SOUS-PÉRIODE CRÉTACÉE SUPÉRIEURE
Pendant cette phase de l’évolution terrestre, les continents, à en juger par les bois fossiles qu’on rencontre dans les roches qui la représentent aujourd’hui, devaient être couverts d’une végétation très-riche, identique d’ailleurs avec
celle que nous avons fait connaître dans la sous-période précédente.
La faune terrestre, composée de quelques nouveaux reptiles riverains et d'oiseaux du genre des Bécasses, n’est certes point arrivée dans son ensemble jusqu’à nous. Les restes de la faune marine sont, au contraire, assez nombreux et assez bien conservés pour nous donner une grande idée de sa richesse et lui assigner un facies caractéristique.
La mer crélacée supérieure était hérissée de nombreux récifs sous-marins qui occupaient de vastes étendues, récifs formés de rudistes et d’une immense quantité de coraux variés, qui accompagnent partout ces derniers. Les polypiers sont, en effet, ici à l’une des époques principales de leur existence, et présentent un remarquable développement de formes, de même que les bryozoaires et les amorphozoaires, tandis qu’au contraire le règne des céphalopodes se termine.
On retrouve aujourd’hui de beaux types de ces récifs anciens encore en place, et tels qu'ils se sont formés sous l'influence des courants sous-marins qui accumulaient en certains points les amas de ces animaux divers. Rien n’est plus curieux que cet assemblage de rudistes encore perpendiculaires, isolés ou en groupes, que l’on aperçoit, par exemple, au sommet de la montagne des Cornes dans les Corbières, sur les bords de l’étang de Berre, en Provence. On en voit d’autres aux environs de Martigues, à la Cadière, à Figuières, et surtout au-dessus de Beausset, près de Toulon.
« Il semble, dit Alcide d'Orbigny, que la mer vienne de se retirer et de montrer encore intacte la faune sous-marine de cette époque telle qu'elle a vécu. En effet, ce sont des groupes énormes d’hippurites en place, entourés des polypiers, des échinodermes, des mollusques, qui vivaient réunis dans ces colonies animales, analogues à celles qui vivent sur les récifs des coraux des Antilles et de l'Océanie. Pour que cet ensemble nous ait élé conservé, il faut qu'il ait été d’abord couvert subitement de sédiments qui, en se détruisant aujourd’hui par suite des agents atmosphériques, nous découvrent cette nature des temps passés dans les plus secrets détails. »
Dans la période jurassique nous avons déjà rencontré ces iles ou récifs, constitués par l'accumulation de coraux et autres zoophytes : ils forment même tout un terrain, le {errain
corallien (coralæag). Le même phénomène, se reproduisant dans les mers crétacées, donna naissance aux mêmes formations calcaires. Nous n'avons pas besoin de revenir sur ce que nous avons déjà dit à ce sujet en décrivant la période jarassique. Les récifs de rudistes, d'hippurites, etc., dela période crétacée, ont la même origine que ceux de la période jurassique, et les attolls de l'Océanie reproduisent de nos jours un phénomène tout semblable.
Jetons un coup d’æil sur les espèces animales qui caractérisent la période crétacée supérieure. Nous nous bornerons à en donner le tableau, accompagné de quelques figures.