‹ La terreChapitre 208 sur 447 · II. t · texte numérisé non relu

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se dilate tout à coup, fait explosion pour ainsi dire, et projette au loin les fenêtres et les portes. Aussi, dit Fitz-Roy, laisset-on en certains endroits les habitations ouvertes pour éviter de pareils accidents.

En mer, les eaux qui se meuvent avec le centre du cyclone se redressent à une hauteur d'autant plus grande que la pression atmosphérique s'amoindrit davantage; il se forme ainsi une a lame de tempête » dont la force s'ajoute à celle de la formidable houle qu'ont soulevée les vents. Telle est la principale cause de ces terribles ras-de-marée, non moias redoutables que des tremblements de terre, qui vont se dérouler sur les côtes voisines. Durant l'ouragan de Barbadoes, en 1831, les vagues qui se brisaient contre le promontoire septentrional de l'Ile étaient de 22 mètres plus élevées que le niveau moyen du flot; lors du grand cyclone de Calcutta, en octobre 1864, le Hoogly s'éleva de 7 mètres dans toute la partie inférieure de son cours et noya des lies entières; plus récemment encore, lors du grand ouragan qui dévasta Saint-Thomas, une vague se précipita sur la petite Ile de Tortola en opérant de tels ravages que, d'après une lég^de absurde répandue par la terreur, Tlle tout entière aurait été engloutie. Il est certain que l'eau de la mer peut être aussi aspirée, en plus ou moins grande quantité, par ce vide qui se forme au milieu du tourbillon, car plusieurs fois, et notamment à Barbadoes, Reid a vu des pluies d'eau salée tomber à une grande distance du rivage, à l'intérieur de l'Ile, et tuer dans les lacs et les ruisseaux tous les poissons d'eau douce qui les habitaient.

Le mouvement circulaire des cyclones ne s'accomplit point indifféremment dans l'un ou l'autre sens. Gomme les phénomènes réguliers des vents, les grandes perturbations atmosphériques se conforment à des lois, et même ces terribles météores sont ceux dont la marche peut être le mieux prédite par les marins. Dans l'hémisphère septentrional, les tempêtes tournantes des tropiques soufflent constamment du sud au nord par l'est, et du nord au sud par l'ouest; dans l'hémisphère méridional, la marche des tourbillons s'opère en

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