‹ La terre sainteChapitre 113 sur 128 · DU DJEBEL- MOUSA AU DJEBEL-SERBAL · texte numérisé non relu

DU DJEBEL- MOUSA AU DJEBEL-SERBAL

témoignage celui de Silvanus Ammqnius, de saint Nilus, de Procope et de beaucoup d’autres, qui, conformément à la tradition générale et ancienne, indiquent clairement non le Serbal, mais le Djebel- Mousa comme le véritable et authentique Sinaï. Que si l’on allègue en faveur du Serbal l’abondance des inscriptions, dites sinaïtiques, que l’on observe dans son voisinage, on peut réfuter facilement cet argument, en répondant que ces inscriptions, qui n’ont nullement l’importance capitale qu’on leur a prêtée quelquefois, sont disséminées un peu partout clans la Péninsule, et qu’elles ne prouvent en aucune manière la sainteté particulière du Serbal au point de vue judaïque ou chrétien. J’inclinerais plutôt à penser avec plusieurs critiques que le nom de Serbal est une corruption de Ser-Baal, le seigneur Baal, et semble indiquer que cette montagne était consacrée jadis à cette espèce de Jupiter du Panthéon chananéen. Je dois avouer néanmoins que, suivant le docte orientaliste Palmer, cette dénomination de Djebel-Serbal signifierait purement et simplement le Mont de la Code de mailles , dénomination, dit-il, qu’il devrait à l’aspect qu’offrent les rochers de granit qui couronnent son sommet; à l’époque des grandes pluies d’hiver, l’eau qui ruisselle sur leurs parois brillantes les ferait ressembler, aux yeux des Arabes, à une sorte de cotte de mailles.

Quoi qu’il en soit, le Djebel-Serbal par ses formes austères et hardies, par ses différentes cimes qui s’élancent dans les airs comme des flèches gigantesques, par sa masse imposante et isolée, est l’une des montagnes les plus remarquables de la Péninsule. Les rares voyageurs qui ont pu escalader ses différents sommets y ont trouvé quelques restes de constructions peu importantes, et ils exaltent tous à l’envi l’incomparable spectacle qui de là s’est offért à leurs regards. De cet observatoire élevé, en effet, la presqu'île sinaïtique se déploie presque tout entière comme un immense plan en relief, peint par la nature elle-même des couleurs les plus variées, selon que les montagnes sont de grès, de granit, de porphyre, ou de nature calcaire. Elles affectent sous les rayons du soleil qui les illumine, avec les configurations les plus diverses, les plus grandioses et souvent les plus fantastiques, les tons les plus différents, tantôt se heurtant par des contrastes soudains, tantôt se fondant harmonieusement ensemble par des nuances intermédiaires. Au milieu de ce labyrinthe de hauteurs où l’homme semble perdu, emprisonné qu’il est et comme écrasé par les murailles rocheuses qui l’enserrent de tous côtés, l’œil perçoit de nombreux ouadis, qui, pareils à autant d’artères, rayonnent à travers ce dédale et permettent de le traverser. Si le voyageur se tourne vers l’ouest et le nord-ouest, il voit se dérouler au loin devant lui la belle nappe bleue du golfe de Suez, au delà de laquelle se montrent les montagnes et les collines de l’Égypte. Au sud-ouest, la grande plaine sablonneuse d’El-Kaa étale le long du rivage sa triste et monotone nudité. Une tache verdoyante néanmoins y repose agréablement la vue. C’est l’oasis de T or, aujourd’hui pauvre village, qu’environnent de jolies plantations de palmiers, appartenant pour la plupart au couvent du Sinaï. Son port, formé par des récifs de corail, offre un mouillage assez sûr. Il est dominé par une montagne appelée Djebel-Hammam Sidna-Mousa (montagne des Bains de notre seigneur Moïse), d’où jaillissent des sources d’eaux chaudes, et dont les rochers calcaires sont percés de nombreuses grottes d’ermites. A l’est, on distingue le Sinaï, qui apparaît avec toute la majesté de sa masse imposante et de ses souvenirs. Au sud-est, le Djebel-Katherin et le Djebel-Ounnn- Chomer dominent de leurs cimes altières les montagnes voisines. Au nord, la longue ligne du Djebel et-Tih, légèrement infléchie en forme d’arc dans sa partie centrale, apparaît comme un mur à l’horizon, bordée au sud d’une large bande sablonneuse appelée Debbet er-Ramleh.

Disons maintenant adieu au Serbal, le rival du Sinaï légitime et le revendicateur de sa gloire, selon quelques savants, et acheminons-nous vers Suez, en continuant à suivre à rebours la route parcourue jadis par les Hébreux.

S IN AI

DU DJEBEL-SERBAL A SUEZ

Après avoir dépassé vers le nord-ouest la petite oasis d’El-Hesoueh et le rocher dit Ilesi el-Khattatin, dont il a été question plus haut, nous laissons bientôt à notre droite le Djehcl el-Benat, ou la Montagne clés Jeunes Filles. Ce nom rappelle à l’esprit une aventure romanesque qui s’y serait jadis accomplie. La voici en deux mots. Il est une coutume encore usitée parmi quelques tribus du Sinaï

qui fait souvenir naturellement de 1 histoire de la Hile de Jephté se retirant pendant trois jours sur les montagnes pour pleurer sa virginité. Dans ces tribus donc, les jeunes filles, au moment de leur mariage, quittent la tente où elles sont nées, leurs parents et leurs compagnes, et s’enfuient sur les montagnes voisines, où elles passent deux ou trois jours. Or, en vertu de cette coutume, le Djebel el- Benat vit autrefois deux jeunes filles gravir ses cimes. Comme elles étaient contraintes par leurs familles d’épouser, à la place de ceux qu’elles aimaient, des prétendants qu’elles détestaient, elles

préférèrent se laisser mourir de faim sur ces hauteurs escarpées, plutôt que de manquer à la foi jurée et de faire violence à leur propre cœur. Quelques-uns ajoutent qu’elles nouèrent ensemble leur longue chevelure, et qu’ ainsi enlacées et enchaînées l'une à l’autre, elles se précipitèrent dans le vide du sommet de la montagne, qui depuis a conservé dans le nom qu'elle porte le souvenir de leur tragique trépas.

En poursuivant notre marche clans la même direction et en descendant toujours l’Ouadi-Feiran, nous parvenons à l’Ouadi-Molcatleb (la Vallée écrite). Cette vallée, qui est longue d’environ neuf à dix kilomètres, et qui se dirige par une pente douce vers le nord-ouest, est bordée à l’ouest de collines calcaires et à l’est d’autres collines parallèles composées de gneiss et de granit; en outre, elle est par-

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semée de gros blocs détachés des hauteurs latérales. Comme les parois des rochers y sont sur beaucoup de points couvertes d’anciennes inscriptions, et que les Hébreux ont dû nécessairement passer par là

a pour se rendre au mont Sinaï, on a supposé que f celles de ces insci’iptions qui ne sont ni grecques l ni latines, et' qui, écrites en caractères inconnus, I ont défié longtemps toute interprétation, remon- | taient au passage des Israélites, qui auraient laissé .) là et ailleurs, partout où l’on rencontre de ces | sortes d’inscriptions, dites sinaïtiques, des traces 1 authentiques de leurs longues pérégrinations. Ces 1 inscriptions, dit-on, étaient, par conséquent, d’un I prix inestimable, puisque, le jour où l’on parvien- ! drait à les déchiffrer, elles pourraient jeter un

jour nouveau sur l’histoire des Hébreux dans le désert, en com¬

plétant les détails fournis par la Bible. Cette supposition date de loin, puisque nous la voyons consignée, dès l’an 535 de notre ère, dans l’ouvrage déjà signalé plus haut de Cosmas Indicopleuste. On lit, en effet, dans sa Topographie chrétienne (liv. V.) ce qui suit :

« Lorsque les Hébreux eurent reçu de Dieu la loi par écrit dans le désert du Sinaï, ils apprirent les lettres pour la première fois en ce lieu. Le Seigneur se servit de la solitude comme d’une école tranquille, et leur fit graver des caractères pendant quarante ans. Aussi voit-on dans ce désert du mont Sinaï, dans tous les endroits où s sont détachés des montagnes couverts de lettres

Ouadi-Mokatteb (la Vallée écrite).

î sont arrêtés les Hébreux, tous les rochers qui se gravées; je puis en rendre témoignage, moi qui ai

voyagé en ces lieux-là. Quelques Juifs qui les avaient lues nous expliquaient ainsi ces inscriptions : Départ d’un tel , de telle tribu , telle année et tel mois. Elles sont donc analogues à ce qu’on écrit encore aujourd’hui fréquemment dans les hôtelleries. Seulement, les Israélites, qui venaient d’apprendre à écrire, écrivaient plus souvent et multipliaient les inscriptions, de sorte que tous ces lieux

Campement d'Arabes dans l’O c adi-M okatteb.

sont pleins d inscriptions hébraïques. Elles ont été conservées jusqu’à ce jour, je pense, pour convaincre les incrédules. «

L’ouvrage de Cosmos Indicopleusle qui contenait le passage curieux que je viens de citer demeura longtemps enseveli dans la poussière des bibliothèques ; mais lorsqu’il fut publié, en 1707, par Montfaucon dans le tome second de sa Collectio nova Patrum el scriptorum Grœcorum, il attira aussitôt 1 attention des savants. Toutefois, le docte Bénédictin ne se laissa pas prendre à ce qu’offrait de sédui-

DU D J E BEL-SERBAL A SUEZ

sant, au premier abord, 1 assertion de Cosmas relative à l’origine des inscriptions du Sinaï, et il soup-

0 L'A DI -Si DR EU.

Les Ouadis-Mokatteb. Sidreli et Igné débouchent tous dans le Seili-Sîdieb.

çonna que ce voyageur avait été induit en erreur parles Juifs qui l’ accompagnaient. Sans analyser pci les différents travaux, quelquefois contradictoires, qui, depuis une quarantaine d’années surtout, ont

S IN AI

paru sur cc sujet difficile, travaux qui ont été appréciés avec un rare discernement par M. l’abbé Yi gourou x dans ses Mélanges bibliques (p. 225 et suivantes), je n:e bornerai à indiquer, en peu de mots, les derniers résultats auxquels est arrivé le savant orientaliste Palmer. Après avoir, pendant tout le cours de l’expédition scientifique anglaise accomplie en Arabie Pétrée durant les années I8G8et 18G9, recueilli avec soin, sur place, près de trois mille inscriptions, soit égyptiennes, soit sémitiques, indépendamment de celles qui sont gravées dans d’autres langues, il constata que les inscriptions sémitiques , ou en d’autres termes celles que l’on désigne d’ordinaire sous le nom de sinaïtiques, appartiennent à un alphabet qui paraît servir de transition entre l’hébreu ordinaire et le coufique ou arabe ancien. Il remarqua aussi, par l’étude attentive d’une douzaine d’inscriptions bilingues (sinaïliques cl grecques , que la manière dont elles sont gravées prouve qu’elles ont été écrites dans les deux langues

Mises de Magharai

par la même main, qu’elles sont, par conséquent, contemporaines et qu’elles expriment la même chose. A l’aide de ces mêmes inscriptions bilingues, il s’assura pleinement qu’il possédait

DU DJEBEL-SERBAL A SUEZ

l.t véritable clef de 1 alphabet sinaïtique; ce qui lui permit de déchiffrer et d’interpréter sans beaucoup de difficulté la plupart des autres textes sémitiques qu’il put copier, ceux, du moins, qui n’étaient pas trop dégradés parles hommes et surtout parle temps. Jusque-là, il avait poursuivi ses

UOCIIEBS DE .MaCUARAII.

longues et patientes recherches sans consulter les travaux de ses devanciers, afin de ne pas se laisser envahir et influencer malgré lui par des opinions préconçues et toutes faites; mais ensuite, comparant les résultats de ses efforts personnels à ceux qu’avaient obtenus précédemment MM. Beer, Tuch et I.évy, il constata avec bonheur la grande ressemblance qu’offraient pour le fond, sinon pour tous

les détails, ses propres traductions avec celles de ces savants, et il arriva à cette conclusion que la plupart des inscriptions dites sinaïtiques, loin d’être fort anciennes, datent seulement des siècles qui ont immédiatement précédé ou suivi l’ère chrétienne, et qu’elles proviennent, les unes des païens, les autres des chrétiens des premiers siècles de l’Église. Ce ne sont donc pas des pages inédites de la

Bible, et par cela même d’un intérêt capital, gravées par les Israélites sur les parois aplanies des rochers le long des vallées qu’ils parcouraient, pour perpétuer le souvenir des mémorables événements qui s’accomplissaient sous leurs yeux dans le désert; mais les trois quarts ne sont que de purs graffiti d’une très - médiocre

RoCUCItS DE SARAB1T EL-KllADlM. - RESTES DE l’üK DES DEUX TEMPLES DE CETTE LOCALITÉ.

importance, tracés à la hâte

par des voyageurs, par des marchands ou par des pèlerins, et consistant souvent en un simple nom propre, accompagné d’une formule banale, quelquefois aussi de dessins très-grossièrement exécutés, représentant des ânes, des chameaux ou des bouquetins. Enfin, les principaux auteurs de ces inscriptions sont des Nabatéens, comme cela ressort de l’écriture et de la langue dans laquelle elles sont rédigées. M. Quatremère avait ainsi parfaitement raison de s’exprimer de la manière suivante en 1851, au nom de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, sur les textes épigraphiques de la péninsule Sinaïtique rapportés, en 1850, parM. Loti in de Laval :

DU D J EB EL -S ER BAL A SUEZ

11 N ne fai,t Pas se faire illusion, disait-il, sur la valeur de ces inscriptions, et prétendre y découvrir des détails intéressants sur l’histoire, les mœurs et la religion des peuples de l’Arabie. La brièveté de ces légendes, qui, pour la plupart, se composent d’un petit nombre de mots, le retour de formules

Stèles écypti esses et ruines de S au a bit el-K uadim.

uniformes, par lesquelles commencent en général ces inscriptions, ne permettent pas cl’y voir autre chose que l’expression des sentiments, des vœux d’individus isolés, et ne laissent pas supposer qu’elles offrent des monuments tracés par les mains d’un gouvernement ou d une corporation. »

Si les inscriptions dites sinaïtiques sont relativement d’origine assez récente, et si aucune jusqu’à présent n’a été découverte qui puisse être attribuée aux Israélites comme marque de leur séjour ou de leur passage , les inscriptions hiéroglyphiques , au contraire , que 1 on rencontre en divers points de la Péninsule, et principalement à Maghara et à Sarabit el-Khadim, nous reportent à une très-haute antiquité et précèdent la plupart de beaucoup 1 époque même de 1 Exode.

Transportons-nous d’abord à Maghara, à une faible distance au nord-ouest de l’Ouadi-Mokatteb. Le nom de Maghara signifie caverne , et est dû aux galeries souterraines exécutées en cet endroit par les Égyptiens, dès les temps les plus reculés, pour l’exploitation du mafka, mot que les uns traduisent par turquoises , d’autres par cuivre, d’autres enfin par malachite. Ces galeries basses et téné-

S INA I

brcuses où l’on ne peut s’avancer maintenant qu’en rampant, à cause de tous les déblais qui encombrent le sol, ont été ouvertes dans les flancs

de l’Ouadi-Magharah il y a plusieurs mil- ‘ i

bers d’années, sous le roi Snéfrou, le der- j

nier souverain de la troisième dynastie égyptienne, et suivant d’autres, le premier de la quatrième dynastie. Une stèle, à l’entrée d’une des galeries, porte son nom inscrit dans un cartouche, et le représente lui-même la main droite armée d’une massue et terrassant un ennemi vaincu qu’il tient de la main gauche. Cet ennemi, qui paraît être un Sémite, est figuré avec une longue chevelure, une barbe pointue et abondante , et le front fuyant. Il devait appartenir à la race des pasteurs nomades qui habitaient alors la Péninsule, et que les Egyptiens commencèrent sans doute par dompter ,

avant d’entreprendre dans leur contrée l’exploitation des mines précieuses qu’elle renfermait. Non loin de la stèle de Snéfrou , on remarque celle de Khéops ou de Choufou, son successeur, le fondateur de la grande pyramide. Nous sommes ainsi reportés par ces deux tablettes aux premiers âges de l’histoire de l’Égypte,

et par conséquent, de l’histoire du monde. I) autres stèles indiquent les noms des princes des dynasties subséquentes sous 1

Galeries SOUTERRAINES NATURELLES DANS LES RAVINS DE SaraBIT EL-KuADISI.

esquels les travaux des mines furent poursuivis. Inter-

DU D J EBEL-SER B A L A SUEZ

rompus pendant la domination des Hyksos, ils furent repris ensuite pour être enfin abandonnés lorscpi on s aperçut que les mines de Maghara s’épuisaient à la longue, et que celles de Sarabit el

Khadim étaient plus riches en minerai.

Au-dessus de l’Ouadi-Maghara et des mines q haute colline dont les pentes sont très-abruptes, et dont le plateau supérieur est occupé par les restes de l’antique village des mineurs. Ils habitaient de petites maisons basses, bâties avec de gros blocs à peine équari’is et non cimentés. Au centre du plateau, une éminence conique est couronnée par les débris d’une tour du sommet de laquelle on pouvait au loin observer les environs et donner des signaux d’alarme, dans le cas où un ennemi se serait présenté pour attaquer les mines. Dans les villages, on a trouvé un grand nombre d’instruments en silex, tels que ciseaux

l’il recèle dans ses berges latérales, s’élève une

et marteaux, ce qui prouve que les ouvriers ne se servaient que d’instruments de cette nature, et non. d’outils en bronze ou en fer, pour creuser leurs galeries souterraines et leurs puits de mines, et en extraire les pierres précieuses ou les minéraux qui pouvaient y être contenus.

Pour se rendre de Maghara à Sarabit el-Khadim, autre centre minier très-important, il faut suivre dans la direction du nord-est, pendant six à sept heures de marche, des sentiers très-difficiles. Ces mines sont situées au milieu de montagnes escarpées d’une défense facile et semblables à de véritables forteresses, d’où le nom de Sarbat ou Sarabit, mot arabe qui signifie hauteurs, et de Khadim, qui dérive probablement de l’ancien mot égyptien Khatem, qui veut dire forteresse.

Les ruines de deux temples consacrés à la déesse Hathor, et de nombreuses stèles portant les noms de divers souverains égyptiens, couvrent en cet endroit la plate-forme supérieure d une colline de grès rouge, haute de deux cent soixante mètres au-dessus des vallées voisines. La plus ancienne

SI N AI

inscription hiéroglyphique découverte à Sarabit nous apprend que l’ouverture des travaux s’y fit sous le règne d’Amenemha II, de la douzième dynastie. Ils furent ensuite abandonnés, lors de la conquête de l’Égypte par les Ilyksos, pour recommencer sous le roi Thoutmès III et se poursuivre long-

ntagne forme un promontoire qui sépare les deux plaines d’El-Markha et d’El-Markheieh.

temps encore jusqu a Ramsès [X. Des mines de turquoises, de fer et de cuivre, s'étendent au loin dans les collines et dans les vallées qui environnent les ruines des deux temples que je viens de signaler, temples où, à certains jours sans doute, se réunissaient les malheureux prisonniers qui étaient condamnés à cette pénible exploitation. Plusieurs des anciennes galeries qu'ils avaient ouvertes ont etc retrouvées par les membres de la dernière mission anglaise, notamment dans l’Ouadi-Naseb,

DU DJEBEL-SERBAL A SUEZ

nous débouchons par le Seih-Baba dans la plaine d’El-Markha. Cette plaine, bordée d’un côté par la mer Rouge, et de l’autre par une chaîne de montagnes que coupent plusieurs ravins, est sablonneuse et caillouteuse à la fois. Elle mesure environ vingt-cinq kilomètres de long sur six dans sa plus grande largeur. On la regarde généralement comme étant le désert de Sin où les Israélites virent tomber pour la première fois la manne et purent aussi se rassasier de chair.

Nous lisons à ce sujet dans l’Exode (ch. xvi) :

« 1. Toute la multitude des enfants d’Israël, étant partie d’Ëlim, vint au désert de Sin, qui est entre Elim et le Sinaï, le quinzième jour du second mois depuis leur sortie d’Égypte.

« 2. Et les enfants d’Israël, étant dans ce désert, murmurèrent tous contre Moïse et Aaron

« 3. En leur disant : Plût à Dieu que nous fussions morts dans l’Egypte par la main du Seigneur, lorsque nous étions assis près des marmites pleines de viande et que nous mangions du pain tant que nous voulions ! Pourquoi nous avez-vous amenés dans ce désert, pour y faire mourir de faim tout le peuple?

« II. Alors le Seigneur parla à Moïse et lui dit :

^U1’ 1 °aUSe C*C SeS soluces) semble avoir été le quartier général des opérations métallurgiques.

Selon une remarque très-judicieuse de M. l’abbé Vigoureux [Mélanges bibliques, p. 284), l’existenee de ces mines dans la péninsule Sinaïtique, dès une époque si reculée, jette beaucoup de lumière sur une partie de l’histoire des Hébreux dans le désert ; on ne peut plus être surpris qu’ils aient euxmemes travaillé les métaux au Sinaï, soit pour fondre le veau d’or, soit pour fabriquer les divers ustensiles destines au service du tabernacle, puisque les Égyptiens, naguère leurs maîtres, le faisaient quotidiennement à quelque distance du mont Horeb, à Sarabit el-Khadim, et l’avaient fait antérieurement a Maghara. Ainsi tombent les accusations accumulées sur ce point au siècle dernier contre les récits de Moïse.

Si nous dirigeons nos pas vers le sud-ouest, en suivant l’Ouadi-Kharit, puis l’Ouadi-Baba,

l( 12. J’ai entendu les murmures des enfants d’Israël; dites-leur : Vous mangerez ce soir de la chair, et au matin vous serez rassasiés de pain, et vous saurez que je suis le Seigneur votre Dieu.

« 13. Il vint donc le soir un grand nombre de cailles qui couvrirent tout le camp, et le matin il se trouva aussi une rosée tout autour du camp. »

Plaise d’El-JVI aukueieu.

J’ai déjà parlé précédemment du miracle de la manne, miracle qu il est absolument impossible d’expliquer scientifiquement, en voyant dans cette espèce de rosée qui, pendant quarante ans, fut la principale et souvent la seule nourriture des Hébreux dans le désert, le fruit du tamaris. Quant à cette volée soudaine de cailles en cpiantite si considérable, fait qui se renouvela line seconde fois à

Petite cjuqee près de l’ejiboechcre de Oeadi-Tiiay beh.

Kibrolh-Hattaavah ou aux Sépulcres de la concupiscence 3 ainsi que nous l’avons dit plus haut, c’est un événement tout ensemble naturel et surnaturel : naturel, parce qu’à certaines époques de l’année et dans certains pays ces volatiles émigrent par bandes innombrables et sont quelquefois si fatigués qu’ils se reposent au loin à terre, épuisés de tassitude, et qu’on peut alors s’en emparer facilement; surnaturel, parce que, dans le cas et au lieu dont il s’agit ici, de même qu’à la station de Kibroth-Hattaavah, les cailles survinrent précisément à point pour accomplir la promesse de Dieu

DD DJEBEL-SEnBAL A SUEZ.

a Moïse et assouvir la convoitise du peuple hébreu. Aussi le Psalmiste n'a-t-il pas manqué plus tard d exalter cette double intervention miraculeuse du Seigneur en faveur d’Israël dans les versets qui

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