Dans son n° du i4 messidor an VU. Bib. nat., Le
4. Messager du i5 messidor au \ II (Aulard, Esprit public, V, p. 594). Cela n’empècha pas Chemin d’écrire que la déclaration des théophilanthropes ne fut contredite par personne ( Qu'est-cc que la Théopli. ? p. 4 /)•
Mathiez.
6î».G T, ES DERNIERS JOl HS DE T, A TIIÉOPIIIEANTIIROPIE
“(do la Meurthe) reprocher à La Révellière-Lépeaux son projet d’établir le déisme en France sur les débris du fanatisme catholique. Certes si La Révellière n’eût jamais fait d’autre faute, il serait digne des plus grands éloges et il aurait l'estime générale des moralistes, des philosophes et des hommes les plus éclairés de l’Europe. La conception de La Révellière était celle d’un sage, d’un homme vertueux et la conception de ceux qui veulent rétablir le catholicisme et ses superstitions est celle de quelques charlatans, qui ont des parents curés et qui veulent les rétablir dans leurs presbytères 1 ».
Mais, comme s'il se repentait de celte défense charitable, le meme Ami des lois insérait peu après un article des plus malveillants pour la Ihéophilanlhropie :
« Qu’esl-ce qu’un culte? C’est l’exercice d’une religion sanctionnée par le temps, par la crédulité, par la foi inspirée ou trompée. Une innovation, un compendiun de religions n'est point une religion particulière, n’a point de culte particulier. Or, ces sectaires théophilanthropes, qui sorat-ils ? On les connaît trop. D’où viennent-ils? Leur pontife n’est plus. Où vontils? Ils cherchent leur chemin. Que veulent-ils? Ne pas se perdre de vue. Si le gouvernement admet leur innovation comme sans conséquence, s'il la regarde comme une religion, si elle doit avoir son culte comme une autre, pourquoi ne lui donnera-t-on pas, comme aux autres, un temple particulier, pour ne plus troubler dans le leur ceux qui, de tous les temps, en ont la jouissance et sont obligés d’en sortir à des heures marquées pour faire place à une secte nouvelle ? 'foute religion étant libre, l’une ne doit pas gêner l’autre2. »
Il est vrai que par compensation, à cinq jours d’intervalle, on pouvait lire, toujours dans L’Ami des lois, un éloge dithyrambique de cette même secte, si vivement houspillée naguère :
« Simples dans leur doctrine, ennemis du faste et des grandeurs, les théophilanthropes ne peuvent qu’inspirer la confiance aux esprits solides, entraîner les suffrages et géné-
i . Anlard, Y, p. 588.
2 L’Ami des Luis du 2 \ frimaire an \ lit