BUT : ABATTRE SES ADVERSAIRES (X-XIII
1. Menaces à l'adresse des agitateurs. — Paul conjure ses adversaires de ne pas l’obliger à déployer à son retour l'énergie dont il fait preuve quand il est loin d’eux (X, 1-2). Sa personne est faible, mais ses armes sont celles de Dieu même (3-4) dont il tient le pouvoir d’humilier les orgueilleux et de punir les rebelles (5-6). Il ne le cède en rien à ses adversaires et ne craint pas d'afficher la puissance que Dieu lui a donnée non pour détruire mais pour édifier (7-8). Ses lettres, dit-on, sont fortes et terribles, mais sa personne n’est point en rapport avec elles (9-10) : or, il sera en face de ses opposants tel qu’il est dans ses lettres (11). Il y en a qui, se mesurant à eux-mêmes, se croient à tort quelque chose (12); lui se mesure à l’autorité que Dieu lui a conférée (13), qu’il s'est acquise en évangélisant Corinthe (14). Il ne se fait pas un piédestal des labeurs d'autrui (15) et n’usurpe point le mérite des autres (16). C’est ainsi
qu’il pratique l’adage : « Quiconque se glorifie, doit se glorifier dans
le Seigneur » (17-18).
2. Reproches aux Corinthiens qui leur prétent l'oreille. — Paul éprouve envers l’église de Corinthe une sainte jalousie (XI, 1); il voudrait la conserver au Christ comme une chaste épouse (2); il craint pour elle la séduction dont Eve fut victime (3) : séduction que rien n’excuse, car les agitateurs ne leur annoncent pas un autre Christ, ne leur confèrent pas un autre Esprit, ne leur prêchent pas un autre Évangile (4). Paul, malgré son humble langage, n’est inférieur en œuvres et en science à aucun des grands apôtres (5-6). On lui fait un crime de sa modestie, de son désintéressement (7) : en effet il a mis à contribution d’autres églises pour ne pas leur être à charge (8-9); il s'en fait gloire, mais on le calomnie en voyant là un manque d'affection (10-11). Il a voulu ôter à ses adversaires le moyen de lui ressembler (12); car ces faux apôtres, ces mauvais ouvriers, veulent se transfigurer en apôtres du Christ (13), comme Satan se transfigure en ange de lumière (14) : mais ils auront une fin digne de leurs déportements (15).
3. Paul ne le cède en rien à qui que ce soit. — L’Apôtre s'excuse de parler si avantageusement de lui et de paraître imiter en cela ses détracteurs (XI, 16-18). Les Corinthiens, qui les supportent avec tant de patience, sauront le supporter (19-20). Donc, il ne redoute aucune comparaison (21). Il est Hébreu, Israëélite, fils d'Abraham, ministre du Christ, autant ou plus que les autres (22-23). — A) Ce que Paul a
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souffert pour le Christ : Cinq bastonnades (24), trois flagellations,
une lapidation, trois naufrages (25), labeurs sans nombre et périls de
toute sorte (26-27), sollicitude de toutes les églises (28-29). Mais Paul ne veut se glorifier que de sa faiblesse qui rend plus de gloire
à Dieu (30-31). — B) Ce que Jésus-Christ a fait pour Paul : Visions
et révélations du Seigneur (XII, 1), ravissement au troisième ciel
(2-3), communication d’ineffables mystères (4) : encore un sujet de gloire s’il voulait se glorifier d'autre chose que de ses infirmités
(5-6). L'ange de Satan le soufflète (7-9); il s’en réjouit dans la pensée de faire triompher par sa faiblesse la puissance de Dieu (10).
4. Paul, à son retour à Corinthe, agira avec vigueur. — Son titre d’apôtre lui donne le droit de parler ainsi (11-12). Les Corinthiens ne peuvent lui reprocher qu’une chose : son désintéressement et celui de ses envoyés; mais cette réserve à leur égard n’a pas eu pour mobile un manque d'affection (13-19). Il craint, à son arrivée, de ne pas les trouver tels qu’il le désirerait (20-21); car il est décidé à traiter cette fois les coupables sans ménagements (XIII, 1-4). Qu'ils s’éprouvent donc et s’examinent sérieusement (5-9). S'il leur écrit cela, c’est pour s’épargner les rigueurs (10).
Une conclusion très brève contient les avis, les salutations, les souhaits et les bénédictions d'usage (11-13).