Tarnier et Chantreuil. Traité de l’art desaccouchements
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: Dans les cas d’hypogalactie primaire, la tétée artificielle interviendra précieusement pour permettre des succions répétées sans inconvénients pour la mère et hâter ainsi la montée laiteuse, pendant qu'on épargnera à l'enfant des efforts qui ne tarderaient pas de le décourager.
La tétée artificielle trouvera encore son application chez les femmes au mamelon trop volumineux
pour se loger dans la boucle du nouveau-né.
‘ Dans les cas d’abcès de sein nécessitant une interruption temporaire de l'allaitement, M. le professeur agrégé Wallich a pu, grâce à la tétée artificielle, entretenir normalement la sécrétion‘
Quand l'enfant sera atteint de coryza qui l’oblige à respirer par la bouche, de muguet qui lui rend la succion douloureuse, de macroglossie et de paralysie faciale périphérique qui l’empêchent de téter, ce sera encore la méthode de choix.
L'indication sera même absolue quand l'enfant pourra contaminer le sein qu'il tette comme dans les cas de coryza syphilitiques de plaques de Parrot où pullule le streptocoque, d’ophtalmie, d’érysipèle, etc.
La tétée artificielle pourra rendre enfin des servi- -ces exceptionnels dans les maternités. Elle écartera des nourrices, appelées momentanément à remplacer la mère dont la sécrétion diminue, tout danger de contagion.
Nous publions ici une observation que nous devons à l’obligeance de M. le D' Delestre, ancien chef de clinique à la maison d’accouchements Baudeloque.
NTI
à ne Lis
Elle constitue un vrai cas d’ui gence chez une mère, bonne nourrice et désirant allaiter, pour un enfant bien constitué, qui refuse le sein.
M: X..., âgée de trente ans, primipare, accouche à terme le 4 avril 1009 d’une fille du poids de 3.200 grammes. L’enfant est mis au sein dès le lendemain. Les mamelons sont remarquablement larges et volumineux, d’une consistance très spéciale analogue à du caoutchoue, et percés seulement de trois ou quatre orifices. A chaque tétée, l'enfant fait un ou deux mouvements de succion, puis s'arrête ct quitte le sein. Le 6 avril, il est mis au sein toutes les deux heures et demie, mais sans plus de succès que la veille. La mère désirant beaucoup nourrir, et la montée laiteuse commençant à
se faire, j'eus alors l’idée d'essayer la succi-pompe.
Dans la journée du 5 et dans la nuit du 8 avril, on tira à:
plusieurs reprises 30 grammes de lait que l'enfant but à la cuiller.
Le 8 avril au matin, l'enfant qui, jusqu'à la veille dimi- - nuait, avait augmenté de 5o grammes:
Chaque jour, on tenta de faire boire l'enfant directement
au sein sans. y parvenir. Cela dura trente-sept jours pendant
lesquels il fallut user de la succi-pompe à chaque tétée, .
Alors, subitement, il arriva que l'enfant se mit à téter.
. Gés quantités de lait tirées pendant ces trente-sept jours, s’élevèrent progressivement de 4o à 70 grammes de lait par tétéer à raison de 7 tétées par vingt-quatre heures. Les augmentations de poids quotidiennes de l'enfant furent
magnifiques. Les voici pour les quatorze premiers jours :
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Premier jour...... 5o grammes Deuxième jour... 25 . — Troisième jour.... 65 — Quatrième jour.... 80 — Cinquième jour.... 4o — Sixième jour..... ATOS — Septième jour..... &o — Huitième jour... 30 — Neuvième jour.... 20 — Dixième jour. ...… 60 — Onzième jour...... 35 — Douzième jour..... 15 — Treizième jour... 40 — Quatorzième jour... 45 —
Le 14 mai, date à laquelle fut cessé l'usage de la succi-pompe Yenfant pesait 4.900 grammes. il avait donc augmenté pendant ces trente-sept jours de 1.880 grammes, soit plus de 50 grammes par jour.
Cet enfant est actuellement superbe. La mère se sert encore de temps en temps de la succi-pompe lorsqu'elle doit s'absenter à l'heure de la tétée. Elle recueille, me disait-elle, en sept minutes, 120 grammes de lait que l'on donne en son “absence à son bébé.
il est évident que sans la succi-pompe, cette mère eût été obligée de prendre une nourrice mercenaire ou de nourrir
son enfant au lait de vache.