‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 439 sur 519 · Bulletins des 4 et 1 1 floréal an VIII · texte numérisé non relu

Bulletins des 4 et 1 1 floréal an VIII

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qu' « à l’instigation de quelques ministres fanatiques et intolérants du culte catholique », les perturbateurs se proposaient d'empêcher l'exercice de leur culte, il organisa un sérieux service d'ordre et, le 3o floréal, à Saint-Nicolas des Champs; l’orateur théophilanthrope put prononcer un discours de morale « devant deux cents de ses frères, au milieu du plus profond silence 1 ». Les décadis suivants, il en fut de même. Les exercices des ihéophilanthropes se passèrent « dans la plus grande tranquillité 2 ».

Néanmoins le feu qui couvait n’était éteint, qu’en appa rence. Le io messidor, les théophilanthropes ne purent se réunir à Saint-Nicolas des Champs, « parce que les cérémonies catholiques ne pouvaient se concilier avec celles de leur culte. » Ceux qui se rendirent à Saint-Germain l’Auxerrois ne furent, pas plus heureux. « L’affluence des catholiques » ne leur permit pas davantage de tenir leur séance3 4.

La théophilanthropie bénéficie de la disparition du culte décadaire. — Cette éclipse ne dura qu’un instant. Les cris de triomphe des catholiques, l’orientation chaque jour plus nettement réactionnaire de la politique du gouvernement et surtout l’arrêté du 7 thermidor, qui portait le coup de grâce au culte décadaire, en alarmant les républicains rendirent à la théophilanthropie un regain de vitalité, et on peut affirmer sans exagération que la secte était en pleine renaissance à la veille du Concordat, à la fin de l’an IX. Une fois encore les patriotes, oubliant leurs dissentiments devant le péril commun, avaient cherché à se réunir. Or, depuis la chute du culte décadaire, la théophilanthropie apparaissait comme l’unique institution philosophique qui subsistât encore en face du catholicisme, de plus en plus menaçant \ Bon nombre d'esprits forts qui la

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