‹ La terreur blanche: épisodes et souvenirs de la réaction dans le Midi en 1815, d'après desChapitre 86 sur 86 · AL H K M E · texte numérisé non relu

AL H K M E

Procès -verbal du 17 : déclaration du sieur Arnal, quai (le la Fontaine; après s'être levé à l'appel de la générale dans la nuit du 16 au 17, il ouvrit sa porte à huit hommes armés qui se présentèrent chez lui et le sommèrent de les suivre; il leur fit observer qu'ils se trompaient, et ils se retirèrent après avoir accepté un verre de vin sans rien demander.

Procès-verbal : déclaration de P. Hours, soldat de la première compagnie de miquelets, dans le clos d'Aligon, maison Vcrdeil. Un attroupement se porta sur la maison du sieur Verdeil en demandant le propriétaire. Hours ayant répondu qu'il était absent, la foule, ne pouvant ouvrir la porte, se retira après avoir cassé des vitres à coups de pierres.

AU PROCUREUR DU ROI

Relativement à la fabrication et au colportage des cocardes tricolores à Anduze, Alais, Uzès, Saint-Jeandu-Gard.

23 octobre.

AU HÉMB*

Procès-verbal de l'arrestation de Payen aîné, Pierre et Léon Payen et Scipion Chabrier, prévenus d^éxcès envers les miquelets.

Procès-verbal du 18 sur la déclaration du sieur Pierre RouUe, ancien entrepreneur de travaux publics à Ntmes, rue des Barquettes. J. Cabanet se présenta en armes à son domicile dans la nuit du 17, avec huit à dix hommes armés de fusils et lui demanda avec menaces 25 louis sous prétexte qu'il lui avait fait tort de cette somme dans les ouvrages qu'il lui avait fait faire.

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Le général Gilly était catholique. Toutefois en 1815, quand la réaction éclata, c'est chez un paysan protestant de Topezargues, aux environs d'Anduze, nommé Perrier, qu'il alla demander asile. Ce pauvre homme Taccueillit, ne lui demanda pas son nom et le fit passer pour son cousin. Plusieurs mois s'écoulèrent ainsi. Des patrouilles faisaient chez les protestans de rigoureuses visites domiciliaires, qui obligeaient le général à se lever au milieu de la nuit, à aller, à demi vêtu, chercher un refuge dans les champs .

Un jour Perrier arriva, et, pour rendre courage à son hôte inconnu, il lui dit :

— Ne vous plaignez pas. Il en est de plus à plaindre que vous. J'ai entendu mettre leur tête à prix, et, parmi eux, le général Gilly à 10,000 francs.

Ému d'abord par cette nouvelle, Gilly se remit bientôt et répondit :

— Je suis las de la vie que je mène et je veux en finir. Toi-même, tu es pauvre et tu dois désirer gagner de Targent. Je connais Gilly, je sais où il est caché. Allons le dénoncer ; pour récompense, je demanderai ma liberté et tu auras pour toi les 10,000 francs.

Perrier resta anéanti.

Son fils, ancien soldat du 47®, présent à l'entretien, se leva et reprit : — Jusqu'à présent, nous vous avons cru honnête homme ; mais, puisque vous êtes un de ces misérables dénonciateurs qui veulent la mort de leur prochain, retirez-vous ou je vous jette par la fenêtre.

Le général Gilly continua son rôle, parut vouloir s'expliquer; mais le soldat marcha sur lui : — Eh bien! c'est moi qui suis le général Gilly, — s' écrie ce dernier.

La joie de ces braves gens fut aussi vive qu" éloquente leur protestation. Le général resta chez eux longtemps encore, et ce ne fut que bien longtemps après qu'ils acceptèrent une récompense.

Quant à lui, c'est le 13 février 1820, que fut signée, sur la proposition de M. Simeon, garde des sceaux, l'ordonnance qui prononçait sa grâce. Les démarches de sa femme et de son avocat, M. Dupin ataé, dont

les mémoires nous ont fourni ces détails, le concours bienveillani du comte Pecazes, et enfin la protection du duc d'Angouléme avaient eu raison, au bout de cinq ans. des colères déchaînées contre lui. Il dut s'estimer heureux d*éire délivré à cette date du 13 février ; car, quelques jours après, le duc de Berry était assassiné, et il est vraisemblable qu'au moment où les ri;5ueurs contre les ennemis de la Restauration redoublaient, il n eut pas obtenu facilement sa mise en Uberté.

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