‹ La terre avant le déluge (volume 4)Chapitre 49 sur 55 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Mais ces deux causes, le refroidissement terrestre et les dépôts sédimentaires aqueux, persistent de nos jours, bien qu'à un degré affaibli. L'épaisseur de l'écorce solide du globe n'est qu'une insignifiante fraction de sa masse liquide intérieure. La cause principale des grandes dislocations du sol est donc, pour ainsi dire, à nos portes; elle nous menace sans cesse : les tremblements de terre et les éruptions volcaniques, encore fréquents aujourd'hui, nous en donnent de sinistres et incontestables preuves. D'un autre côté, nos mers forment des atterrissements continus. Le fond de la mer Baltique, par exemple, s'élève graduellement, par suite de dépôts qui combleront en entier son lit, dans un intervalle de temps qu'il ne serait pas impossible de calculer.

Il est donc probable que le relief actuel du sol et les limites respectives des continents et des eaux n'ont rien de définitif, et qu'ils sont, au contraire, destinés à se modifier dans l'avenir.

Un problème plus ardu que le précédent, et pour lequel l'induction scientifique et l'analogie sont des guides moins sûrs, est celui de la perpétuité de notre espèce. L'homme est-il condamné à disparaître un jour de la surface de la terre, comme les races animales qui ont précédé et préparé sa venue ? Une nouvelle période glaciaire, analogue à celle qui a sévi pendant l'époque quaternaire, viendrait-elle mettre un terme à son existence? Comme les Trilobites de la période silurienne, comme les grands reptiles du lias, comme les Mastodontes de l'époque tertiaire et les Mégathériums de l'époque quaternaire, l'espèce humaine doit-elle un jour s'anéantir, 'et disparaître du globe, par une simple extinction naturelle? Ou bien, faut-il admettre que l'homme, doué de l'attribut de la raison, marqué, pour ainsi dire, du sceau divin, soit le dernier et le suprême terme de la création?

La science ne saurait prononcer entre ces deux questions, qui surpassent la compétence et sortent du cercle du raisonnement humain. Il n'est pas impossible que l'homme ne soit qu'un degré dans l'échelle ascendante et progressive des êtres animés. La puissance divine qui a jeté sur la terre la vie, le sentiment et la pensée; qui a donné à la plante l'organisation, à l'animal le mouvement, le sentiment et l'intelligence; à l'homme, en

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