CHAPITRE VII
Mode d'administration et doses
L'insolubilité de la théobromine oblige d’administrer ce médicament sous forme de cachets. On fractionne la dose par cachets de o gr. 50.
On a beaucoup discuté la question de savoir si il y
. avait avantage ou non à solubiliser la théobromine ; les
uns( van Aubel, Corin) ont soutenu que l’administration d’un alcalin destiné à solubiliser la théobromine diminuait la puissance diurétique de ce médicament. Si cette opinion n'a point prévalu, il n’a point davantage paru nécessaire d’avoir recours à cette sollubilisation in vitro, peut-être parce que, suivant Mayor, la théobromine soluble, pénétrant plus rapidement dans le sang, agira de façon plus brusque et ainsi plus transitoire.
Brissemoret conseille de dissoudre la théobromine à la faveur du phosphate trisodique, maïs la dose nécessaire à employer serait de 4 gr. pour 1 gr. de ce diurétique.
Une faible dose de salicylate de soude (2 à 3 grammes), prise séparément, augmente l’action de la théobromine.
On pourrait prescrire de même le benzoate de soude (Manquat).
La dose habituelle est de r gramme à 1 gr. 50 par jour; on ne dépasse généralement pas 2 à 3 grammes et on n'arrive qu'exceptionnellement à 4 ou 5 grammes.
Quand la diurèse est établie, on peut prolonger l’emploi du médicament à dose moindre (un à deux ou trois cachets de o gr. 50) (Manquat). Si la théobromine provoque des” accidents gastriques, HHuchard conseille d'ajouter o gr. 25 de phosphate de soude par dose de OST 10
On a donné de l’administration chimique de la théobromine le schéma suivant, chez l'adulte (Schrœæder) :
1* jour : 4 grammes en 6 cachets.
2% jour : 4 grammes en 8 cachets.
3° jour : 5 grammes en 10 cachets.
Ensuite, cesser 5 jours, puis recommencer à raison de 2 à 8 grammes pendant 3 jours de suite.
Pic pense qu'il est plus simple et aussi’ efficace de donner 1 gr. 50 par jour, en 3 cachets, durant 5 à 7 jours.
Ambard rappelle que «la question de la dose est d’une importance indiscutable ; l’expérience montre que des diurèses qui ne peuvent être déclanchées par o gr. 50, le sont souvent par des doses de 1 gr. 50 à 2 gr. Ce n'est que dans les cas d'échecs que l’on devra recourir à une dose supérieure de théobromine, laquelle pourra d’ailleurs être mal tolérée ».
Pour Le Noir et Camus, la dose de 1 gr. 50 semble trop faible. À ce taux, ils n’ont jamais obtenu que des résultats insignifiants.
G. Sée allait jusqu’à 4 et 5 gr., en commençant par
Cote 2 gr. et augmentant de 1 gr. par jour ; il suspendait alors la médication pendant cinq jours, puis, si besoin était, prescrivait à nouveau durant trois jours.
Huchard ne dépassait pas 4 gr.
Pour Taylor, la dose de 5 gr. est nécessaire pour assurer le maximum d'effet.
Savy et Delore considèrent la dose de 1 gr. 5o comme un peu faible et la dose de 2 gr. comme une ration moyenne. «Il ne saurait y avoir là, disent-ils, de formule absolue ; il faut tenir compte du poids du sujet,
; accru souvent considérablement par l’anasarque ; la dose Optima ne saurait être la même pour un individu pesant 70 kilogr. et pour un autre, grand infiltré que nous soi- : gnons actuellement, et dont le poids dépasse 120 kilos. Il ya là un point de vue qui ne semble pas avoir été pris
suffisamment en considération ».
En résumé, les doses habituelles sont de 1 gr. 50 à 2 gr. Les fortes doses risquent de donner des accidents d’into-
*lérance.
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Conclusions
1° La théobromine est un des médicaments les plus remarquables de la thérapeutique moderne. C’est un diurétique facile à manier, très efficace dans les néphrites chroniques hydropigènes et dans les œdèmes d'origine
cardiaques.
2° Les résultats très satisfaisants obtenus dans les affections précédentes, ont conduit à étendre exagéré-. ment son domaine et ses indications ont dépassé le cadre étroit primitivement établi. Elle est utilisée couramment
dans les diverses variétés de rétention aqueuse ou toxique.
3° Ce produit n’agit vraiment qu’en cas de rétention chlorurée, à condition que le rein soit suffisamment perméable et que lui soient associés le régime déchloruré
et la cure de réduction des liquides.
h° On en limitera surtout l'emploi aux néphrites chlorurémiques hydropigènes. Dans les stases cardiaques, elle a une action très inférieure à celle de la digitale à laquelle on l’associe habituellement. Chez les rénaux à cœur défaillant, son action inconstante s’épuise
rapidement.
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5° Les courbes de poids et de diurèse suivront les progrès obtenus et permettront de ne pas prolonger une
aure devenue inutile, si le rein ne réagit plus.
6° Elle paraît inefficace dans les néphrites chroniques hypertensives ou azotémiques, dans la néphrose lipoïdique. Elle n’agit pas dans les ascites et œdèmes cirrhotiques, dans les épanchements séreux inflammatoires. Son action est très problématique dans les maladies de la nutrition. Elle n’augmente pas la diurèse de l'individu
sain.
7° Elle est contre-indiquée dans la néphrite aiguë et
les poussées aiguës des néphrites chroniques.
8° Elle provoque de l’irritation et de la congestion du rein, ainsi que quelques accidents d’intolérance, qui res-
treignent son emploi, quoiqu'elle soit peu toxique.
Vu : LE PRÉSIDENT DE LA THÈSE, LE DoÿEx, SAVY.
JEAN LEPINE.
Vu et permis d'imprimer Lyon, le 31 Octobre 1930 Le RECTEUR, PRÉSIDENT pu CoNsEIL DE L'UNIVERSITÉ,
Josepn GITEUSL.
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