‹ La terre avant le délugeChapitre 4 sur 75 · Ossements fossiles, tome IV (in-4°), page · texte numérisé non relu

Ossements fossiles, tome IV (in-4°), page

Un certain nombre d'animaux et de plantes fossiles appar tiennent à des espèces semblables à celles qui vivent de nos jours, mais la plupart sont des espèces qui ont tout à fait disparu de la surface du globe, des espèces éteintes, selon le terme consacré. Ces espèces fossiles peuvent constituer des familles naturelles dont aucun des genres n’a survécu : telle est la famille des Ptérodactyles parmi les reptiles, celle des Ammonites parmi les mollusques, celle des Zchthyosaures et des Plésiosaures parmi les reptiles. D’autres fois, ce sont seulement des genres perdus appartenant à des familles dont quelques genres sont encore vivants, comme le genre Palæoniscus parmi les poissons, etc. Enfin, on rencontre aussi des espèces perdues appartenant à des genres de la Faune actuelle. Le Mammouth, par exemple, est une espèce perdue du genre Éléphant. Mais quelques espèces fossiles se sont conservées jusqu'à nos jours. Elles ont traversé, sans s’altérer, presque toute la série des temps géologiques et des temps modernes. Tels sont les Mousses, les Lycopodes, les Fougères, parmi les végétaux; les Lingules, les Coraux, les Huîtres, les Tortues, parmi les animaux.

Les fossiles sont terrestres, comme le Cerf à bois gigantesque, le Limacon ou Helix; fluviatiles ou lacustres, comme le Planorbe, la Limnée, la Physe, l'Unio; marins, lorsqu'ils ont dû habiter exclusivement la mer, comme les Cyprœæa, les huitres.

Tantôt les fossiles sont conservés en nature ou très-légèrement modifiés : tels sont les ossements que l’on extrait des cavernes les plus modernes ; Lels sont encore les insectes que l’on trouve si admirablement enchâssés dans les résines fossiles qui les ont préservés de la putréfaction, el certains mollusques des terrains récents et même de terrains anciens comme les lerrains jurassique et crétacé, qui ont gardé les couleurs et l’état nacré de leur coquille’. Tantôt ces débris

1. A Trouville (assise Kimméridgienne) on trouve, dans les argiles et les marnes, de magnifiques Ammonites, tout éclatantes des couleurs de la nacre. Dans largile du gault (terrain crétacé), et surtout à Machéroménil, on trouve des Ancyloceras et des Hamites, encore revêtues d’une nacre à reflets bleus, verts et rouges, d’un effet admirable. A Glos, près Lisieux (Coral-rag), non-seulement les Ammonites, mais les Trigonias et les Avicules ont conservé leur nacre brillante.

sont altérés, la matière organique ayant disparu en totalité ou en partie; tantôt enfin, mais c'est le cas le plus rare, ils son pétrifiés, c’est-à-dire que, la forme extérieure étant conservée, les éléments organiques primitifs ont disparu et sont remplacés par des substances minérales étrangères, par de la silice et du carbonate de chaux.

La géologie a su tirer aussi un parti très-important de certains débris fossiles dont la véritable nature a été longtemps méconnue, et qui ont donné lieu à de nombreux travaux, suivis de longues discussions : nous voulons parler des coprolithes'. Comme leur nom l'indique, les coprolithes (fig. 1) sont les excréments pétrifiés des grands animaux fossiles. L'étude de ces singuliers débris a beaucoup éclairé la connaissance des mœurs et de l’organisation physiologique des grands animaux antédiluviens. Leur examen à fait reconnaitre des écailles de poissons, des dents, ig. 1. Coprolithe elc., qui ont permis de déterminer de quelles

in à espèces se nourrissaient les animaux de l’ancien monde. Prenons un exemple. Les coprolithes du grand replile marin qui porte le nom d’fchthyosaure, contiennent des os d’autres animaux, en même temps que des vertèbres ou des phalanges d’Ichthyosaure. Cet animal se nourrissait donc habituellement de la chair de ceux de son espèce, comme le font de nos jours presque tous les poissons et surtout les poissons voraces.

Les empreintes laissées sur l'argile ou le sable que le temps a durci et transformé en grès, fournissent au géologue une autre source de précieuses indications. Les reptiles de l’ancien monde, en particulier les Tortues, ont laissé sur des sables que le temps à changés en blocs pierreux, des empreintes qui représentent le moule exact du pied de ces animaux. Ces empreintes ont quelquefois suffi aux natura'istes pour reconnaître à quelle espèce appartenait l'animal qui les imprima sur l'argile humide. Les figures 2 et 3 représentent des empreintes de ce genre. La première contient des traces, ou pistes, sur lesquelles nous aurons à revenir plus loin; la se-

Page 1