‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 223 sur 519 · Histoire des Sectes, I, p. 4i · texte numérisé non relu

Histoire des Sectes, I, p. 4i

2. Rapport de prairial an VI, dans Aulard, Esprit public, IV, p. 732.

3. Le commissaire central de Seine-et-Marne, par une circulaire du 19 frimaire an VI, recommanda à scs subordonnés de favoriser la théophilanthropie, mais je ne sais si ses encouragements furent sui\is d’effet. Voir cotte circulaire dans Sciout, Le Directoire, t. lit, p. 182.

4. Compte de la situation du département de l’Aisne, adressé par le commissaire central au ministre de l’intérieur, le 8 pluviôse an VI (Arch. de l’Aisne).

Mathiez. 21

liques1. La municipalité, faisant droit à leur demande,, fixa la cérémonie Ihéophilanthropique à 1 1 heures du matin et ordonna que la clef du temple serait déposée chez l'adjoint de la commune. Les pétitionnaires2 prêtèrent le serment exigé par la loi du 19 fructidor.

A Château-Thierry, l'instituteur national Rubarbe essaya de fonder une société théophilanthropique. Il écrivit dans ce hut à un théophilanthrope de Paris une lettre opte Grégoire a publiée3 en se moquant des fautes de style et de français dont elle est émaillée : « Citoyen, sans avoir l’avantage d’être connu de vous, je vous invite de m’envoyer un livre de votre culte philanthrope pour établir ce culte dans cette ville, qui est sans contredit préférable au romain, qui est rempli de paroles que le peuple n’entend pas et qu’il ne se soucie guère d’entendre, attendu que c’est une langue qu’on entend pas, car tout le monde ne sait pas le latin. Ayant un de vos livres, j’aurais besoin de vos lumières pour y chanter les louanges qui y sont, et le mode de votre cérémonie ; en conséquence, il me faudrait un commerce de lettres avec vous, où j’apprendrais vos noms avec plaisir... » Grégoire ne dit pas si la tentative de Ruharhe fut suivie d’effet et je n’ai pas pu recueillir de renseignements à ce sujet.

A Soisspns, l’installation de la théophilanthropie, d’après Grégoire4, fut favorisée par la municipalité, dont tous les membres firent partie de la société. Si on ajoutait foi à son récit, la municipalité aurait persécuté les catholiques en les dépouillant de la cathédrale, au profit de leurs adversaires, et en les privant de la grande sacristie qu’ils avaient réparée à grands frais. Et Grégoire nous montre les théophilanthropes, « faisant sauter les tiroirs destinés à resserrer les ornements » des prêtres, et les catholiques,

1. Leur pétition est reproduite dans le registre des délibérations île l’administration municipale du canton de La Capelle, à la date du i5 vendéniaire an VI (Arch. de l’Aisne).

2. Delva, J. -B. Debrun, Lefèvre, Destioz et plusieurs noms illisibles.

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