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LA VITESSE ET LA FORCE DES CYCLONES

sttffil-il point de constater la marche des molécules d*air immédiatement au niveau du sol, ou bien à une faible hauteur au-dessus, pour se faire une idée de la vitesse avec laquelle se ment la masse atmosphérique emportée par Touragan. Dans l'une de ses ascensions, Gox^ell a fait un voyage de 110 kilomètres en 60 minutes, alors qu'au-dessous de lui la marche du vent était de 23 kilomètres à peine dans le même internlle. Une autre fois, Glaisher se déplaçait de 25 kilomètres i l'heure, tandis qu'à l'observatoire de Greenwich la même nappe d'air n'avançait guère que de 3,200 mètres. Combien grande est donc la vitesse du cyclone à une certaine hauteur au-dessus du sol, quand sur la terre, semée d'obstacles, il progresse an taux de &5 mètres par seconde, ou de 162 kilomètres par heure, quatre fois la marche de nos locomotives? Cette rapidité si formidable de l'air à la surface de l'Océan et le frottement des molécules aériennes, qui en est la conséquence, expliquent parfaitement, ainsi que Gicéron le faisait déji remarquer il y a deux mille ans, pourquoi la température de l'eau s'élève après les tempêtes ^

Quant i la pression exercée par le courant aérien qui se ment avec une pareille vitesse, elle est vraiment formidable, fijms un mémoire sur la Construction des phares, Fresnel estimait la plus forte pression du vent à 275 kilogrammes par mètre carré, mais il est très-probable que dans nombre d'ouragans ce chiffre a été dépassé. Sans mentionner les effets produits par les grands cyclones des tropiques, il s'est présenté sous la zone tempérée nombre de cas où la pression exercée par le vent, sur un espace peu étendu, était de beaucoup supérieure aux prévisions des météorologistes. Ainsi, pour ne citer qu'un exemple, la tempête du 27 février 1860, venue de l'ouest et plongeant dans la plaine de Narbonne par l'espèce de détroit où passent le canal et le chemin de fer du Midi, eut Msec de violence pour faire dérailler et renverser en partie ^ieux trains qu'elle prit par le travers, entre les stations de bribes et de Rivesaltes. D'après l'ingénieur Mathieu, qui donne,

^ -#r -Db Naiura Dearum. — Zeilschnfi fur Erdkunde, mars 4864

336 L^ATMOSPHÈBE £T LES MÉTÉORES.

il est vrai, des évaluations probablement trop fortes, la pression nécessaire pour renverser certains wagons aurait été de &/i8 kilogrammes par mètre carré de surface ^

Les masses d*air qui tournoient non loin de la partie centrale du cyclone sont les seules qui atteignent ces vitesses considérables de 100 et de 150 kilomètres à Theure. Quant au mouvement de l'ensemble du météore à la surface de la terre, il est naturellement très-lent en comparaison du déplacement circulaire des molécules aériennes autour de leur axe. La vitesse de translation la plus considérable que Ton ait observée est celle de l'ouragan du mois d'août 1853, qui, après avoir marché aux taux de &8 kilomètres à l'heure, des Antilles aa banc de Terre-Neuve, augmenta graduellement de rapidité et finit par dépasser 90 kilomètres à l'heure. La plupart des cyclones des Antilles se déplacent en moyenne de 20 à 30 kilomètres dans le même espace de temps; mais il en est aussi, notamment parmi les typhons de la Chine, qui marchent avec tant de lenteur, que plusieurs marins les ont considérés comme tournant sur place. A la fin du mois de février 18&5, un ooragan, qui prit son origine près de Maurice, parcourut l'océan

«rïêv.

Fig. 111. — Les spirales du Charlet-Heddles.

des Indes avec une vitesse moyenne d'au plus 5 kilomètres et demi par heure, tandis qu'un navire, le Charles-Heddks, placé à 90 kilomètres environ de l'axe du tourbillon, décrivait d'iffi-

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