De â'tùTÙ,rj: , sans défense; 6tqç,{ûv, animal
traduire par le dessin les formes de YAnoplothèrium commun Son mémoire sur les Pachydermes fossiles de Montmartre est accompagné d'un dessin au trnil que nous n'avons eu qu'à
Fig. 255. Anoplothérium commun. (1/20 (',. N.
suivre pour représenter, dans la figure 255, YAnoplothèrium commun.
Il existait des Anoplothériums de petite taille : YAnoplothèrium leporinum ou lièvre, dont les pattes étaient disposées pour une course rapide; YAnoplothèrium minimum et obliquum, de taille plus petite encore, et dont le dernier ne dépassait pas celle du Hat. Comme les Rats d'eau, ces petites espèces habitaient les bords des ruisseaux et des petites rivières.
Le Xiphodon gracile avait un peu moins d'un mètre de hauteur au garrot ; il avait la taille d'un Chamois, mais plus de légèreté dans les formes. Sa tête était moins grosse que celle de ce dernier animal. Autant les allures de l'Anoplothérium commun étaient lourdes et traînantes, autant le Xiphodon était gracieux et agile. Léger comme la Gazelle et le Chevreuil, il courait rapidement autour des marais et des étangs ; il y paissait les herbes aromatiques des terrains secs, ou broutait les pousses des jeunes arbrisseaux.
« Sa course, dit Guvier, dans le mémoire déjà cité, n'était point embarrassée par une longue queue; mais, comme tous les herbivores agiles, il était probablement un animal craintif, et de grandes oreilles très-mobiles, comme celles du Cerf, l'avertissaient du moindre danger. Nul doute enfin que son corps ne fût couvert d'un poil ras; et par con-
PÉRIODE ÉOCENE.
séquent il no manque que sa couleur pour le peindre tel qu'il animait jadis cette contrée, où il a fallu en déterrer, après tant de siècles, de si faibles vestiges. »
La figure 256 est lit reproduction du dessin au trait dont
Fig. 'J.ï6. Xiphodon gracile.
Guvier accompagne la description de cet animal, qu'il rangeait toutefois parmi les Anoplothériums, et qui a reçu de nos jours le nom de Xiphodon gracile.
Les plâtrières des environs de Paris renferment encore des débris d'autres espèces de pachydermes : le Chœropotamus ou Cochon de fleuve (/oîpoç, -noTa^oç), qui a de l'analogie avec le Pécari actuel, quoique beaucoup plus grand; — l'Adapis, qui rappelle, par sa forme, le Hérisson, dont il a trois fois la taille, et qui semble établir une certaine liaison entre les pachydermes et les carnassiers insectivores. — Le Lophiodon, encore plus voisin des Tapirs que l'Anoplothérium, et dont la taille variait suivant les espèces, depuis celle du Lapin jusqu'à celle du Rhinocéros, se trouve dans l'étage inférieur au gypse, c'est-à-dire dans le calcaire grossier. Les restes connus de ces derniers animaux sont trop incomplets pour que l'on puisse avancer quelque chose de certain sur leur organisation et leurs mœurs.
Un géologue parisien, M. Desnoyers, bibliothécaire du Muséum d'histoire naturelle, a découvert dans les terrains gypseux de la vallée de Montmorency, et dans quelques autres des environs de Paris, tels que Pantin, Clichy et Dammartin, les
empreintes de pas des mammifères dont il vient d'être question, surtout des Anoplotherium et de Paiœotherium1. Des empreintes de pas de tortues, d'oiseaux et même de carnassiers, accompagnent quelquefois ces curieuses traces , qui ont la forme de sorte d'amandes plus ou moins lobées selon les divisions du sabot du pied de l'animal, et qui rappellent complètement, par leur mode de production et de conservation, ces empreintes de pas de Tortue et de Labyrinthodon que nous avons figurées en parlant de la période triasique. Cette découverte est intéressante comme fournissant un mojen de comparaison et de contrôle entre les empreintes et les animaux qui les ont produites. Elle replace sous nos yeux, par les traces matérielles de leur marche sur le sol, ces animaux dont l'espèce est aujourd'hui anéantie, et qui peuplaient les sites mystérieux du monde ancien.
Il est intéressant de se représenter les vastes pâturages de l'époque tertiaire occupés par cette quantité d'herbivores de toute taille. Non loin des lieux où s'élève aujourd'hui Paris, et qui appartiennent au terrain éocène, les plaines et les bois étaient remplis de ces animaux, gibier sur lequel nos chasseurs parisiens n'ont plus à compter, mais qui devait singulièrement animer la terre à cette époque lointaine. L'absence des grands carnivores explique la prompte multiplication de ces agiles et gracieux habitants des bois, dont la race pullulait alors, mais qui dut promptement s'anéantir sous la dent des carnassiers voraces qui virent bientôt le jour.
La nouveauté, la richesse et la variété que présentait la création animale à l'époque tertiaire, et qui ressort de la rapide revue que nous venons de faire de l'ordre des pachydermes et autres mammifères, se remarquent aussi dans les autres classes d'animaux. La classe des poissons nous offre, à cette époque, les premiers Pleuronectes (poissons plats); les Crustacés, les premiers Crabes. On voit en même temps apparaître une multitude de mollusques nouveaux (Oliva, Triton, Cassis, Harpa, Crepidida, etc.). Les formes jusque-là inconnues des Schizaster se font remarquer parmi les échinodermes ; les zoo-