‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 215 sur 519 · Aujourd’hui Monlreuil-sous-Bois · texte numérisé non relu

Aujourd’hui Monlreuil-sous-Bois

3. Grégoire (Histoire des Sectes, I. p. 417) écrit Bcausse-la-Bretlc, mais les actes donnent Beausse- Brette. Noir aux Yrch. nat , 1" 7338, le dossier des troubles de Montreuil. Les détails cpii suivent sont empruntés à ces deux sources. L'informateur, dont Grégoire publie les noies, probablement le curé de Montreuil, ne manque pas de faire observer que sous l’ancien régime Beausse avait été hoqueton du roi et que, très entiché de ce titre, « il avait intenté trois procès dont il perdit deux pour qu’on lui présentât le pain bénit avant les marguilliers, la noblesse et les piétons ; il gagna contre ces derniers ».

4- Parmi les théophilanlhropes de Montreuil, figuraient aussi des citoyens dont je n’ai pu déterminer la profession : Hochet, Salavin, Boucol, Coûteux, Coucot, Defrancc.

D’après l’informateur de Grégoire. « les uns et les autres étaient porteurs de figures si hideuses et d’habits si déguenillés que tout honnête homme en aurait été effrayé ailleurs que dans une place publique ». Pour ce bon chrétien, des théophilanthropes 11c pouvaient être en effet des hommes comme les autres. Fidèle colporteur

d’être remarqué, car la plupart du temps, les théophilanthropes se recrutaient dans la bourgeoisie.

Le ii nivôse an VI, quelque temps après l’inauguration de leur culte, les théophilanthropes furent injuriés et frappés par les catholiques1. Le cercle constitutionnel se plaignit au ministre de la police, il accusa le ministre catholique « d’avoir excité sourdement les troubles « cl dénonça « l’agent national » (lisez le commissaire du Directoire) pour « avoir toujours montré du penchant pour les citoyens catholiques et de l’aversion pour les théophilanthropes ». A l’égard de ce dernier, le cercle constitutionnel offrit de fournir la preuve de « sa conduite antirépublicaine, de sa dangereuse inertie cl du peu de zèle qu’il porte dans l’exécution des lois... »

Sur la plainte des théophilanthropes, le commissaire du Directoire près le tribunal correctionnel de Choisysur-Seine poursuivit les délinquants, mais dans sa plaidoirie, il sembla bien plutôt prendre la défense des prévenus et plaider en leur faveur les circonstances atténuantes que requérir une condamnation2. Le tribunal, plus sévère que le commissaire, condamna tous les prévenus3, même ceux dont celui-ci avait demandé l’acquittement, à des peines assez graves: chacun à cinquante francs d’amende et à un mois d’emprisonnement. Ces condamnations firent réfléchir les catholiques, car la Société théôphilanthropique, fondée par Beausse, exerça tranquillement son culte jusque sous le Consulat.

Versailles. — A Versailles, l’établissement de la théophilanthropie fut en grande partie l’œuvre des autorités.

d’une insinuation que nous avons déjà rencontrée, il ajoute : « On m’a assuré que pendant ce temps (sous la direction de Beausse) les hommes et les femmes recevaient un franc cinquante et les enfants cinquante centimes.» Naturellement tout théophilanthrope devait être une âme vénale.

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