‹ La terre seche substitue a l'eau dans le curage des fosses d'aisances ou salubrite et richesse publiques remplacant la maladie et la deperditionChapitre 2 sur 10 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

En Décembre, Pannôa dernière, le GxiveiMenr-Gén îral reçut du Secrétaire des Colonies une Dépêche appelant l'attention du Gouvernement du Canada sur un système de fosses d'aisance, récemment introduit en Angleterre et connu sous le nom de Système à la Terre sèche.

Le Secrétaire des Colonies, disait dans sa Dépêche que « il étail « sous l'impression que ce système était généralement en usage « dans les Hôpitaux et les Prisons aux Indes, >, et qu'il lui semblait que ce système « méritait considération » non-seulement en vue de son application aux Hôpitaux, Prisons et Asylesj mais encore à « toutes autres institutions où se trouvent réunies un grand uora- « hre de personnes.»

La Dépèche était accompagnée de plusieurs lettres et Rapports, intéressants du Gouvernement des Indes — de divers Commissaires de Santé et autres Officiers publics de cette Contrée, relativement au fonctionnement pratique du nouveau système. Tous ces documents officiels s'accoidaient à représenter ce système comme une des découvertes les plus importantes de ce siècle, sojis le point de vue sanitaire et économique. Le Dr. Mouat, l'habile Inspecteur Général des Prison^ dans la Présidence du Bengal, déclare emphatiquement que « l'introduction de ce système est le plus grand « bienfait public qui ait été procuré, à sa connaissance, par un particulier. »

La meilleure preuve, peut-être, de la valeur que .place le Gouvernement des Indes sur le travail de Mr. Moule se trouve dans, l'extrait qui suit d'une lettre adressée au Rôvd. IL Moule, par le Bu.reau Indien à Londres, en date du 25 Septembre, 1867.

'< J'ai instruction, de Sir Stafïord Northcote de transmettre pour- « votre informations copies des Rapports qui ont été reçus du <( Gouvernement des Indes, au sujet de l'adoption générale et « satisfaisante aux Indes de votre système de fosses d'aisance à la « terre sèche. En considération du caractère très-satisfaisant de. « ces Rapports, et à la recommandation du Gouvernement des, « Indes, le Secrétaire d'Etat pour les Indes en Conseil a beaucoup '< de plaisir à autoriser le paiement en votre faveur de la somme de ' cinq cents louis. »

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Le Gouverneur-Général a eu la bonté de me donner communication, eu ma qualité de Président du Bureau des Inspecteurs des Prisons et Asyles, d'une copies de la Dépêche avec son contenu mentionnée ci-dessus. En remerciant son Excellence de ces documents précieux, je pris occasion, au nom du Bureau, de lui faire connaître qu'en l'année 1862 même, mon attention avait été appelée sur un pamphlet * du Révd. Mr. Moule annonçant sa découverte du système à la terre sèche, et de plus, que, reconnaissant la grande valeur de la découverte, j'avais dans le cours de cette année-là, appelé l'attention dé mes collègues du Bureau sur le sujet.

Comme une preuve que mes Collègues n'avaient, non seulement, pas manqué d'apprécier la portée de cette découverte sanitaire, mais qu'ils s'étaient donné quelque peine pour introduire le système nouveau dans le Pénitencier Provincial et autres Institutions Publiques du pays qui se trouvaient sous leur surveillance, je citai, dans ma communication les extraits suivants du Rapport des Inspecteurs qui a été publié pour l'année 1866, sous le titre « Lieux d'aisance à la terre sèche. »

« La subtitution des «Lieux d'aisance à la terre sèche,» aux « Lieux d'aisancs à l'eau,» (Water Closets) s'est opérée, durant les « trois ou quatre dernières années, très généralement dans plu- « sieurs des Prisons et autres Institutions EJubliques, ainsi que dans « plusieurs résidences privées en Angleterre. »

« Avant l'adoption générale de ce système en Angleterre, les « autorités clans Flnde en avaient reconnu la valeur, et l'ont « introduit, sous une forme très-simple, dans toutes les Prisons de « ce pays. Dans leur dernier Rapport officiels, les autorités Indien- « nés annoncent que le système a parfaitement réussi et est extrê- « mement simple.

«Jugeant d'après les très-importants résultats sanitaires etécono- « miques qu'a produits l'introduction de ce système partout où l'on « en a fait l'essai, les inspecteurs croient pouvoir affirmer que le « système « à la terre sèche » est destiné à prendre place parmi les « plus précieuses découvertes du jour, sous le rapport sanitaire et « économique.

« Dans ces circontances, les Inspecteurs croient qu'ils leur sera « permis de mentionner, avec quelque satisfaction, le fait que ce « Bureau a été, ils le pensent, le premier corps public sur ce conti- « nent qui ait officiellement appelé l'attention publique sur le sujet, « et qui ait pris des mesures pour éprouver l'efficacité du nouveau « système, en en faisant l'expérience, d'abord dans le Pénitencier « Provincial et ensuite dans plusieurs Prisons Communes du Pays.

* Ce pamphlet m'a été procuré par l'obli^ :auce du Colonel Campbell, C. 13., Seig'e-ir i* St. Hilaire-

* Les Inspecteurs n'hésitent pas à prédire ffif'aVaiït plusieurs arc- « nées le système « à la terrre sèche)) (ju'il a été leur bonne fortuite « d'iuaugurer sur ce continent, sera d'un usage général, non-seule- « ment dans les Prisons et autres Institutions Publiques* du Canada, « mais encore dans les Institutions Publiques et les résidences pri- « vées sur tout le continent *

Dans le printemps de la présente anuéef Son Excellence me fit transmettre plusieurs autres documents obtenus, à ma suggestion, du Bureau Colonial, donnant des renseignements pi ils détaillés au sujet du fonctionnement pratique du nouveau système.

Avant qu'il se soit présenté une occasion de soumettre les documents en dernier lieu mentionnés au ci devant Bureau des Inspecteurs, l'Acte relatif aux Pénitenciers, passé durant la dernière session du Canada, étant venu en force, le Bureau a cessé d'exister, et avec lui ont cessé mes rapports officiel» avec les- Institutions Charitables et Pénales du pays.

Quoique je ne pusse",, en conséquence, intervenir officiellement dans l'affaire, je hasardai, comme «Âmïcus Curiœ» de soumettre an Secrétaire d'État du Canada les dépêches et autres documents eu ma possession, ayant rapport au nouveau système de privés, et je suggérai, en même temps, vu que le sujet avait une si grande importance pour la société en général, tant soits le point de vue sanitaire qu'économique, que le Gouvernement serait justifiable de prendre des mesures pour donner publicité à la découverte^ dans le Lut d'encourager et de faciliter son introduction, non seulement dans les Prisons, Hôpitaux et Asyles du Canada, mais aussi dans les Casernes et autres établissements où se trouvent agglomérées trn grand nombre de personnes.

Je représentai que le moyen le plus efficace de disséminer les renseignements nécessaires sur le sujet, serait de publier et distribuer, avec la sanction et sous la direction du Gouvernement, un petit pamphlet exposant la nature et l'importance générale du système « à la terre sèche, » et la manière la plus simple de mettre ce.système en pratique* dans les Institutions publiques et ailleurs.

Je disais à l'appui de ma suggestion, que « La Commission Sanitaire à Calcutta » avait fait ré-imprimer un des écrits de Mr. Moule et l'avait envoyé à chaque poste dans l'Inde ; de plus que le Gouvernement de Punjaub avait traduit ce même écrit, et qu'en 1864, plusieurs natifs de la classe supérieure ayait adopté le système.

Ma suggestion rencontra l'approbation du Gouvernement, et comme je m'étais occupé quelque peu du sujet, la tâche de préparer le pamphlet proposé, me fut confié.

Les remarques précédentes ont pour but d'expliquer l'origine et le sujet de la présente publication, et mes rappoits avec cette publication.

Deux modes se présentaient à moi pour m'acquiter de la tâche c!out m'avait charge le Gouvernement \ soit de ré-imprimer tout

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Simplement et sans aucun changement, un des pamphlets de Mr. Monte déjà devant le publie, on bien de compiler, sur les documents en ma possession, un traité qnan original sur le sujet. Je décidai d'adopter le premier plan, non-seulement comme étant le pins aisé et le plus simple, mais aussi parce qu'il était le plus franc 'et le plus honnête envers Mr. Moule.

Il m'a semblé juste que Mr. Moule ait une occasion de soumettre sa découverte au peuple du Canada dans son propre langage et à sa propre manière, et que dès le débat, son nom soit associé à l'introduction, dans ce pays, de la grande reforme sanitaire et économique, que, guidé seulement parie désir de rendre service à ses semblables, il a travaillé avec tant d'habilité, de fermeté, de persévérance et de succès, à établir, et qui lui a assuré bien justement une place parmis les bienfaiteurs du genre humain.

Le pamphlet choisi pour être publié est celui qui a été écrit par Mr. Moule en 1866, dans le but exprès, comme il, le dit lui-même, de donner un état plus ample et plus pratique qu'il n'avait été fait précédemment, des avantages et du principe du système à la terre sèche, « de l'application de ce principe aux cas particulier, et de la possibilité de le mettre en usage générai dans les villes et les villages. »

Ce nouveau système pouvant être adopté facilement et avec avantages dans nos villages, villes et cités, il ne devrait pas manquer d'attirer l'attention sérieuse du public dans notre pays le Canada.

Il n'est guère besoin d'aller loin hors de la Métropole, pour être péniblement convaincu que le système de fosses d'aisance en usrgj dans quelques-unes de nos cités n'atteint pas tout à fait une perfection absolue.

Le travail de l'Editeur, quoique comparativement facile, n'a cependant pas été nominal. Outre les notés explicatives attachées au pamphlet, qu'il a écrites, l'Editeur s'est downé quelque trouble a recueillir de diverses sources, la matière contenue dans l'appendice. L'Editeur se flatte qu'on y trouvera des renseignements pratiques et utiles sur plusieurs poinîs d'importance spéciale, auxquels il n'a pu être fait allusion que brièvement dans le court écrit de Mr. Moule.

Si les pages qui suivent peuvent être le moyen de faciliter l'introduction en Canada du nouveau système, l'Editeur aura la satisfaction de penser que, grâce à l'action libérale et éclairée du Gouvernement Canadien, il lui a été permis de contribuer quelque peu à promouvoir une œuvre de grande importance nationale, une œuvre sur laquelle, autant qu'il est à sa connaissance, il a été le premier Officier public sur ce continent qui ait attiré l'attention publique.

Dans la péface, le système à la terre sèche de Mr. Moule a été désigné partout comme le système nouveau. Cette expression est sujette à objection. Mr. Moule lui-même, dans son Pamphlet « De la

Santé et la Richesse Nationales » nous dit, « que les rapports officiels: de l'Inde prouvent -que la nouvelle méthode de rendre inodores « les matières fécales était anciennement connue des Indous, et de « plus, qu'elle était en usage chez les Chinois dans le sud de la Chi- « ne, de temps immémorial.» Il semblerait même que l'observation d'une semblable pratique avait été prescrite par Moïse aux Israélites dans le désert.* En vérité, il n'y a rien de nouveau sous le Soleil !

En terminant, il est peut-être à propos de dire qu'en partie, à cause de la nécessité qu'il y a eu d'écrire en Angleterre pour des renseignements sur certains points, et en partie pour des raisons privées, la publication du présent Pamphlet a été quelque peu retardée.

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