‹ La théologie de TertullienChapitre 13 sur 455 · Ap. ir · texte numérisé non relu

Ap. ir

2. Au conimcnconioiit <lu cli. II, on aura occasion d'cxaniinor le De leslimonio animae, ot d'y signal(n- des vues fécondes, non sans mélange d'erreurs.

THÉOLOGIE DE TEKTULLIEN. 1

2 TUKOI.OCII-: Dli TKHTULLIEN.

son argumentation demeure intéressante, parce qu'elle témoigne dun effort personnel pour accorder une foi déjà ferme avec une raison très active.

Comme un demi-siècle plus tôt saint Justin, Tertullien avait éprouvé le fort et le faible de bien des pliilosopliies avant de se fixer dans la foi chrétienne. Mais tandis que Justin se retournait avec quelque sympathie vers les systèmes qu'il avait quittés, Tertvdlien n'avait retenu de ses méditations personnelles que défiance et dédain à l'égard des philosophes. Il n'a point assez de sarcasmes pour ces bateleurs, funestes à la vérité dont ils font parade', pour ces contempteurs des hommes et de la divinité même^, pour ces animaux de gloire ■', pour ces patriarches de toutes les hérésies '. Bien différent de son contemporain Clément d'Alexandrie, qui élabore une gnose chrétienne et veut fusionner l'Evangile avec la sagesse antique, Tertullien aime à confondre et à piétiner la science ; l'esprit qui circule dans son œuvre est un esprit de réaction, parfois outrée, contre les excès de la raison humaine. C'est pourquoi, lorsqu'il cherche un témoignage sincère sur l'homme, Dieu et le monde, il se détourne de la philosophie : l'âme quïl interroge, c'est l'âme du peuple, l'âme ignorante et simple, telle qu'on peut espérer la trouver encore seulement dans la rue et à l'atelier"'. 11 la fait comparaître, et déposer en faveur du christianisme qu'elle ignore. Bien que ce témoignage appelle des réserves, l'expression créée par Tertullien, — testiinonium animae naturaUter christianae — , comme tant d'autres marquées au coin de son génie, méritait de traverser les siècles, semblable à ces vieilles médailles qui nous redisent la pensée des âges lointains.

1. Ap. 4() : Mimice philosophi affectant veritatem, et affectando corrumpunt, ut qui gioriani captant. (Texte de Rhenanus, Ilavercamp, Jligne.)

Page 1