Longue cassure dirigée de Fabricius vers le Nord (XXIV
l48 SECONDE PARTIE. — LA LINE.
10. Rainure discontinue sur la ligne Janssen A-Piccolomiui (XXIV).
11. Sillon courant vers le Sud à partir de Fermât (XXV, XXXI ).
Ces trois derniers traits, peu cohérents et médiocrement conservés, s'accusent surtout par des différences de niveau. Leur angle de position est voisin de 20", plutôt au-dessous.
12. Monts Altaï : cette grande dénivellation, remarquable par sa longueur et sa continuité, fait partie de Tencadrement de la mer du Nectar. Elle présente deux fronts rectilignes très étendus, soudés aux environs de Fermât, avec des angles de position de 20® et de 4^^ (XXV, XXXI).
13. Sillon traversant de part en part le bourrelet de Capella, avec un angle de position de 43 • H appartient, comme les monts Altaï, à l'encadrement de la mer du Nectar (XXXI) (fis^. -^3).
14. Vallée de Rheita, la plus colossale que l'on puisse apercevoir sur la Lune. Elle est dans un mauvais état de conservation, refoulée et obstruée par le développement ultérieur de plusieurs cirques. Le parallélisme des bords, l'existence de digues transversales obliques, accusent une formation par arrachement, avec élargissement progressif. Angle de position 45" (XII, XXIV, XXXI).
15. Vallée des Al[)es, exemple éclatant et bien connu de la disjonction d'un plateau montagneux sur une épaisseur de 3ooo'" environ avec conservation du niveau et du parallélisme des bords. Bien qu'elle n'entame aucun cirque, son intégrité doit la faire considérer comme moderne. Son angle de position (i3o") est, comme celui de la vallée de Rheita, répété à bien des reprises dans la région {Jig, 3^).
B. Digues, crevasses, sillons rectilignes, — Les objets de cette seconde liste, moins visibles que ceux de la précédente, rentrent comme eux dans un petit nombre d'orientations distinctes. Refoulés ou obstrués à peu d'exceptions près, par les cirques qu'ils rencontrent, ils se rattachent d'une façon plus évidente à un état de choses disparu. Leur nombre est considérable. Nous signalerons seulement ceux qui se distinguent par la longueur et le caractère strictement rectiligne de leur trajet.
1 . Sillons orientés respectivement sur les centres de Ptolémée et de Albategnius A, et s'étendant à l'extérieur vers le Sud (111) {fig- 43).
2. Nombreuses stries du plateau situé entre Herschel, Davy et
GHAPTTRE XIII. ^ LES FOHMKg PÛL¥60!fALSi SUR LA LtmÊ.
MœstJng. Plusieurs entament d'uncî façon très visiJble les remparts d'Alphonse et de Ptolémée (III, IX, XXXllI).
3. Crête des monts Haemus, entre Taquet et Sulpicius Gallus < XXXII).
4. Sillon parallèle aux monts Altaï, traversant la plaine à égale distance des monts Altaï et de Polybe (XXV).
Tous ces traits (n**^ 1 à 4) sont parallèles à la vallée d'Herschel et, par suite, aux premiers objets de la liste précédente.
O. Parties centrales des fissures d'Ariadœus et d'Hyginus : angle de position -^5® (IV, X, XXII). Ce sont deux exemples remarquables d'indépendance totale entre le tracé d'une fissure et le relief actuel du sol.
6. Crevasses situées entre Archimède et Conon, perpendiculaires â la direction générale des Apennins et coudées suivant les mêmes orientations que la fissure d'Hyginus (X).
7. Double fissure près de Sabine, côtoyant la base du rempart montagneux. Elle est très nette et paraît due à la reviviscence tardive d'une ancienne tendance à l'arrachement. Angle de position 8o** <XXII).
8. Double fissure encadrant Hésiode et formée comme la précédente de deux traits parallèles. L'un de ces traits se prolonge à une grande distance vers l'Est à travers des massifs montagneux, sans cesser d'être visible à la traversée des plaines. Angle de position 120° <XIV, XIX).
9. Vallée située en plaine entre Kies et Ries d. Faiblement déprimée, elle est parallèle à la fissure d'Hésiode, à de nombreuses digues de la région de Tycho, aux portions nord-est des remparts de Ptolémée, d'Alphonse, d'Albategnius (XIV).
10. Digues rectilignes s'appuyant sur la partie est du rempart de Capuanus et constituant les restes d'un massif plus ancien que le cirque. Angle de position 4o" (VIII).
H. Stries nombreuses sur le plateau entre Vitello et Hainzel. Angle de position 3o" (VIII).
1:2, Quatre sillons parallèles à la vallée de Rheîta, deux au Nord et deux au Sud, très étendus aussi, mais beaucoup moins bien conservés. Angle de posîiiun 45" (XII).
13, Grande vallée irrégulière, parallèle aussi à celle de Rheita, presque aussi large, mais fortement dégradée et discontinue. Elle est
visible de part et d'autre de Snellius et s'interrompt sur remplacement de ce cirque (XII).
14. Région striée ou cannelée, entre Pons, Zagut, Gemma Frisius et Pontanus. Deux systèmes bien reconnaissables, formant un angle de 70°, y sont associés (XX).
lo. Ride saillante réunissant Santbech et Colombo (XXXVIII ).
16. Très longue digue en relief de part et d'autre de Borda: elle forme, avec le trait précédent, avec la crevasse médiane de Petavius, avec la chaîne de cirques Rheita ^, un système conjugué de la vallée de Rheita. Angle de position i3o° CXII).
17. Sillon visible sur le méridien de Descartes, du côté sud. et signalé surtout par des places blanchies (XXVI).
18. Terrasses de Lemonnier et de Pline, sous-tendant des arcs dans le périmètre de la mer de la Sérénité. Elles paraissent être les restes d'une enceinte polygonale dont la mer aura, dans son mouvement d'expansion, franchi les limites (XXVll).
19. Terrasse allant de Théophile à Beaumont, détachant un segment en forme d'arc dans la mer du Nectar et de tout point analogue aux précédentes (XX VII, XXXII).
20. Straight Range, — Digue isolée, perpendiculaire au méridien, reste d'une ancienne frontière de la mer des Pluies (XI, LUI).
21. Sillons nombreux sur le plateau qui s'étend entre Bianchini et La Condamine. Angle de position 160". L'accroissement de l'angle de position est sensible quand on se déplace de l'Ouest à l'Est dans la bordure de la mer des Pluies /XI).
22. Double série d'arêtes rectilignes formant l'ossature de Técorce dans le voisinage du pôle Nord. Le plus apparent des deux systèmes est peu incliné sur le méridien (XXXVII, LU, LUI).
C. Alignements d'orifices. — 11 est connu depuis longtemps que la distribution des grandes enceintes à la surface de la Lune n'est pas arbitraire, qu'elle ne manifeste pas de condensation vers un plan comme la Voie lactée, ni d'accumulation autour de quelques centres, comme l'ensemble des nébuleuses. La disposition des grands cirques, toutes les fois qu'elle affecte une apparence systématique, est linéaire. Beaucoup d'entre eux se disposent en séries à peu près continues et dont l'unité d'origine est aussi certaine que celles des grandes arêtes du relief terrestre. Les individus d'un même groupe accusent une analogie
CDAPITRE Xllt. — t»¥â iFOftMlf POLYGONALES BCIR LA LtNÉ. l5l
de dimensions et de Structure poussée parfois à un tel degré que de simples associations par paires ne semblent pas pouvoir être fortuites, d'autant moins que Forientation de la ligne des centres se retrouve presque toujours dans des sîUouîî rei:ti lignes de la même région.
La liaison est moins atsée à mettre en évidence pour les petits orifices, en raison même de leur grand nombre. Dans les parages oii ils fonrmîilpDt^ on peut les associer an chaînes de diverses manières, dont aucune ne s'impose k rexclusion des autres. Mais certaines mers où les orifices n'apparaissentqu'en petit nombre présentent des alignemeols d'une extrême netteté et qui doiventj ace titre, fixer l'attention.
Il suffira, entre beaucoup d'exempIeSj de citer les suivants :
1 . Wa Itfj r j Bf^;^ iomont a n u s , P n rba ch { I ) . — Série de gr an ds cirques contigus, polygonaux, dé^^'adés, offrant chacun de fortes différences de niveau. L'angle de position de la ligne des centres est 35% ce qui mtlaclie ce groupe a la vallée d'Hcrî^cKel et, plus généralement, aux objets désignés en premier lieu dans les deux listes précédentes-
2, AliacensiSy Werner, Blanchi nus , Laçai lie. — Série parallèle et juxtaposée à la précédente, montrant dans ses deux derniers termes des formes plus rcgulicreïoent circulaires et mieux conservées (11).
3* B/afiçaniiSy Scheinf^r, fliisf, Scliitler. — L'angle de position de cette chaîne est 5o\ Des digues latérales ont entravé le développe* ment normal de tous ces cirques, surtout ilu dernier dont rallongement est exceptionnel (XVllI),
4. IVilsony Kîrcherj Betiinus, ^uchitis (XXX), — Ep;alement encaissés entre deux digues prirallèles. Ang^le de position 45".
o. ManifesUttions éruptives v;iriées sur une tangente commune intérieure aux contours d'Almanon et d'Albufcda. Angle de position 5o'* (XX, XXV, XXVI) (Jîg, 45).
6, ArzacheL A iphonse, Ptofémée, HerscheL — Ligne des centres sensiblement parallèle au noVidien, Comme il arrive dans la plupart des séries de rhémisphère Sud, le cirque le plus austrîd est en même temps le plus régulier et le plus profond (IIL IX) (fig^ 4^)'
7 , Tkeonju n iof\ Theon se nior^ de Mor^a n , Cayley, Jules César (XXJl). ^ Série suivant le méridien, discontinue, mais complétée par plusieurs orifices anonymes. Elle embrasse uu espace plus grand que les précédentes, avec la même progression,
8, Farnerias, Peia^fius, Vendelinusy Langrenus, — Ensemble de cirques énormes et de puissant relief, sur un même méridien (XXJ),
9. Cinq petits orifices disposés sur un méridien, dans la partie nord-est de la nier de la Sérénité (V, XXIII).
10. Ligne blanchie, discontinue, allant de Licetus à Aliacensis, en contournant Stofler à l'Est (XXXVII).
a. Autre ligne blanchie, discontinue, allant de Bacon à Pons, en contournant Biisching à l'Ouest. Cette ligne, comme les cinq précédentes, s'écarte peu d'un méridien. Elle est remarquable par son extraordinaire longueur. 11 semble que la formation du cirque Busching a refoulé quelque peu l'alignement éruptif sans lui faire perdre son caractère (XXXVIl).
12. Nombreux orifices le long d'une tangente commune aux bords orientaux de Lexell et de Regiomontanus (XIV).
13. Alignement sur une tangente commune aux limites orientales de Hell et de Pitatus. Ce trait et le précédent sont voisins et parallèles. Angle de position i4o" (XIV).
14. Rheita e, — Fosse allongée formée par jonction d'orifices (XXXI). L'angle de position (i5o") s'est déjà rencontré souvent dans les cassures de la même région. Il y est aussi re[)résenté par plusieurs couples de grands cirques voisins et semblables, comme Snellius et Stevinus, Metius et Fabricius.
D. Enceintes quadr angulaires sans rupture, à rebord saillant. — Une collection d'objets particulièrement intéressants au point de vue qui nous occupe se rencontre dans le voisinage du pôle Nord. Les cirques y sont assez rares et sont remplacés par des plaines que divisent et encadrent de minces cordons saillants. Toutes ces plaines paraissent être au même niveau et constituer la surface moyenne de la planète. Ce sont les cordons qui semblent surajoutés, de manière à diviser, suivant un plan géométrique, cette étendue uniforme. Cette structure est aujourd'hui limitée à la région arctique. On trouve cependant, sur la rive sud de la mer du Froid ou dans le quadrant sud-ouest quelques objets qui semblent, comme Egede (V), des survivants ou des précurseurs du même type.
Les murs de séparation sont assez endommagés, souvent doubles et coupés de brèches. Mais deux directions y dominent toujours, en sorte que les plaines encadrées se rapprochent plus du losange que du cercle. Les déformations considérables amenées dans cette région par la perspective font qu'il est malaisé de préciser les déviations par
€HJlPITHB ^fJl. ^ LES FORMEE POLYGONALES SDK LA LLNE.
rapport au losange ou d'évaluer les angles de positiou. Nous ciLerons comme particulièrement Lien dessinés les objets suivants :
1. J. Herschel (XI, LIII^. — "2. Goldsclimldl (XXIIIK — 3, Gartner (XXVlll, XXXV). -4. Kane (XX\V).^5. Arnold (XXXV). — 6. Peters (XXXV). -^ 7. Méton (XXXV, LU). — H. Euciemon {XXXV). — 9. W. C. Bond (Xlll, XXllI).
Le dernier exemple est instructif en ce qu'il nous conduit à envisager les eneeinles quadrangulaires coinuie des formes prélimînaîres de cirques, frappées d'arrél dans leur dévelojïpemenL Les orientations de W.'C. Bond concorde ut ;iv*'c celles d'Egede^ avec les directions qui domincMit dans les Alpes, y (^o m pris la grande viillée, avec les sillons qui coustituent des railre?^ nutour triuido^e et de Platon. En comparant W.-C. Hond el Kudoxe (V, Xlll, XXV), on se convaincra bientôt que l'enceinte quadrangulaire qui constitue le premier est Fanalogue du riidre d'Eudoxe et non du cirque lui-même^ en sorte que nous avons dans la réi^inn. arctique de nombreux emplacement préparés pour des cirques futurs, mais pour la plupart demeurés vides. Là où fc cirque s'est développé, il est quelquefois demeuré en deçà des limites qui lui étaienl tracées. Mais, le plus souvent, il les a remplies et dépassées, au point d'effacer et de rendre méconnaissable le losange primitif.
A notre avis, rabsence de liaison apparente entre les cordons saillants et les plaines qu'ils entouren! n'autorise jjas à regarder les cordons comme étant d'iniportation étrangère* 11 esl beaucoup plus probabte que chacun d'eux est te produïi du >ol qui le porte et qu*il s'est trouvé mis en relief par suite de rallViissement du centre de la easê. C^est à la submersion des parties centrales affaissées qu'est dû rîsolement des cordons par rapport auv plaines adjacentes, de même que celui des montagnes intérieui'es [yar rapport aux bourrelets des cirques.
E, Tangentes ûu-t remparts. — îN^ous avons groupé ici quelques objets qui auraient pu [l^gnirer dans nos trois premières listes à cause de la situation spéciale qu'ils occupent par rapport aux cirques. Des traits reetilîgnes tangents aux remparts actuels s^accnsent soit comme arêtes en relief, soil comme rainures, soit comme traînées blanches avec des recrudescences locales. Ces mêmes traits se distribuent, dans chaque région, entre des orientations peu nombreuses, et cette con-
l54 SECONDE PARTIE. — LA LUNE.
dition, incompatible en apparence avec la situation de tangente commune à plusieurs enceintes, lui est au contraire souvent associée. 11 est commun de voir le contact s'effectuer non par un seul point, mais sur une étendue plus ou moins grande. En pareil cas, c'est le cercle qui est déformé et non le trait rectiligne. La déformation est soustractive, c'est-à-dire que le contour circulaire, sans montrer de tendance à rejoindre les traits dont il s'approche, est entamé par ceux qu'il rencontre et entravé dans son développement normal. Les cirques alignés admettent volontiers des tangentes communes orientées comme la ligne qui joint leurs centres.
On pourra se reporter, pour avoir la confirmation de ces remarques, aux objets suivants énumérés à peu près dans l'ordre où croissent leurs angles de position :
1. Sillon touchant les bords occidentaux de Purbach, Regiomontanus, Walter (1).
2. Traits limitant Alphonse respectivement à l'Est et à l'Ouest. Ces deux traits sont parallèles au précédent et à la veine médiane du cirque (III, XXIII) (/^. 43).
3. Digue saillante formant tangente commune intérieure à Heinsius et à Wurzelbauer (XIV, XIX).
4. Sillon formant tangente commune intérieure à Clavius et à Maginus (XVII). Ce trait s'écarte peu, comme les trois précédents, de l'angle de position 35".
o. Tangente commune aux remparts est de Maginus, Street et
Tycho (VII) (>^. 47).
6. Sillon profond sur le trajet d'une tangente commune intérieure aux remparts d'Albategnius et de Halley (III, XXVI).
7. Longue coupure isolant le rempart d'Archimède du massif montagneux situé plus au Sud (XXXIV).
8. Sillon dessinant une tangente commune intérieure à Aristillus et Autolycus (V, X, XXXIV).
9. Vague saillante, à crête blanchie, suivant une tangente commune intérieure à Kane et à Démocrite et se prolongeant au delà de celui-ci (XXVllI).
Pour les objets énumérés de 5 à 9, l'angle de position se tient aux environs de 4o".
10. Sillon limitant à la fois les remparts ouest de Qavius et de Longomontanus (VII) {fig. 47)»
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