Numéro du i5 thermidor an V
d. Du vallon de Mondosa le 20 nivôse an VI. Auxerre, imprimerie Baillif. Cal. Monceaux n° 2f)o5.
4. L 'Observateur en fait l'aveu en ces termes : « Depuis longtemps il était question d'établir à Auxerre le culte théophilanthropique ; la réunion de l’assemblée électorale a été une occasion favorable et les patriotes 1 ont saisie » (n° du 2,5 germinal an VI).
0. Cette date est donnée par le compte rendu mensuel du commissaire central, Collet, au ministre do la police pour le mois de germinal an VI. «Les théophilantliropes de la commune d’Auxerre ont commencé 1 exercice de leur culte le 20 germinal dernier. Ils le continuent avec assiduité. Il se fait avec décence. Le concours des citoyens est nombreux. » Arch. nat., F' 7)28. Ce texte permet de trancher les doutes de M. Moiset, qui n’osait affirmer si le projet de Chaisneau s’était réalisé (La théophilanthropie dans le département de l'Yonne, p. i 4).
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affluence. Dans l'assistance figuraient près de quatre cents électeurs 1 .
Les théophilanthropes auxerrois s’étaient abstenus de viser à l’originalité. Il leur avait su Hî de réimprimer purement et simplement les manuels de Chemin2 et de suivre leurs prescriptions. Celte imitation, par trop servile, leur attira une légère critique de L' Observateur, qui écrivit dans son compte rendu : « Les hymnes et cantiques, parfaitement exécutés par six coryphées accompagnés de plusieurs instruments de musique, n’ont pas peu contribué à la vive émotion qu’éprouvèrent tous les assistants. Mais ces chants n’étant pas à la portée de tou lie monde, le peuple n’a pas pu y prendre une part active, de manière qu’on a remarqué qu’il était dans une espèce de désœuvrement, qui a nui peut-être un peu à l’ordre qui aurait dû s’y observer. L’expérience forcera sans doute les théophilanthropes d’Auxerre à suivre l’exemple de ceux de Sens qui, sans altérer le sens des hymnes insérés dans les recueils de Paris, ont réussi à les mettre sur des airs connus 3 ». J'ignore si Chaisneau et ses amis se rendirent à l’invitation ; toujours est-il que leur entreprise dura.
A Chaisneau, qui avait été le premier ministre du nouveau culte4 5, se joignirent successivement un ex-prêtre, Pierre-F. Robert, qui prêta serment le 17 floréal an Yl, un autre défroqué, professeur de grammaire à l’Lcolc centrale, Lucien Fontaine, et deux citoyens moins connus, J. -B. Laporte et Antoine Pouchard, qui remplirent cette formalité, le 19 prairial0.