DE LA FÉCONDATION ARTIFICIELLE
Cette opération consiste à recueillir la liqueur spermatique, pour l'injecter dans la matrice, au moyen d'un petit appareil.
Plusieurs conditions doivent d'abord être réunies pour motiver une semblable intervention. La première est la stérilité; en second lieu, il faut que la stérilité résulte, ou bien de l'impuissance, ou bien d'un vice de conformation capable d'empêcher la liqueur spermatique de pénétrer facilement dans l'intérieur de l'utérus.
Diverses conditions doivent détourner d'une semblable tentative : par exemple, quand la stérilité paraît dépendre d'une disposition constitutionnelle de l'un ou l'autre des conjoints, ou de tous deux ensemble ; quand elle tient à une affection organique des organes génitaux de la femme, capable de s'opposer à la conception , enfin quand elle se rattache à l'imperfection du sperme qui, privé de spermatozoïdes, cesse d'être fécondant.
La difficulté qu'on a toujours éprouvée à concilier avec les convenances les moyens d'exécution , a fait longtemps et fait souvent encore rejeter cette opération. On en a cependant beaucoup simplifié et modifié le manuel. Il consiste à intervenir peu de temps après qu'un rapport sexuel a eu lieu ; on introduit le spéculum, comme pour beaucoup d'autres opérations d'ailleurs, et, au moyen d'un petit appareil fait exprès, l'opérateur recueille la liqueur déposée dans les parties internes de la femme peu d'instants auparavant et l'injecte dans le col de l'utérus, au moyen de eo même appareil.
Et maintenant, est-ce là une opération qu'on doive permettre, qu'on puisse même conseiller? Les scrupules qu'elle éveille, soit à cause de ses moyens d'exécution, soit à cause des principes de morale religieuse qu'elle intéresse, sont-ils fondés?
Je viens dédire que, quant aux moyens d'exécution,
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le manuel opératoire n*a plus rien aujourd'hui qui doive le faire proscrire et condamner. Quant aux principes, aucun ne la réprouve absolument : les répugnances qu'on doit éprouver à s'y soumettre, sont certainement respectables; et la femme n'y est pas plus obligée moralement, qu'elle ne l'est de subir une grave opération, d'où dépendent sa santé et sa vie. Pour ce qui est du médecin, ce qu'il a de plus sage à faire en pareil cas, c'est de ne pas proposer cette opération, mais de l'exécuter si on lui demande de le faire, et s'il est d'ailleurs convaincu qu'elle est opportune, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de contre-indication à la pratiquer, en un mot, qu'elle est susceptible de réussir.
Enfin il n'est pas d'opération où la discrétion , la réserve, la gravité morale de l'opérateur doivent être plus recherchées et considérées comme des conditions nécessaires, et à défaut desquelles il vaudrait mieux s'abstenir.]