. On l'a signalé aux États-Unis, dans la Colombie, les grandes Antilles et au Mexique.

Le terrain eonchylien est réduit, en France, à l'étage des grès bigarrés, excepté autour des Vosges, dans le Var et la Portt Noire, où il est accompagné du muschelkallc. .

Les grès bigarrés fournissent à une partie de l'Allemagne des matériaux de construction. Les grands édifices, en particulier les cathédrales que l'on admire en descendant le Bhin, telles, ^ par exemple, que celles de Strasbourg et de Friboui^ (en Brisgau), sont construites en pierres énormes de grès bigarré. Les teintes sombres de ces pierres relèvent singulièrement la grandeur et la majesté de l'architecture gothique. Des villes entières de l'Allemagne sont bâties avec les pierres d'un brun rougeâtre que l'on retire des carrières de grès bigarré. -ijon 9b \ni:mf -fjvn uJ .eîtligiijJ» uo «-iii'ijnii sb it ni'ifim ha yu -aibaiiiiûdi tisb iWiai m 14 '.3wà 'iffi'ini i;l iGij aiuoLuoi .ueav

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SOUS-PÉEIODE SALIFIrIENNE.

Le terrain, d'une étendue assez médiocre, qui s'est formé pendant cette sous-période, porte le nom de scdiférien, parce qu'il est caractérisé parla présence de gisements considérables de sel marin.

Quelle est l' origine des puissants dépôts de sel marin que l'on trouve dans ce terrain, et qui alternent toujours, par couches minces, avec des argiles ou des marnes? On ne peutl'attribuer qu'à l'évaporation de grandes quantités d'eau de mer fortuitement introduites dans des dépressions, des cavités ou des golfes, que les dunes venaient ensuite séparer de la haute mer.

La planche 103 met en évidence le fait naturel qui a dû se produire et se répéter sur d'immenses étendues de rivages, pendant la sous-période saliférienne, pour former les masses considérables de sel gemme que l'on trouve aujourd'hui dans le terrain correspondant à cette période. A droite est la mer, qu'une dune considérable sépare d'un bassin tranquille, à fond vaseux et argileux. A certains intervalles, et par des causes diverses, la mer, franchissant cette dune, vient remplir le bassin. On peut supposer encore qu'il existe là un golfe qui communiquait primitivement avec la mer : les vents ayant élevé cette dune de sable, le golfe s'est trouvé transformé en un bassin clos de toutes parts. Quoi qu'il en soit, les eaux de la mer une fois renfermées dans ce bassin sans issue et ii fond argileux, s'y évaporent par l'effet de la chaleur solaire, et laissent comme résidu de cette évaporation un lit abondant de sel marin, mêlé aux autres sels minéraux qui accompagnent le chlorure de sodium dans l'eau de la mer, c'est-à-dire au sulfate de magnésie, au chlorure de potassium, etc. Cette couche de sel laissée par l'évaporation de l'eau est bientôt recouverte par l'argile et la vase qui étaient suspendues dans l'eau bourbeuse du bassin, et il se forme ainsi une première couche alternante de sel marin et de marnes ou d'argiles. La mer venant de nouveau, toujours par la m^me cause et çn vertu des mêmes dis-

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PÉRIODE TRIAaiQUE. U5

positions locales, remplir ce bassin, ces nouvelles eaux s'évaporent, el une seconde couche de sel marin, bientôt recouverte d'un banc terreux, vient s'ajouter à la première. C'est par la succession régulière et tranquille de ce phénomène pendant de longs siècles que s'est formé cet abondant dépôt de sel gemme que l'on trouve enfoui dans le terrain secondaire, et qui est exploité dans divers de nos départements, dans le département de laMeurthe, àYic, Dieuze et Château-Salins, dans le département de la Haute-Saône, comme aussi dans plusieurs parties de l'Allemagne.

La planche 103 est à la fois une vue pittoresque de la terre pendant la période saliférienne et une figure de démonstration destinée à expliquer l'origine du sel gemme dans les terrains secondaires. Une coupe théorique du sol faite au premier plan laisse voir les couches de sel formées par le mécanisme géologique qui vient d'être analysé. Ces couches sont inclinées obliquement, par suite d'un mouvement du sol, postérieur à leur dépôt.

Nous n'avons rien de particulier à dire sur les animaux qui sont propres à la sous-période saliférienne. Les animaux qui peuplaient alors les rivages des mers étaient les mêmes que ceux de la sOtis-période conchylienne.

A cette époque, les continents, encore peu montagneux, étaient coupés çà et là par de grands lacs, bordés par des rivages plats et uniformes. Les végétaux qui croissaient sur ces rivages étaient fort abondants , et l'on en possède un assez grand nombre. Lailore sahférienne se compose de Fougères, d'Equisétacées, de Cycadées, de Conifères et de quelques plantes que M. Brongniart range parmi les Monoeotylédones douteuses. Parmi les Fougères , nous cilerons plusieurs espèces de SphenopUris ou Pecopteris, et, entre autres, le Pecopteris Slultgartimsis, arbre à tronc cannelé, qui s'élève sans pousser de rameaux jusqu'à une certaine hauteur et porte une couronne de feuilles découpées et à long pétiole ; l'Equiselites columnarû, grande Équisétacée analogue aux Prèles de notre époque, mais de dimensions infiniment plus considérables : sa longue tige en colonne, surmontée d'une fructification en têteal-

longée, dominait tous les autres végétaux des terrains marécageux.

Les Pterophyllwm Jœgeri et Munsteri représentaient les Cycadées, le Taxodites munsterianus représentait les Conifères; enfin, sur le tronc des Calamités grimpait une plante à feuilles elliptiques, à nervures recourbées, portées sur de longs pétioles, à fruits disposés en grappes : c'est la Presleria antiqua, Monocotylédone douteuse pour M. Brongniart, et que M. Unger place dans la famille des Smilax, dont elle serait le premier représentant. Le même savant rapporte à la famille des Joncs une plante marécageuse très-commune à cette époque, le Palxoxyris Munslcri, que M. Brongniart range, avec la Presleria, parmi les Monocotylédones douteuses.

M. Lecoq, dans sa Géographie botanique, caractérise comme il suit la végétation pendant la dernière partie de la période triasique ;

« Les Cryptogames cellulaires y dominent comme dans le terrain houiller, mais les espèces sont changées et beaucoup de genres sont différents; les Cladepkkbis, les Sphenopteris, les Coniopteris et Pecopteris dominent au milieu des autres fougères par le nombre de leurs espèces. Les Éçuisétacées sont plus développées que dans tous les autres terrains. Une des plus belles espèces est le Calamités arenaceus, Brongn., qiii devait constituer de grandes forêts. Les troncs cannelés simulaient d'immenses colonnes, au sommet desquelles des branches feuillées, disposées en gracieui verticilles, devaient montrer les formes élégantes de notre Eguisetum sylvaticum. Ailleurs naissaient en société de curieux Equisetumel des £gutse(ites singuliers, dont une espèce, l'fi.coimnnariï, Brongn., élevait à une grande hauteur ses tiges herbacées aux articula- ■ lions stériles.

t Quel aspect singuher présentaient alors ces terres anciennes, si l'on ajoute <k leurs forêts les Plerophyllum et les Zamites de la belle famille des Cycadées, et les Conifères qui venaient en même temps sur ces terres humectées !

c C'est à cette époque, encore placée sous le règne des Dicotylédones angiospermes, qu'il faut rapporter la première apparition des vraies Monocotylédones. La Presleria antiqua, Sternber., auï longs pétioles, suspendait, en grimpant, sur les vieux troncs, ses grappes de baies colorées, comme le font aujourd'hui les Smilax, à la famille desquelles la Presleria pouvait appartenir. Ailleurs, au milieu des marécages, naissaient les touffes des Patxoxyris Munsteri, Sternb., graminée enjoncée peut-être, qui égayait les bords des eaux,

t On voit que pendant longtemps la terre a conservé sa végétation primitive, et c'est avec lenteur que des formes nouvelles s'y introdui-

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sent et peuvent s'y multiplier. Mais si nos types actuels font défaut à ces époqiies reculée^, nous devons reconnaître aussi que les plantes qui, panpi nous, représentent la végétation du monde primitif, sont souvent déchues de leur grandeur. Nos Prèles et nos Lycopodiacées sont de faibles images des Lépidodendroos et des Calamités, et les Astérophyllitées avaient déjà quitté le monde avant l'époque que nous décrivons. *

Les principaux végétaux qui appartiennent à cette époque se voient représentés sur la falaise qui termine à gauche la Vue idéale de la terre pendant la sous-période satiférienne (fig. 103, p. 143). Les arbres élégants et de haute taille sont les Calamités arenaceus; au-dessous se voient les grandes Prêles de cette époque, les Equiseliles columnaris, espèce de cierges élancés, de consistance molle et parenchymateuse, qui, se dressant sur les rivages, devaient donner une étrange physionomie à ces plages solitaires.

rCTTamso/t/ërieji.— Ce terrain se composed'un grand nombre de couches argileuses et marneuses , irrégulièrement colorées en rouge, en jaune bleuâtre ou verdâtre. Ce sont ces colorations diverses qui ont fait donner autrefois à cet étage géologique le nom de manies irisées. Ces couches alternent souvent avec des grès, qui sont aussi diversement colorés. Comme roches subordonnées, on Irouve dans ce terrain quelques gîtes de combustible (houille maigre, pyriteuse)etdij gypse. Mais ce qui le caractérise avant tout, ce sont les puissantes couches de sel gemme qu'il renferme. Ces couches salifères , souvent de 7 et jusqu'à 10 mètres d'épaisseur, alternent avec des couches d'argile; l'ensemble de celte alternance atteint quelquefois une épaisseur de 1 50 mètres.

En Allemagne , dans le Wurtemberg , en France , comme à Vie et à Ûîeuze (Meurthe), le sel gemme du terrain saliférien est soumis à une exploitation industrielle. Dans le Jura, on extrait le sel d'eaux très-chlorurées qui sortent de cet étage.

Appartenant à des terrains situés assez profondément, ces gisements de sel gemme ne peuvent être exploités avec autant de facilité que ceux qui existent dans des terrains plus récents, c'est-à-dire dans les terrains tertiaires. Les assises de sel gemme de Vielizka en Pologne, par exemple , peuvent être débitées à

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ciel ouvert ou par des galeries peu profondes, parce qu'elles se trouvenl dans des terrains tertiaires situé»à peu de profondeur; mais les gisements de sel des terrains triasiques 'sont placés trop bas pour qu'on puisse les atteindre par des galeries. On se conlente donc de forer des puits, que l'on remplit ensuite d'eau. Cette eau se charge de sel marin ; on retire cette dissolution au moyen de pompes , et on la fait évaporer pour obtenir le sel cristallisé.

Le terrain saliférien se montre, en Europe, sur beaucoup de points divers, et il n'est pas difficile d'en suivre les affleurements. En France, il apparaît dans les départements de l'Indre, du Cher, de l'Allier, de la Nièvre, de Saône-et-Loire. Sur le versant occidental du Jura, on en voit poindre un lambeau auprès de Poligny et de Salins. Sur le versant occidental des Vosges, il se montre dans le Doubs ; puis il forme partout une lisière sur l'étage conchylien, dans la Haute-Saâne, dans la Haute-Marne, dans les Vosges; il s'élargit beaucoup dans la Meurthe (Lunéville, Dieuze), dans la Moselle; 11 s'étend au nord à Bouzonville et dans le grand-duché du Rhin ; à l'est du Luxembourg jusqu'à Dockendorf. Quelques affleurements se voient sur le versant oriental des Vosges, dans le Bas-Rhin. Le même étage se retrouve en Suisse et en Allemagne , dans le canton de Bâle, dansl'Argovie, dans le grand-duché de Bade, dans le Wurtemberg, dans le Tyrol, dans le Salzbourg. L'étage commence à l'orient du Devonshire, en Angleterre, et forme une bande plus ou moins régulière qui passe dans le Somersetshire, le Glocestershire, le Worcestershire, le Warwick, le Leicestershire, le Nottingham, et va s'achever dans le Yorkshire, à la rivière de Tees. Un lambeau indépendant se voit dans le Chestershire.

Si l'étage saliférien est pauvre en débris organiques, en France, il n'en est plus de même de l'autre côté des Alpef ; citons en particulier le Tyrol et les couches si remarquables de Saint-Cassian, Aussec et Hallstadt, où la roche est pétrie d'un nombre immense de fossiles marins. Parmi les céphalopodes se voient des Cératites et surtout des Ammonites de forme toute particulière et dont les lobes sont indéfmiment découpés comme la plus fine dentelle. Le genre Orikoceras que

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nous avons vu abonder pendant la période silurienne , et se continuer pendant le dépôt des terrains devonien et carbonifère, apparaît ici pour la dernière fois. On y trouve encore une grande quantité de gastéropodes et de lamellibranches aux formes les plus variées, les derniers représentants de la famille des Productus. Des Oursins, des Polypiers de structure fort élégante, peuplaient, de l'autre côté des Alpes, les mers qui étaient en France et eu Allemagne presque entièrement privées d'animaux. Certaines couches sont littéra- ' lement formées d'une immense accumulation de coquilles appartenant au genre Avicrda.

En suivant la grande arête montagneuse des Alpes et des

Myophoriallneata.fG. H.) StelKsponglivariabilis. (G.N.)

Karpathes, on retrouve partout le terrain saliférien remarquable par cette grande accumulation d'Avicules. Ce môme faciès se présente dans des conditions identiques en Syrie, dans l'Inde, à la Nouvelle-Calédonie, à la Nouvelle-Zélande, en Australie, etc. Ce n'est pas le caractère le moins curieux de cette période, d'offrir, d'un côté de l'emplacement des Alpes (qui n'étaient pas encore soulevées), une immense accumulation de sédiments chargés de gypse, de sel gemme, etc., sans débris

organiques, tandis que la ligne de séparation que marque cette région nous offre une série remarquable par l'accumulation extraordinaire des débris de mollusques marins.

Parmi ces espèces nous représentons (fîg. 104, I0& et 106) l&Myophoria lineala qu'on a souvent confondue avec les Trigonies, la Patella lineata et le Slellispongia varialntis.

Nous avons représenté, sur une première carte, l'état de la France future après les dépôts formés par les mers primitives. Les terrains déposés par les mers depuis cette époque, dans les lieux qui devaient former la France , sont assez nombreux pour que nous en donnions une représentation géographique. C'est ce que l'on a fait sur la carte placée en regard de cette page, qui retrace l'état de nos continents après les dépôts laissés par les mers triasiques. Les sédiments déposés à cette époque, par les mers, dans les lieux qui devaient former la France, appartiennent aux terrains primitif, permiea, houiller et triasique.

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Cette période, l'une des plus importantes dans l'histoire de notre globe, a reçu le nom de jurassique , parce que les montagnes du Jura, en France, sont en grande partie composées de terrains que les mers ont déposés pendant cette période.

La période jurassique offre un ensemble de caractères fort tranchés, tant pour les animaux que pour les plantes. Un grand nombre de genres d'animaux appartenant aux périodes précédentes ne se montrent plus ; beaucoup d'autres viennent les remplacer, et composent un groupe organique très-spécial, qui ne compte pas moins de quatre mille espèces.

Nous subdiviserons la période jurassique en deux souspériodes : celle du Lias et celle de VOolUhe. Après avoir fait l'histoire de ces deux âges du globe, nous décrirons les terrains sédimentaires qui se sont déposés à cette époque, et qui constituent la partie moyenne du terrain secondaire.

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