‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 219 sur 519 · Areli. Municip. de Versailles, P · texte numérisé non relu

Areli. Municip. de Versailles, P

chain, à onze heures du matin, clans le local appelé ci-devant le Reposoir, rue delà Loy, les théophilanthropes ou les adorateurs de Dieu et amis des hommes, commenceront l'exercice de leur culte. Nous vous adressons le Manuel qui contient l'exposition de leurs dogmes, de leur morale et de leurs pratiques ’-cligicuses. Vous y verrez que ce culte n’a point de ministres, tous les pères de famille pouvant être alternativement appelés à diriger les cérémonies religieuses.

Après sept années de tourmente révolutionnaire, tout ce qui est propre à adoucir les mœurs, calmer les passions, diriger les affections, inspirer des sentiments de concorde et de paix, est digne de l’approbation des hommes de bien et de la protection des magistrats. C’est à ce double litre que nous osons compter sur la vôtre.

Signé : Gillet, Desçlozeaux, Grincour, Desveaux, Gauthier 1 . »

Les cérémonies continuèrent tous les décadis, suivies par des fidèles de plus on plus nombreux. Le 2/1 vendémiaire an VI, les lliéopliilanthropes versaillais célébrèrent une fête funèbre en l'honneur de Hoche, au cours de laquelle l’orateur loua dans le héros républicain, le protecteur de l’humanité, l’ami de la concorde, le bon fils. Chaque paragraphe de son discours, à l’imitation des homélies de La Révcllière, était scandé par une sorte de refrain : « Théophilanlhropes, cpie le protecteur de l’humanité soit béni parmi vous!... Théophilanthropes que l’ami de la concorde soit béni parmi vous!... Théophilanthropes que le bon fils soit béni parmi vous2 !... »

Bientôt le reposoir étant devenu trop étroit, les théophilanthrôpes transportèrent leur culte dans la chapelle du château. Ils y étaient encore, quand l’arrêté de Bonaparte du 12 vendémiaire an X vint les en chasser.

Le succès de la théophilanthropie à Versailles s’expli-

1. Le Roi a publié celte lettre sans les Signatures (Histoire tic Versailles, 1, p. 97). 1 1 est assez singulier qu’il ait écrit immédiatement

ensuite que le culte théophilanthropique lut inauguré à ’N ersailles le a3 fructidor, alors que la lettre qu’il venait de publier spécifie formellement le ior jour complémentaire.

2. Eloge funèbre du général Hoche, prononcé à Versailles le 24 vendémiaire an VI dans le temple des théophilanthropes, in-8. Bib. nat.., Ln27 9821.

Page 1