RÉMISSION DES PÉCHÉS
Notons d'abord qu'elle ne vaut pas pour l'âge apostolique, où l'on voit l'incestueux de Corinthe absous, selon l'opinion la plus commune, par saint Paul ', un meurtrier réintégré dans l'Eglise par saint Jean 2, dans l'Apoca- Ivpse ^ une femme impudique et idolâtre conviée par Dieu à la pénitence. Au reste, on n'a pas coutume d'insister sur cette époque primitive.
Au deuxième siècle, la réserve des trois cas n'apparaît pas encore. Dans l'Eglise de Rome, le Pasteur d'Hermas nous montre ^ des pardons préparés à toutes les catégories de pécheurs, sauf à ceux qui, par leur endurcissement, s'excluent eux-mêmes du pardon. Dans l'Eglise de Corinthe, l'évèque Denys pose en principe (vers 170) qu'il faut recevoir à pénitence tous les pécheurs, même les hérétiques, les plus coupables de tous ^. L'hérétique Gerdon ébaucha maintes fois une pénitence qu'il n'acheva jamais". Marcion, autre hérétique, anciennement chassé de l'Eglise pourimpudicité, faillit y rentrer avant de mourir ^ Saint Irénée nous montre des femmes admises à Vexomologèse après des désordres de mœurs s, et sollicitant
1. L'opinion commune dos ext'gètes reconnaît dans 2 Cor., "2, 51e même pécheur que saint Paul avait condamné, 1 Cor., 5.
1. Voir Clément d'Alexandrie, cité par Eusèbe, //. E., 3, 23.