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LA FORGE DES LAMES

délicates, le sol tremble à 1,500 mètres du rivage lorsque la mer gronde avec force. C'est même à ce heurt continuel des lames qu'est due probablement en grande partie la stratification des terrains meubles avoîsinant le littoral. A San Francisco de Galirornie, des débris de dunes ayant été jetés et mêlés confusément avec de l'argile et d'autres matériaux pour remblayer une dépression voisine de la cité, tous ces fragments, secoués, soit par les tremblements de terre, soit plutôt par la vibration des flots lointains, se ôont graduellement tassés et stratifiés. Une coupe faite récemment à travers ces débris montra que la> masse confuse s'était transformée en un terrain géologique *.

Dans le golfe de Gascogne, si fréquemment visité par les tempêtes, les lames venues de l'ouest et du nord-ouest s'engouffrent comme dans une sorte d'entonnoir, et se heurtent contre les rivages avec une violence au moins égale à celle des vagues de la Manche et des mers anglaises. Aussi les ouvrages construits par les ingénieurs pour défendre les rades et les ports contre cette terrible pression ont-ils été maintes fois emportés ou du moins fortement endommagés par les flots ; sous peine de voir disparaître en un jour toute l'œuvre d'un siècle, l'homme doit continuer sans cesse contre la mer la lutte engagée. Pendant l'hiver de 1867 à 1868, dit M. Palaà, des blocs de rochers artificiels du poids de 36 tonnes, placés à l'extrémité de la digue de Biarritz, ont été projetés horizontalement à 10 et 12 mètres ; même un bloc a été soulevé en plein de 2 mètres, porté sur le brise-lames, puis renversé et roulé au loin dans la tourmente. A Saint-Jean-de-Luz, les lames sont peut-être encore plus redoutables ; aussi quelquesunes des masses de pierre que l'on emploie pour construire la digue de Socoa, à l'entrée de la rade, n'ont-elles pas moins de 60 et 70 mètres cubes. Et pourtant la puissante muraille ne serait pas encore assez puissante, si elle n'était en outre défendue par des pierres jetées au hasard, constituant, en avant de la digue, une rangée d'écueils protecteurs.

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