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Dieu peut-il déroger à l'ordre naturel

Une cause peut avoir plusieurs effets, et ces effets peuvent être des causes secondaires, subordonnées les unes aux autres. Nous voyons un exemple de cette subordination dans le gouvernement civil : du prince qui gouverne l'Etat, relève le magistrat qui gouverne la province ; de celui-ci relève le père de famille, et du père, les enfants. Dieu est la cause première, ayant sous sa dépendance une foule de causes secondaires. L'ordre qui existe dans la cause première est immobile : demander si Dieu peut le changer, c'est demander s'il peut se détruire, ce qui est absurde. Mais il peut changer l'ordre qui existe dans les causes secondaires. Comme il pouvait l'établir tout autre, il peut encore y déroger, soit en faisant des choses que les causes secondes n'auraient pu produire, soit en suspendant l'exercice des forces qu'il leur a données. Ainsi, pour

certains motifs, par exemple, d'utilité publique, le gouvernement fait quelque chose sans, le consentement d'un citoyen ou d'une ville, même contre son gré. Dieu alors change-t-il de volonté ? Non. Quand il a établi l'ordre naturel, il a prévu et s'est réservé le pouvoir de faire ce qu'il devait accomplir dans la suite des temps. On voit par là la possibilité des miracles.

6. On appelle avec raison miracle, ce que Dieu fait en dehors des lois naturelles. »

Ce mot vient du latin mirari, admirer ou s'étonner. Nous sommes étonnés quand nous voyons des effets dont la cause nous est inconnue : par exemple, un paysan, en voyant une éclipse de soleil. Notre étonnement est d'autant plus grand que la cause est ignorée d'un plus grand nombre d'hommes. Quand Dieu produit un événement qui sort des lois de la nature, qui en sait la cause ? Donc il convient d'appeler miracle ce qui excite l'admiration de tout le monde .

7. Y a-t-il des miracles plus grands les uns que les autres ? La différence ne peut exister du côté de Dieu : pour lui, les

prodiges de la toute-puissance ne sont que des jeux d'enfants. « Les nations ne sont devant lui que comme une goutte d'eau qui tombe d'un seau, et comme ce petit grain qui donne à peine la moindre inclinaison à la balance. Toutes les îles sont devant ses yeux comme un petit grain de poussière : Ecce génies quasi stilla situlœ, et quasi momentum stalerœ reputatœ sunt : ecce insulœ quasi pulvis exiguus. » (Is., xl, 15.) Mais de notre côté les miracles peuvent être plus ou moins grands, selon qu'ils surpassent plus ou moins les forces de la nature. On en distingue de trois espèces. Un miracle est de premier ordre, quand la nature est absolument impuissante à produire la substance du fait, comme d'arrêter le soleil, de spiritualiser les corps humains. Si elle peut produire des faits semblables au miracle, mais en opérant sur une matière différente, c'est un miracle de second ordre : telle est la résurrection d'un mort. La nature peut

donner la vie el la vue, mais ce n'est pas à une matière cadavéreuse et à un organe essentiellement défectueux. Ou bien le fait en lui-même ne surpasse pas les forces de la nature : c'est seulement la manière dont il se produit qui est surnaturelle : ainsj la belle-mère de saint Pierre fut subitement guérie de la fièvre ; ainsi l'air se condensa tout à coup et la pluie tomba à la prière de Samuel et d'Elie. (I Rois, xu, III , 18.) C'est le miracle de troisième ordre (1).

OUEST. CVI. Action des créatures les unes sur les autres. — I . Un ange peut agir sur l'intelligence d'un autre ange en l'illuminant. La lumière, à l'égard de l'intelligence, n'est autre cbose qu'une manifestation delà vérité : Omne quod niant festatur lumen est. (Ephés., v, 13.) De sorte qu'illuminer, c'est montrer à un autre une vérité qu'il ne connaît pas. Pour saisir cette lumière, il faut le concours de deux choses : une puissance intellectuelle, et la ressemblance de la chose comprise ou à comprendre. Or, l'ange peut donner à un autre ange la puissance de comprendre, et lui offrir une image intelligible. L'ange supérieur peut augmenter la puissance intellectuelle d'un ange inférieur, comme un corps chaud placé à côté d'un corps froid lui transmet de sa chaleur, comme un corps parfait communique de la force à un corps moins parfait, qui se trouve près de lui : il n'a qu'à diriger vers un ange inférieur l'action de sa volonté. Cette conversion est pour les esprits ce que la proximité du lieu est pour les corps.

Il lui montre la ressemblance, en lui présentant, divisée en conclusions particulières, la vérité qu'il a comprise d'une manière plus générale, perfectionne sa connaissance naturelle et le rend plus apte à recevoir la lumière surnaturelle. Ainsi, le maître en enseignant ne fait qu'orner et perfectionner l'intelligence de son élève.

(l) Saint Thomas revient a la question des miracles, secunda secundœ , q. CLXXvin.

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2. Un ange peut-il agir sur la volonté d'un autre ange ? 11 n'y a que deux moyens d'entraîner une volonté : c'est de lui montrer le bien qui est son objet, ou d'incliner vers un autre bien connu, la puissance de vouloir. L'ange ne peut entraîner la volonté de la première manière. Elle a, comme je viens de le dire, une^telle force de résistance, que le bien universel peut seul la vaincre. Aussi , lorsque Moïse dit à Dieu : Montrez-moi votre gloire , Dieu lui répondit : Je te montrerai le bien universel : Ego ostendam tibi omne bonum. L'ange ne peut qu'exhorter, persuader, en montrant le bien de telle et telle créature, en relevant ses qualités, et en faisant sentir combien elle est aimable.

Il ne peut non plus changer la puissance de vouloir. Celui-là seul peut modifier une puissance, qui en est l'auteur.

3. Un ange inférieur peut-il illuminer un ange qui lui est supérieur ? Nous voyons un ordre naturel établi parmi les causes secondes. 11 n'est jamais troublé dans une cause inférieure qu'en faveur d'une cause supérieure; par exemple, l'ordre naturel, pour des miracles, afin de donner à l'homme une plus grande part de vérité. Si Dieu troublait l'ordre établi parmi les anges, pourquoi le ferait-il ? Ce ne serait pas en faveur des anges supérieurs, puisqu'ils ont plus que les anges inférieurs ne peuvent leur donner. Serait-ce en faveur des hommes ? Ils ignorent entièrement ce qui se passe parmi les anges. Ainsi l'ange supérieur illumine l'ange inférieur, mais il n'y a pas réciprocité.

4. L'ange supérieur communique-t-il toutes ses lumières à l'ange inférieur ? Le bien, de sa nature, tend à se communiquer. Plus une créature est bonne, plus elle aime à répandre son bien ; c'est une fontaine qui déborde et répand au loin ses eaux : «. Que chacun fasse partager aux autres les dons qu'il a reçus : Sicut boni dispensatores multiformis gratiœ Dei. » (I S. Pierre, iv, 10.) A plus forte raison les anges qui ont plus de sainteté et participent plus abondamment à la bonté divine, aimenl-ils à répandre leurs lumières sur les anges inférieurs. Cependant

ceux-ci n'ont jamais une aussi parfaite connaissance de la vérité : ils sont comme l'élève à l'égard du maître.

OUEST. CVII. Manière dont les anges se parlent. — 1 . Les anges ont-ils un langage ? « Si je parlais la langue des hommes et des anges... » (ICor., xm, t.)

L'intelligence agit, mise en activité par la volonté. L'intelligence pouvant se trouver à l'égard de la volonté dans trois états différents, il y a trois manières dont la volonté commande à l'intelligence d'agir. Nous pouvons avoir l'intelligible à l'état d'habitude ou de souvenir, à l'état de conception intelligible, à l'état de conception que nous voulons manifester. Telle est celle des anges lorsqu'ils veulent se parler. En me repliant sur moi-même et en me montrant la conception de mon intelligence, je me parle un langage intérieur, et quand ma volonté me dit de vous le communiquer , je vous parle par les sons de ma voix, et vous fais part de ce verbe intérieur, car parler c'est manifester aux autres le verbe qui est en nous. Ainsi la volonté de l'ange n'a qu'à commander à son intelligence ; son verbe est manifesté à un autre ange, comme le mien par la parole. Ce mot, langage des anges, est donc une expression métaphorique ; elle signifie la faculté qu'a l'ange de manifester sa pensée. « Lorsque nous voulons nous cacher aux regards d'autrui, nous nous retirons au dedans de nous-mêmes, et restons, s'il est permis de parler ainsi, derrière la muraille de notre corps. Lorsque nous désirons nous manifester, une porte s'ouvre devant nous, c'est notre langue qui se meut. Nous y passons, pour montrer au dehors ce que nous sommes au dedans. L'ange n'ayant pas ce mur de séparation, les autres connaissent ce qu'il pense, aussitôt qu'il veut le leur manifester. » (S. Grégoire, Mor., 1. II, c. IV.)

2. L'ange peut-il parler à Dieu? Rappelons-nous ce que c'est que le langage. C'est la manifestation d'une conception intellectuelle. Je puis vous la faire pour deux motifs : ou pour vous

communiquer une chose que vous n'avez pas, comme le maître à son élève, ou pour recevoir quelque chose de vous. L'ange ne parle pas à Dieu pour lui apprendre ce qu'il ignore, rien ne pouvant se dérober à l'œil de Dieu. Il lui parle pour recevoir ses ordres, lui demander des lumières, lui témoigner sou admiration, et la joie qu'il éprouve à contempler ses infinies perfections. C'est aussi dans ce but que les anges inférieurs parlent aux anges supérieurs. La parole des uns n'est que parole, celle des autres est à la fois parole et lumière.

OUEST. CVIII. Les hiérarchies et les ordres angèliques. Après avoir dit qu'il y a des anges supérieurs et des anges inférieurs, que des premiers descendent sur les derniers des flots de lumières, il faut montrer V ordre hiérarchique des anges. — 1. Il y a parmi les anges, plusieurs hiérarchies. Le mot hiérarchie signifie une principauté sacrée. Toute principauté peut être considérée sous plusieurs aspects : on distingue d'abord le prince, puis la multitude qui lui est soumise. Considérés de la première manière, les anges ne font qu'une seule hiérarchie. Ils sont, comme toutes les créatures, soumis à Dieu. Il n'en est pas de même si l'on considère dans la principauté , la multitude des sujets. Ils ne sont pas tous régis de la même manière, ils ont un gouvernement qui diffère suivant leur propre excellence : ainsi les villes et les provinces se distinguent selon leurs propres lois et leurs franchises particulières. Les anges n'étant pas doués des mêmes facultés naturelles, sont régis différemment , et ordonnés, pour cette raison, en différentes hiérarchies. Qu'est-ce qui fait que tel ange occupe une hiérarchie supérieure, tel autre une hiérarchie inférieure ? C'est la connaissance plus ou moins parfaite, plus ou moins universelle, qu'ils ont de la vérité. On peut posséder cette connaissance à trois degrés divers : 1° voir les causes dans leur premier principe ; c'est le propre de la première hiérarchie, qui est en rapport immédiat avec Dieu, et habite, selon l'expression de saint Denis, le vestibule de la Divinité ; 2° voir les causes uni-

verselles d'où proviennent toutes choses, ce qui suppose déjà la multiplicité : c'est le propre de la deuxième hiérarchie ; 3° voir chaque chose dans la cause qui l'a produite : c'est le propre de la troisième hiérarchie.

2. Une hiérarchie renferme plusieurs ordres. La hiérarchie est une multitude gouvernée de la même manière. Si, dans une multitude, il n'y avait pas diversité de rang, ce serait le désordre et la confusion. Une cité renferme plusieurs ordres, les magistrats, les soldats, les artisans. Ces ordres se diversifient suivant l'office de ceux qui les composent. De même, suivant l'office des anges qui composent une hiérarchie, nous pouvons distinguer dans chacune plusieurs ordres, mais quelle qu'en soit la multitude, nous pouvons les réduire à trois, toute multitude bien organisée ayant un principe, un milieu et une fin. 11 y a donc dans toute hiérarchie, l'ordre le plus élevé, l'ordre intermédiaire et l'ordre inférieur, comme dans un Etat, l'ordre des notables, celui des gens honorables, et celui des plébéiens. Saint Denis place dans la première hiérarchie les trois ordres des Chérubins, des Séraphins et des Trônes ; dans la deuxième , les Dominations , les Vertus et les Puissances ; dans la troisième, les Principautés, les Archanges et les Anges.

3. Chaque ordre renferme plusieurs anges. « Les Séraphins criaient l'un vers l'autre. » (Is., vi, 3.) Nous savons qu'il y a plusieurs anges dans un ordre, mais nous ne savons pas distinctement quels anges appartiennent à tel ou tel ordre.

Quand on connaît bien une chose, on peut en discerner jusqu'aux plus petits détails, savoir tout ce qui la concerne, ses actes, ses puissances, sa nature. Quand on ne la connaît qu'imparfaitement, on ne saisit rien en elle que d'une manière générale. N'ayant pas une science parfaite de tous les corps, nous les plaçons sous certains chefs, et les divisons en ordres distincts : dans un ordre sont les corps célestes, dans un autre les plantes, puis les animaux, puis les corps inanimés. Au lieu que si nous connaissions

bien les étoiles, nous distinguerions peut-être en elles différents ordres. 11 en est ainsi des anges. Nous ne pouvons faire que des classifications générales, sans désigner l'office de chacun et la place qu'il occupe.

4. C'est avec raison qu'on a donné aux anges les noms cités plus haut. Tous se trouvent dans l'Ecriture. Isaïe a parlé des Séraphins (ch. vi), Ezéchiel, des Chérubins (ch. i), saint Paul, des Trônes (Coloss., i), des Dominations, des Vertus, des Puissances et des Principautés. (Ephés., i.) Il est parlé des Archanges, dans l'épître canonique de saint Jude. Le mot d'ange se lit presque à chaque page de l'Ecriture.

Cette dénomination est fondée sur la nature même des esprits célestes. Une chose peut être, dans tout ordre hiérarchique, de trois manières : par propriété, si cette chose égale la nature, comme l'intelligence dans l'ange ; par excès, comme l'animalité dans l'homme ; nous avons de plus la raison ; par participation, comme l'intelligence est en nous. Nous sommes appelés créatures raisonnables , et non, comme les anges, créatures intelligentes. Mais quelle que soit la spiritualité de leur nature, ils possèdent les facultés intellectuelles, dans un degré qui varie ; de là leur distinction en hiérarchies et en ordres. Le propre de la première, avons-nous dit, c'est de voir tout en Dieu comme premier principe. Mais je remarque encore dans cet office différents degrés. Le dernier de cette hiérarchie, c'est celui d'un homme qui serait admis à vivre familièrement avec le roi : tels sont les Trônes envers Dieu. Au-dessus de la familiarité, je trouve la confidence des secrets : ce sont les Chérubins qui sont admis à celle de Dieu. Enfin, au-dessus de la confidence , c'est l'intimité profonde , l'union accomplie, la fusion des cœur • \ les Séraphins!

Le propre de la seconde hiérarchie, participer au gou-

vernement de l'univers. Dans un gouv< icn organisé je

trouve : 1° des hommes qui reçoivent les ordres du prince et les portent à d'autres ministres : ce sont, dans le gouvernement i. iti

2i2 LA THÉOLOGIE DE SAIHI THOMAS.

divin, les Dominations. 2" Des hommes qui prennent les mesurée - iires à L'accomplissement 3e ces ordres ; ce sont les Vertus. 3e Les hommes qui déterminent la manière dont ils doivent s'accomplir; ce sont les Puissances.

La troisième hiérarchie n'a qu'une œuvre d'exécution. Que faut-il pour la bonne exécution d'un ordre? Des hommes qui y président, comme dans un concert ceux qui le dirigent, dans une armée. 1rs officiers supérieurs; ce sont les Principautés. Il faut .1rs hommes qui exécutent, simples instruments de la volonté d'autrui, ce sont les Anges. Entre ci s deux ordres sont les Aroges, comme les officiers subalternes entre L'état-major et les simples soldats. Donc Les noms donnés aux divers ordres des

. - "lit été bien choisis et se tirent de la nature angélique, qui doit recevoir différents degré- Je perfection.

■ i. Les homme- peuvent-ils jamais s'élever a la dignité îles

- t faire partie de leurs ordres?

llsne peuvent enégaler la nature, mais l'étatde gloire des anges est accessible aux hommes. C'est ce que disent ces paroles de L'Évangile : « Les lils de la résurrection seront semblables aux

- dansleciel. • S. Luc, xx, 36.) La gloire des uns et des autres ne dépend pas de la nature. Elle vient uniquement de la libéralité de celui dont la puissance et la boute ne connaissent pas de bornes. Le- anges et les homme.- ne feront plus qu'une société dont le bonheur commun sera d'être intimement uni à Dieu : et c'est ainsi qu'il y a égalité entre les anges et les saints.

OUEST. C1X. /. 3 i.-t'.-i-il différents ordres parmi les démons ? — 1 . Ils n'ont jamais eu l'ordre de la gloire, ils ont perdu par le péché l'ordre de la grâce et les don- surnaturels avec lesquels ils furent s, mais ils ont conserve L'ordre qui existe naturellement entre eux. Le pèche ne leur a pas fait perdre ce qu'ils tenaient de la nature.

i. Les bon- anges ont-ils la prééminence sur les mauvais?

Toute excellence vient de Dieu, d'où elle sort comme un fleuve

LA l'KOVIDENCE. 243

de sa source. Plus on s'en approche, plus abondent les dons parfaits. Les bons anges ne sont-ils point plus près de la source que les mauvais? La justice divine demandant parfois le concours des démons, soit pour punir les méchants, soit pour éprouver les justes, les bons anges viennent annoncer aux démons les desseins de Dieu. La connaissance des mystères dans les premiers, est une illumination; elle n'en est pas une dans les seconds, parce qu'au lieu do la rapporter à Dieu, ils n'en usent que pour satisfaire leur malice et nous aveugler ; voilà pourquoi on les appelle des esprits de ténèbres.

OUEST. CX. Prééminence des anges sur le-s créatures corporelles.— \ . Elles sont régies parles anges. Cherchant l'ordre qui règne dans les gouvernements humains, je remarque que les puissances particulières sont régies par les puissances plus universselles; le gouverneur de la province relève du roi. Les espèces, parmi les créatures, sont aussi gouvernées de cette manière : celles qui sont moins universelles par celles qui le sont davantage. Or, la forme spécifique d'un corps est limitée parle temps et parle lieu. 11 n'en est pas ainsi de la forme spécifique de l'ange. Le temps ne la borne que du côté de l'origine. Elle ne connaît pas les limites du lieu, donc elle est plus universelle que la forme spécifique des corps. J'en conclus que les anges sont rois de la matière et président au gouvernement du inonde matériel. Ce sentiment est celui de tous les docteurs et de tous les philosophes qui ont admis l'existence des esprits.

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