V. AUGMENTATION DE LA PARTIE FILTRABLE DU SANG
La quantité de liquide filtrable dépend de la capacité d’imbibition et d'absorption des colloïdes du sang et des tissus. On sait que celle-ci est modifiée par de noinbreux facteurs et notamment par les variations de la concentration en ions H. Or, il y a lieu de penser que le groupe de la caféine détermine un changement analogue, diminuant la capacité d’imbibition des colioïdes et, par suite, libérant de l’eau et des sels pour la filtration rénale. C’est prouvé par le fait que la caféine amène le sang à perdre du liquide, non seulement dans la diurèse, mais même quand les reins ont été préalablement enlevés (Spaio 1918). Cette libération de liquide à partir du plasma sanguin doit faciliter la filtration rénale.
Actuellement on admet que la diurèse théobromique est due aux facteurs suivants : augmentation de la circulation dans les reins, augmentation de la fraction du liquide filtrable du sang. L'action toni-cardiaque existe
mais est accessoire et l’action épithéliale directe, autre-
ob
fois exclusive, doit subsister quoiïqu'elle soit fortement discutée.
Au cours de ce chapitre on a pu remarquer que nous mettions souvent en parallèle la théobromine et la caféine. En effet, ces deux corps appartiennent au groupe des bases puriques. Leur molécule est constituée par un même noyau, le noyau xanthique, qui semble leur conférer, ainsi qu'aux bases xanthiques, une action rénale et cardiaque.
Martinet a mis en évidence le rôle joué dans l’action diurétique : 1° du noyau xanthique, 2° de l’introduction de radicaux méthylés, 3° de l’isomérie.
L'étude de la molécule de la théobromine comparée à celle de la caféine, permet d’appliquer à ces deux corps et aux dérivés xanthiques en général les belles conceptions de Dujardin-Beaumetz, de Bardet et de Keane sur les propriétés pharmacodynamiques des médicaments et leur rapport avec leur constitution moléculaire.
La caféine est une triméthylxanthine, elle est plus toni-cardiaque que diurétique : la théobromine est une diméthylxanthine et agit mieux comme diurétique que comme cardiaque.
GHAUPEPTIE EN
Toxicité. Accidents d’intolérance
La théobromine fut expérimentée sur les animaux par Mitscherlich qui établit les doses mortelles.
Elle tue la grenouille à 1/16 gr., le pigeon à o gr. 50 centigr., le lapin et le chien à 1 gr par kilogr. d'animal.
Le temps au bout duquel la théobromine tue, dépend de la quantité de médicament ingéré et de la bonne ou mauvaise absorption chez l'animal.
Les symptômes diffèrent : suivant que la dose est forte et bien absorbée, ou que l’absorption est lente. Dans le premier cas on à des convulsions, dans le second on observe de la faiblesse musculaire, de la somnolence, de la courbature, de la dyspnée, du ralentissement cardiaque, de l’arythmie.
En outre, la quantité d’urine ne varie pas et il a observé très rarement la tendance aux nausées et vomissements.
A l’autopsie, il a trouvé les muscles et le cœur dilates,
le poumon et tout le tube digestif couverts d’ecchymoses.